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Claire, la force d’une femme

Dans ses yeux, il y a toujours tout l’amour d’une femme pour un homme malmené qui fait front. Pour elle et leur famille. | © BELGA PHOTO HATIM KAGHAT

People et royauté

La princesse se fait rare. Les Belges s’inquiètent après la révélation de ses problèmes de santé.  Les témoins parlent de son combat.


Par Christian Marchand

C’est le prince Laurent qui, le 7 mai dernier, a révélé que son épouse avait contracté le Covid-19 parce qu’elle était affaiblie en raison d’une grave maladie contre laquelle elle se battait depuis plusieurs mois. Plus tard, le prince Laurent a laissé entendre que la princesse Claire avait souffert d’un cancer. Aujourd’hui, la tempête est derrière elle, mais les conditions sanitaires ne sont guère favorables, sans compter les conséquences d’une convalescence. Laurent lui-même a montré de gros problèmes de dos, conséquence de la tension, de l’inquiétude et de la colère qu’il vit depuis des mois : victime de personnages peu scrupuleux, il aurait perdu près de 12 millions d’euros dans une affaire en Libye.

Oui, la princesse Claire va mieux. Le traitement qu’elle a suivi l’a stabilisée. Mais il faut rester prudent. Surtout qu’elle a contracté ensuite le Covid et que ses conséquences, notamment en matière de fatigue, sont lourdes. « De toute façon, quand elle sort de chez elle, elle ne se montre jamais sous un mauvais jour », explique une proche. « C’est pour elle une règle de vie : ne jamais se plaindre, ne jamais alarmer. Ce n’est pas toujours la meilleure des solutions, car elle aurait pu être soignée plus tôt, plus vite. Mais c’est la noblesse de cette femme : ne jamais attirer les regards ni faire de bruit autour de sa personne. D’ailleurs, quand elle ne se sent pas bien, elle ne sort pas. »

 

La princesse avec les gens qu’elle adore… ©BELGA PHOTO BENOIT DOPPAGNE

Effectivement : pas une apparition officielle depuis des mois. La fête des 18 ans d’Elisabeth et le Noël au Palais sont loin. Parce qu’elle est encore fragile ? Le prince Laurent a laissé entendre qu’elle avait besoin de repos. Mais les Belges s’inquiètent. La Fête nationale ne reste pas un bon souvenir pour elle. L’année passée, elle y était apparue très fatiguée. « Aujourd’hui », commente une autre source, « elle a appris à prendre ses distances. A penser à elle. Mais ne lui dites pas cela car elle ne voudrait pas qu’on imagine qu’elle est en froid avec la famille, qu’elle n’assume plus son rôle de princesse. Ou qu’on pense qu’elle n’aime plus les gens. Ce qui n’est absolument pas le cas. Elle a toujours adoré aller vers eux. C’est pour cela qu’elle aime beaucoup le bal des Marolles du 20 juillet. Elle adore cette ambiance, tout comme son mari. Elle a besoin du contact. Quelque chose de franc, de direct, de chaleureux. Ça lui ressemble tellement ! D’une certaine façon, c’est pour elle une façon d’exister. Ceci dit, cette année, avec le Covid, tout rassemblement était interdit. Un mal pour un bien. »

Tous le disent : la Princesse a besoin de calme. Trop de tourments. Trop d’inquiétude. « Elle a trop enduré », explique une autre connaissance. « Pendant des années, elle a dû se battre pour défendre Laurent, tout en répondant sans broncher aux rendez-vous officiels et en assumant son rôle de maman. C’est sa plus belle fierté : ses enfants l’adorent. Elle a vraiment réussi sa vie. Qui aurait pu saisir le drame de Laurent, personnage rebelle et écorché vif, avec autant de sensibilité ? Elle a éteint mille incendies, elle l’a remis sur le droit chemin. C’est pour cela que Paola l’a toujours adorée. Mais le corps reste le plus fort. Il envoie des signaux. Et puis un jour, c’est le trop-plein. Je vais même vous faire une confidence : les témoignages qu’elle a reçus depuis l’officialisation de sa maladie lui ont fait un bien fou. »

