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Blanche Gardin : Comment l’hôpital psychiatrique l’a sortie de la dépression

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La comédienne à la Berlinale, en février dernier. | © ABACAPRESS.

People et royauté

L’actrice et humoriste a confié que cette expérience douloureuse était à l’origine de sa carrière.

Un coup de pouce du destin. Dans une interview avec le Parisien , l’humoriste Blanche Gardin est revenue sur l’écriture de son premier spectacle intitulé Il faut que je vous parle (2014). Après une rupture amoureuse, la comédienne de 43 ans souffrait d’une dépression et tente alors de se faire soigner. « Un psy m’avait suggéré d’écrire une sorte de biographie, exercice censé déplacer le point de vue par la recontextualisation et la formalisation écrite des émotions, confie-t-elle. Mais le curseur a dû partir trop loin, et ce sont des blagues d’une noirceur inédite qui sont sorties. »

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Elle découvre alors les spectacles de Louis C.K et arrive à tisser un lien avec son style. « J’ai immédiatement conçu dans ma tête une relation d’une intensité dingue avec lui. C’est comme si j’avais le sous-texte de toutes ses blagues. Son travail m’a autorisée à commencer le mien en tant qu’artiste », explique-t-elle. Elle se met en tête d’écrire en anglais en sortant de l’hôpital pour tenter sa chance au « vrai » pays du stand-up, les États-Unis. « J’étais surtout morte de trouille à l’idée que mes considérations nombrilistes n’intéressent pas le public français, le stand-up intimiste à l’anglo-saxonne n’étant encore pas vraiment développé en France », avoue-t-elle.

Avec l’aide d’un ami, Blanche Gardin traduit, développe ses idées et arrive à créer de toutes pièces un spectacle. Le succès n’est pas vraiment au rendez-vous : « Je n’étais pas nulle, nulle, mais je prenais quand même de gros bides ».

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C’est quand elle se lance en France que tout s’enclenche. Yacine Belhousse, membre du Jamel Comedy Club, lui propose de participer au programme « Premières fois ». « Ce soir-là, au moment où j’ai dit ‘Bonsoir’ en français, tout s’est éclairé. Je me suis fait une arnaque à moi-même en quelque sorte », s’est-elle souvenue. Depuis, ses deux spectacles, Je parle toute seule (2018) et Bonne nuit Blanche (2019), tous deux mis en scène par Maïa Sandoz, ont chacun remporté un Molière de l’humour.

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