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Nicole Coste, l’interview intégrale : « Albert a toujours assumé son rôle de père »

Nicole coste

Nicole Coste et son fils en 2011. | © Belga. ***NO CREDIT*** Nicole Coste et Alexandre a St Barth.

People et royauté

C’est la première fois, depuis que, dans nos colonnes, elle révélait l’existence d’Alexandre, alors âgé de 2 ans, que l’ex-compagne du prince se confie. Nicole Coste nous présente ce jeune homme qui fait sa fierté, et nous raconte les liens qui les unissent à Albert et au Rocher. Elle nous dit aussi sa vérité sur sa relation avec Charlène.

D’après un article Paris Match France de Caroline Mangez

Paris Match. Alexandre vient d’avoir 18 ans. A-t-il eu la vie à laquelle vous aspiriez pour lui quand il est né, le 24 août 2003, à l’hôpital Saint-Vincent-de-Paul à Paris ?
Nicole Coste. Ce n’est pas un enfant tout à fait comme les autres. Son père étant prince souverain, certaines choses sont un peu hors norme. Il se comporte de façon très saine, et je pense que c’est dû à une enfance et une adolescence très protégées, ainsi qu’à une éducation conforme aux valeurs catholiques et éthiques.

Alexandre a été reconnu par son père devant notaire quatre mois après sa naissance, le 15 décembre 2003. C’est un enfant du destin ?
Il est né d’un amour et reconnu, donc voulu par Dieu. J’en suis convaincue. Avant d’être enceinte, j’avais connu une relation de cinq ans avec son père, suffisamment de temps pour que nous ayons une confiance mutuelle. Continuer de dire ou d’écrire que notre fils est un enfant illégitime est incorrect et insultant. En bon français, et selon le Code civil, cela signifierait que ses deux parents auraient été engagés maritalement avec d’autres au moment de sa naissance, et que, de surcroît, il ne serait pas reconnu. Or ce n’était nullement le cas. Alexandre est né deux ans avant que ne commence l’idylle entre son père et Charlène en décembre 2005. Avant, ils s’étaient juste croisés. Il est faux de dire le contraire. Je tiens à le souligner, car ce doute a permis à la presse de continuer de faire croire que mon fils était illégitime.

Pourquoi avoir révélé son existence dans Paris Match, en 2005 ? Que redoutiez-vous ?
Contrairement aux directives données, le notaire a refusé de me remettre l’acte signé sous scellé prouvant que son père l’avait reconnu devant moi à l’âge de 3 mois. En sus, il a essayé d’exercer des pressions sur moi. Je n’avais pas ces papiers entre les mains, et si je ne les obtenais pas avant les 2 ans d’Alexandre, je n’avais plus aucune possibilité de recours en justice si le père changeait d’avis. En même temps que paraissait l’article de Paris Match, j’ai assigné le notaire devant le tribunal, et il a reconnu les faits. à la même époque, pour m’inciter à parler, on m’a présenté des photos de paparazzis me montrant avec Alexandre sortant de l’appartement parisien du prince, alors que nous étions inconnus du public. Une connaissance leur avait vendu l’histoire à mon insu. Je n’avais pas d’autre choix que de témoigner, afin d’éviter leur traque sans fin.

Nicole Coste et Alexandre à la une de Match en 2005.
Nicole Coste et Alexandre à la une de Match en 2005. © Paris Match

On m’a reproché d’être sortie du silence durant la période de deuil officiel de trois mois décrétée à Monaco après la mort du prince Rainier, mais j’en ignorais tout, personne ne m’avait prévenue. Si j’avais su, j’aurais attendu avant de faire auprès du notaire cette demande de restitution d’acte qui a tout déclenché. Je suis désolée de ce malentendu, en aucun cas je ne voulais être irrespectueuse ou faire du mal. Comprenez, il ne s’agissait pas de vendre ma vie privée. D’ailleurs, je n’ai pas touché un centime. C’était plutôt l’acte désespéré d’une mère éperdument amoureuse du père de son enfant, obligée de faire face à une situation qu’elle ne maîtrisait plus. Car malheureusement, à la même période, j’ai perdu la garde de mes deux fils aînés, qui vivaient avec moi depuis mon divorce. En 2003, en effet, j’avais dû déménager de mon domicile pour m’installer avec le bébé dans l’appartement d’Albert, le temps que notre maison soit prête. Mon ex-mari s’est plaint de cet éloignement géographique, et il a fait appel devant le juge des affaires familiales de notre convention datant de 1997. Je ne pouvais justifier de revenus ou d’un domicile, puisque l’existence d’Alexandre devait demeurer secrète, alors le juge m’a enlevé la garde de mes fils aînés, ne m’accordant qu’un droit de visite élargi. Il m’a expliqué que j’étais une bonne mère, mais qu’en l’absence de ces justificatifs il n’avait pas d’autre choix. C’était la loi en vigueur en France. Seule la prière m’a alors consolée, et Jésus-Christ m’a sauvée. Dix-huit mois plus tard, je récupérais mes deux autres enfants et mon honneur. Depuis, j’ai retrouvé la vie privée discrète que je voulais, sans que personne ne m’y ait obligée.

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Albert lui aussi est tendre, sensible, chaleureux. Alexandre nous ressemble beaucoup. Ils s’entendent à merveille et sont très complices.

