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Julia Roberts, toujours pretty !

L'actrice en 2016. | © DPA

People et royauté

À 52 ans, l’actrice, mère de trois ados, choisit ses rôles et ne se laisse toujours rien dicter.

D’après un article Paris Match France de Catherine Schwaab.

Un sourire, ça ne vieillit pas. Aussi radieuse qu’à 23 ans face à Richard Gere, Pretty Woman approche de ses 53  ans. Plus sollicitée que jamais: depuis huit ans, « je suis devenue top model! » rigole-t-elle. Allusion à son mirobolant contrat avec Lancôme: 50 millions de dollars sur cinq ans, paraît-il, pour promouvoir La vie est belle , un petit film un rien cucul où des gerbes d’étoiles jaillissent sur son passage; elle porte une robe blanc fluo plutôt tarte, et toujours ce sourire XXL…

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Le flacon a battu tous les records de vente. Elle a donc resigné, en 2018, pour une troisième campagne. Ces temps-ci, le nouveau jus s’appelle La vie est belle Intensément. Sacrée belle vie, en effet. Depuis ses débuts, Julia Roberts semble avoir un destin pavé de coups de chance. Les bonnes rencontres au bon moment. Après Pretty Woman, de Garry Marshall, elle est choisie par Joel Schumacher (L’expérience interdite), Steven Spielberg (Hook ou la revanche du capitaine Crochet, où elle est la fée Clochette) et, surtout, Alan Pakula (la célèbre Affaire Pélican qui dénonçait la justice américaine).

Quand elle rencontre Daniel Moder sur le plateau du Mexicain, de Gore Verbinski, elle sait que ce chef op’ aux yeux bleus est le bon

« Si “Pretty Woman” m’a mis le pied à l’étrier, c’est Alan qui m’a poussée à avancer », mesure-t-elle aujourd’hui. Elle avait 26 ans et, déjà, le réalisateur extralucide trouvait que « cette fille a un détecteur de conneries »! Une façon blagueuse de pointer sa forte personnalité. Son flair. Qui lui valent une réputation de « bitch », de peste. Vraiment ? Il faut dire que Julia ne sait pas tricher. Quand un truc l’énerve, c’est plus fort qu’elle, il faut que ça sorte. Prenez ces abrutis de journalistes qui n’arrêtent pas de lui parler de son « come-back » sous prétexte qu’elle a décidé, en 2004, de prendre quelques années pour élever ses trois enfants. Dehors! Et ces reporters asiatiques (et français, aussi?) qui lui baragouinent des questions incompréhensibles avec leur « pidgin english »! Parlons-en, d’ailleurs, de l’interview! «Il y a quelque chose de tellement artificiel à devoir répondre à un chapelet de questions sans le moindre échange! C’est tout le contraire d’une conversation féconde» , s’insurge la divine, également dotée d’un cerveau performant. Quant aux fans braillards et obsédés du selfie, elle les trouve « effrayants ». De quoi en perdre son sourire, bon sang!

Julia Roberts et Daniel Moder (à droite) en 2016. IMAGO

Elle détonne tellement, Julia, dans ce milieu obséquieux, pétri d’hypocrisie… Elle vous le dit carrément: « Je n’ai pas de patience. C’est pour cela que je n’ai jamais eu envie de faire de la réalisation. » Elle produit, coproduit pour la télé, joue les productrices exécutives. Et, sous son regard aiguisé, les finances ne dérapent pas. « Oui, dans les magasins comme dans les affaires, j’ai toujours eu conscience de la valeur des choses. Mon mari s’en amuse. » De là à passer pour une pingre, elle, une des dix actrices les mieux payées de Hollywood, avec une fortune estimée à 250 millions de dollars… Après le triomphal Erin Brockovich, de Steven Soderbergh, qui lui vaut l’Oscar de la meilleure actrice en 2001, suivi des fameux Ocean’s Eleven (2001) et Ocean’s Twelve (2004), des blockbusters, la star n’a plus de soucis d’argent. Juste un besoin de construire sa vie affective.

Elle a les contrats, elle a les cachets, elle aura tout le loisir de tester ses goûts amoureux : les acteurs Liam Neeson, Dylan McDermott, Kiefer Sutherland (auquel elle se fiance) et Jason Patric, le musicien Lyle Lovett (qu’elle épouse pendant vingt et un mois), puis Matthew Perry, Benjamin Bratt… Un sacré tempérament, curieux de tout, sans discrimination. Quand elle rencontre Daniel Moder sur le plateau du Mexicain, de Gore Verbinski, elle sait que ce chef op’ aux yeux bleus est le bon. Avec lui, c’est du sérieux. Elle aura des jumeaux, un garçon et une fille, en 2004. Puis encore un fils, en 2007. Fini la rigolade. Adieu Hollywood, ses gaspillages, ses fêtes, ses tournages…

L’actrice à Cannes en 2016. DPA

Julia a déjà des maisons à Malibu, des appartements à New York et à Hawaii, des participations dans des restaurants à Washington, mais c’est dans un ranch du Nouveau-Mexique –  4 millions, quand même ! – qu’elle s’installe pour plusieurs années. A Taos, la vie est rustique – « Plus besoin de s’épiler! » exulte Pretty Woman – et quasi autarcique. La famille se nourrit de ses œufs, poulets, avocats, betteraves et tomates. Ainsi, les enfants apprennent la nature et acquièrent une conscience écologique ! Une vraie petite maison dans la prairie… Julia? « Debout à 5h15, je prépare le petit déjeuner, j’emmène les enfants en classe, je les fais déjeuner avec des plats que j’ai préparés la veille, je range le logis, je vais les rechercher, je surveille les devoirs… Et, quatre jours par semaine, je fais du bénévolat dans leur école. » Non, elle ne plaisante pas. Une pure « american housewife » ! Difficile, pourtant, d’imaginer qu’elle mène son petit monde sans personnel domestique, elle qui ne débarque jamais à Paris sans ses deux bodyguards, son jet privé et deux nounous pour ses enfants. La routine hollywoodienne.