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Les gens apprécient la femme

C’était en juillet 2019, lors de la précédente Fête nationale.© ddp images/PPE/Nieboer

Il est rare de réunir autant l’unanimité autour de soi. Peut-être parce que Claire n’a jamais changé. Depuis son entrée dans la famille royale par son mariage en 2003, son cadre de vie s’est transformé, elle est soumise à des obligations (et des silences), mais il y a toujours un peu en elle de la géomètre qu’elle fut : une femme anonyme, professionnelle, qui ne tirait pas la couverture à elle. Aujourd’hui, elle est restée la même « professionnelle », ne cherchant pas à voler la vedette à quiconque. Car on sait que dans les grandes familles qui habitent les palais, certains ego sont plus décuplés que d’autres.

Surtout entre femmes. Sûr qu’elle sursauterait à la lecture de ces lignes : Claire a choisi de ne pas faire de bruit. Avec toute la distinction britannique qui l’habite, comme ses ancêtres. « En définitive », nous dit un proche, « il n’y a qu’un changement avec le passé : les mesures qu’elle prend, ce sont désormais des mesures humaines ». Jolie formule. Le reste est moins poétique. « Quand elle s’est rendu compte qu’elle ne pourrait occuper le rôle dont elle rêvait, elle s’est mise en retrait. Mais un peu d’elle est morte quand elle a su qu’elle ne comptait pas en haut lieu. Rappelez-vous la dureté de ces paroles qu’on lui a rapportées : “Claire ? Ce n’est rien.” Comment se remettre de cela quand on a tant espéré, quand on s’est montrée à ce point dévouée ? Ce n’est pas un hasard si elle est tombée malade. Cela vous tombe dessus comme un couperet. Elle qui ne voulait qu’agir comme par le passé, juste faire le job. »

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Les langues commencent à se délier

Le 15 juillet 2020, la princesse Claire n’avait pas accompagné le prince Laurent lors du concert de la Fête nationale. ©BELGA PHOTO THIERRY ROGE

Beaucoup laissent entendre que cette femme veut toujours que tout soit parfait. Pas par obsession : elle veut que chacun obtienne ce qu’il mérite. Et qu’il n’ait rien à se reprocher. C’est une question de valeurs. Elle a été élevée dans cette ambiance de transparence. C’est pour cela qu’elle a tant pris à cœur le combat de son mari. C’est pour cela qu’elle espérait que le sien porte ses fruits. On se souvient que la reine Paola, alors en poste, lui avait ouvert les portes d’une vraie collaboration avec le Palais. Mais d’autres les ont refermées. « C’est un énorme gâchis. Encore plus quand on se rend compte que cela a provoqué sa maladie », lâche l’une de ses amies.

Depuis, Claire tente de se reconstruire. L’année passée, on l’avait vue avec son époux du côté de Saint-Tropez. Elle est aussi toujours la bienvenue sur le yacht d’Albert. Si tout se passe bien, on va la retrouver. Les Belges l’attendent. « Ce qui l’a sauvée, en définitive, c’est leur amour », ose une amie. « Avec les gens, elle a l’impression d’être aimée pour ce qu’elle est vraiment. »

Aujourd’hui, elle s’inquiète aussi pour son mari. Laurent souffre du dos. Il souffre tout court. « Il y a dans la langue française une expression qui dit bien ce qu’elle veut dire : il en a “plein le dos” », dit un copain du Prince. Et pour cause : la façon dont il a été abandonné par des officiels dans son combat contre la Libye et le blocage de l’argent auquel il a droit est lourd à avaler.
Retour chez Claire. « Elle doit juste lâcher prise face aux événements négatifs, prendre du recul. L’important, c’est son bonheur avec sa fratrie. Elle reviendra plus forte », ajoute notre première interlocutrice. Dans les cahiers de Paul Valéry, on trouve ce passage : « Dans les travaux de l’esprit, à toute règle qu’on s’impose correspond aussitôt une liberté d’autre part. Le géomètre n’arrive à la rigueur qu’en se donnant des définitions “idéales”, c’est-à-dire en se libérant du côté des choses. » Courage, Madame.

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