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DiCaprio restitue les généreux cadeaux d’un homme d’affaires malhonnête

Leonardo DiCaprio dans "Le Loup de Wall Street", film au coeur du scandale financier.

People et royauté

Un Oscar de Marlon Brando, une toile de Picasso… Leonardo DiCaprio a annoncé avoir rendu les cadeaux reçus de la part de Jho Low, un homme d’affaires malaisien soupçonné d’avoir détourné des milliards de dollars d’un fond public de son pays.

La star hollywoodienne Leonardo DiCaprio a confirmé avoir rendu à la justice américaine des cadeaux ou donations, dont un Picasso et un Oscar remporté par Marlon Brando, reçus d’un homme d’affaires impliqué dans un vaste scandale de corruption du fonds souverain malaisien, appelé 1Malaysia Development Berhad (1MDB), portant sur plus de trois milliards de dollars. Les autorités américaines avaient annoncé jeudi vouloir saisir plus d’un demi milliard de dollars supplémentaires d’actifs acquis avec de l’argent du 1MDB, au cœur d’un vaste scandale international politico-financier.

Dans un communiqué reçu vendredi par l’AFP, un porte-parole de l’acteur de 42 ans explique qu’en juillet, après avoir été informé de poursuites contre « certaines parties impliquées dans la réalisation du Loup de Wall Street », film de Martin Scorsese dont il tenait la vedette, DiCaprio avait contacté le ministère américain de la Justice (DoJ) « pour savoir si certains cadeaux ou donations venaient des parties citées dans la plainte et pour offrir de les rendre ».

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La nouvelle plainte déposée jeudi par le gouvernement américain à Los Angeles cite Red Granite, maison de production du Loup de Wall Street. Avant même qu’elle ne soit déposée, Leonardo DiCaprio avait « initié la restitution de ces biens, acceptés pour être vendus lors d’enchères de levée de fonds pour sa fondation » écologique, a expliqué le communiqué, précisant que l’acteur avait « aussi rendu un Oscar décerné à Marlon Brando et donné à monsieur DiCaprio comme cadeau de tournage par Red Granite ».

Ces biens auraient été acquis dans le cadre d’une « conspiration internationale » visant à blanchir plusieurs milliards de dollars détournés du 1Malaysia Development Berhad (1MDB), un fonds public créé en 2009 et dont le Premier ministre malaisien Najib Razak est le président consultatif, selon le DoJ.

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Jho Low © Flickr/Jynwel Foundation

Une toile de Picasso achetée 3,2 millions de dollars… avec des fonds détournés

L’homme d’affaires malaisien Jho Low, proche ami de la famille de Najib Razak, avait offert une toile de Picasso « achetée pour 3,2 millions de dollars avec des fonds détournés de 1MBD », à Leonardo DiCaprio comme cadeau d’anniversaire, d’après la plainte qui cite un message envoyé à l’acteur par un ami de Jho Low : « Cher Leonardo DiCaprio, bon anniversaire en retard ! Ce cadeau est pour toi ».

Un collage de l’artiste américain Jean-Michel Basquiat et une photographie de l’Américaine Diane Arbus, intéressant aussi la justice et qui avaient été offerts par Jho Low à l’acteur, ont aussi été restitués.

La star avait aussi bénéficié des largesses de Jho Low lors de séances de paris pour des centaines de milliers de dollars dans un casino de Las Vegas. Sont aussi visés par les autorités, un yacht de 261 millions de dollars acheté par Jho Low, les royalties de Dumb and Dumber De et Very Bad Dads, deux autres films de Red Granite, maison de production de Los Angeles cofondée par Riza Aziz, beau-fils du Premier ministre malaisien. Dans un communiqué reçu vendredi, Red Granite a déclaré être en discussion « active » avec le DoJ.

Jho Low, surnommé « la Baleine »

Qui est Jho Low alias « la Baleine » ? Un financier tout en rondeurs, né voilà trente-cinq ans dans une riche famille d’origine chinoise installée en Malaisie. Très doué dans le relationnel, il commence à se constituer un carnet d’adresses dès la fac, à la très élitiste Harrow School de Londres, où il se lie avec les rejetons de grandes familles asiatiques et moyen-orientales. Puis il l’étoffe à Wharton, la prestigieuse école de finance américaine. À peine a-t-il son diplôme en poche qu’il s’occupe de gérer l’argent de ses riches amis. Ce n’est pas un gestionnaire de fonds comme un autre : il prend ses clients en charge de A à Z, depuis leur coffre-fort jusqu’aux boîtes de nuit huppées de Manhattan et Las Vegas où il organise des fêtes à ­plusieurs centaines de milliers de dollars. Très vite, son réseau s’étend aux stars qui fréquentent les mêmes lieux. Le chanteur Usher, Paris Hilton, puis, vers 2010, Leonardo DiCaprio. Ils deviennent rapidement des « drinking buddies », des copains de soirée.

En 2012, DiCaprio rame pour financer le Loup de Wall Street : le studio Warner Bros, son partenaire, vient de le laisser tomber. Qu’à cela ne tienne ! Jho-les-bons-tuyaux a l’homme qu’il lui faut : son ami Riza Aziz, le beau-fils de Najib Razak, Premier ministre de Malaisie. Riza est aussi un fondu de cinéma. Il a créé à Hollywood une boîte de production, Red Granite, dont personne n’a entendu parler. Pour Leo, c’est bientôt affaire conclue. Le film se fait. Gros budget, succès encore plus gros. En remportant son Golden Globe, il prend soin de remercier Jho Low. Selon la plainte du FBI, Jho aurait allongé la coquette somme de 100 millions de dollars au profit de Red Granite pour financer le film. S’en suit une série de cadeaux généreux dorénavant rendus. DiCaprio a ainsi évité de plonger à cause d’une baleine malhonnête…

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