Sa mère Betty Lou, décédée d’un cancer du poumon en 2015, elle reste pour Julia un exemple d’abnégation et de combativité

En revanche, au risque de passer pour une ronchon, Julia vous le dit tout net: « Je déteste les réseaux sociaux. Si j’avais dû entretenir ma carrière sur Instagram, comme les actrices le font aujourd’hui, je ne serais jamais arrivée où je suis. » Comme vous, comme moi, elle s’avoue « suffoquée par les médisances lâches qui se profèrent sur ces forums ». Inutile de préciser que ses gosses, 15 et 12 ans maintenant, n’ont pas eu de Smartphone avant l’adolescence. « Oui, je suis une mère assez stricte. » On avait deviné.

« Je reste à la maison », poste l’actrice qui soutient la collection « I Choose Love » : pour chaque sweat acheté, 7 dollars sont reversés aux familles défavorisées en confinement
« Je reste à la maison », poste l’actrice qui soutient la collection « I Choose Love » : pour chaque sweat acheté, 7 dollars sont reversés aux familles défavorisées en confinement © Instagram

Elle a du mérite, Julia. Car, dans sa propre famille, quoi qu’elle prétende, l’ambiance n’était pas si balisée. A la mort de son père, vendeur, elle n’a que 9 ans. Ses parents ont divorcé quand elle avait 4 ans. Et c’est la mère, Betty Lou, qui trime pour nourrir seule ses trois enfants: Eric, l’aîné, Lisa et Julia. Mais lorsque Betty se remarie avec Michael Motes, la maison devient un enfer. Le type est alcoolique, violent et toxico. De cela, Julia ne parlera jamais. C’est son frère, Eric, devenu acteur lui aussi, qui l’a révélé.

« Il était de notoriété publique que Motes était un monstre. Se marier avec lui n’était pas une bonne idée. Il m’a terrorisé. Et je sais que mes sœurs ont eu des moments vraiment difficiles… » On n’ose imaginer. Lui, Eric, a quitté le foyer à 17  ans, suivi par Julia qui l’a rejoint à New York. « J’ai fait plein de petits boulots, confiera-telle. Vendeuse, serveuse…» Jusqu’à ce que son frère la traîne sur un de ses tournages télé. Entre-temps, sa mère a eu une fille avec Motes, Nancy, qui se suicidera par overdose en 2014. Le père indigne, devenu gay, s’est marié et travaillerait dans une église évangélique. Quant à Betty Lou, décédée d’un cancer du poumon en 2015, elle reste pour Julia un exemple d’abnégation et de combativité.

La maturité aidant, l’actrice prend le temps de réfléchir et se recentre sur des valeurs plus philosophiques

Lorsque, à la maison, Julia est au bord de l’implosion, c’est à elle qu’elle repense: « Une femme fabuleuse, je le mesure aujourd’hui. Elle travaillait à plein temps et, pourtant, chaque soir, fatiguée, elle avait le courage de préparer le dîner pour ses trois filles. Elle tenait le budget, faisait les courses toute seule. Incroyable! » Sans parler des bagarres… Des souvenirs héroïques et traumatisants, qui expliquent le caractère bien trempé de Julia. Et son flair, qui ne se limite pas à bien savoir choisir ses films. Relations d’affaires, amitiés… on ne la lui fait pas. Pas surprenant de la savoir copine avec le couple George et Amal Clooney, à qui elle a fourni de précieux conseils pour « gérer des jumeaux ».

Ces temps-ci, les enfants devenus plus autonomes, Julia Roberts a repris le chemin des tournages. On l’a vue monter les marches de Cannes en 2016, aux côtés de Clooney, justement, pour Money Monster, le film de Jodie Foster. Et, plutôt rare à la télévision, elle s’est mise aux séries en 2018 avec Homecoming, un thriller qui évoque le syndrome post-traumatique des soldats. Un rôle dramatique qui lui vaut une nomination aux Golden Globes. Mais surtout, la maturité aidant, l’actrice prend le temps de réfléchir. Elle se recentre sur des valeurs plus philosophiques. OK, elle a cédé le jour de son anniversaire à la photo Instagram avec sa nièce chérie, l’actrice Emma Roberts, fille de son frère. Mais, dernièrement, elle a aussi publié un poème de Lynn Ungar sacralisant les règles du shabbat.

« Arrête de voyager, d’acheter, de vendre… Chante, prie, reviens en toi-même. Et quand ton corps se calme enfin, accède à ton cœur. Nous sommes tous connectés, nos vies sont collectivement entre nos mains. Laisse-toi gagner par la compassion qui nous lie, invisible. Fais une promesse d’amour à ce monde, que tu sois malade ou en bonne santé, le temps de notre existence. » C’était le 3 mars. Elle percevait la déferlante du fléau qui allait nous toucher. Personnage intense, les pieds sur terre, Julia a, décidément, toujours l’attitude juste.

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