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Vous racontiez à l’époque que, au moment de prendre la décision de garder cet enfant, le prince vous aurait promis de le faire entrer dans sa famille. A-t-il tenu parole ?
Albert s’est engagé dès le départ à être présent, et à faire progressivement entrer son fils dans sa famille. Bien entendu, pour moi, un enfant doit être pleinement accepté dès sa venue au monde. J’ai dû agréer cette proposition car, pour moi, à l’époque, les choses étaient déjà pénibles. Mais, très vite, j’ai été rassurée quand la princesse Stéphanie est devenue la marraine d’Alexandre. Albert a honoré sa promesse : les choses se construisent bien et suivent leur cours, ce dont je me réjouis. Revenons à une phrase, souvent citée, selon laquelle mon fils n’aurait eu droit qu’à une assistance financière : c’est tout à fait faux. Je n’aurais pas apprécié. Je ne suis pas comme ça. Contrairement à ce que certains ont écrit, Albert a toujours assumé son rôle de père et aucun accord financier n’a jamais été conclu entre nous. Notre relation repose sur la confiance. Parce que je viens d’un milieu où être bien élevé est essentiel, forcer les choses n’est pas dans ma nature, bien que cela puisse certainement se révéler utile, parfois.

Le public a envie de mieux connaître cet enfant devenu un jeune homme. Que pouvez-vous nous dire de lui ? De ses études ? De ses envies pour l’avenir ?
à la rentrée, Alexandre entrera à l’université. Il aime étudier. Accessoirement, il vient d’être recruté par une agence de mannequins qui compte l’employer, quand il en aura le loisir, pour des campagnes publicitaires. Je considère cela comme un “job étudiant” qui l’aidera à se forger. Je vais aussi l’encourager à effectuer des stages en entreprise dans le cadre de ses études.

Qu’a-t-il hérité de votre caractère et de celui de son père ?
Alexandre a hérité de ma politesse, de ma grande gentillesse. Albert lui aussi est tendre, sensible, chaleureux. Alexandre nous ressemble beaucoup. Ils s’entendent à merveille et sont très complices. Ils aiment pratiquer ensemble des activités sportives et, parfois, parler de politique.

Il porte aujourd’hui vos deux noms, Grimaldi-Coste. Pourquoi ?
Ce nom est celui qui était déjà inscrit sur son premier passeport, obtenu en 2005 à l’âge de 2 ans. En tant que mère, je serais ravie qu’il porte tout simplement le nom de son père, comme sa sœur Jazmin et ses autres frère et sœur. Ils sont quatre au total. J’en profite pour dire qu’il n’y en a pas d’autres. Cette histoire d’une Brésilienne qui prétend qu’Albert est le père de son enfant est montée de toutes pièces. On m’y a mêlée, prétendant que je la connaissais, ce qui est faux. Elle a avancé des arguments tout aussi faux. C’est sans doute encore un énième scandale créé pour faire du mal.

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Albert me voue une confiance totale en ce qui concerne l’éducation d’Alexandre.

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Vous plaît-il, ce nom de Grimaldi-Coste ?
Je ne suis pas attachée au nom de Coste au point de vouloir le transmettre. à la naissance d’Alexandre, un juge m’a accordé cette version francisée de mon nom de jeune fille, que j’avais cessé de porter en 1992. Il était imprononçable, systématiquement écorché à cause de la dernière syllabe, inconnue en langue française. Pour cette raison, la justice m’avait d’ailleurs autorisée à conserver le nom de mon ex-mari après le divorce, et jusqu’en 2003. Certains s’amusent encore à me renvoyer à ce nom de jeune fille, j’aimerais que cela cesse. Il n’a plus à apparaître. Pour autant, je ne renie aucunement mes origines togolaises et béninoises, et j’entretiens d’excellents rapports avec ma famille.

Comment vous êtes-vous réparti les rôles, avec le prince, pour élever votre fils ?
Pour avoir vu ce que sont devenus mes deux autres enfants, Albert me voue une confiance totale en ce qui concerne l’éducation d’Alexandre. Chaque fois que je l’estime nécessaire, je sollicite son avis. Il est très protecteur envers son fils. Jusqu’à maintenant, nous avons pris ensemble les décisions importantes. Ses inscriptions à l’école ont toujours été signées de nos deux mains. Nos rôles sont complémentaires, et il vient à ma rescousse quand c’est difficile. Alexandre a été un enfant bien sage, je prie pour que ça continue.

Alexandre est apparu pour la première fois cette année au Bal de la Croix-Rouge, événement marquant du début de l’été en Principauté. Était-ce, en quelque sorte, sa première sortie officielle ?
Oui. [Sourire.] Je n’y étais pas retournée depuis 2010, année où certains journaux pas très bienveillants avaient juxtaposé ma photo et celle de Charlène, tout juste fiancée, en titrant : “Albert et ses deux femmes.” Il fallait donc laisser les esprits se calmer. En parallèle, afin que ma place soit mieux définie, Albert m’a organisé un rendez-vous avec Christiane Stahl, chargée de la communication au Palais. Elle m’a comprise et avait l’intention de me soutenir. Mais elle n’a jamais pu le faire, car elle a quitté son poste rapidement après. J’étais triste de voir partir une femme qui voulait m’imposer comme j’étais. Pour revenir au bal, j’étais souvent à Saint-Tropez au moment où il se déroulait et je n’ai pas pensé à y retourner jusqu’à l’année dernière, quand Céline Dion, que j’aime beaucoup, devait y chanter. La situation sanitaire a malheureusement empêché l’événement. Cette année, j’ai été invitée et j’ai demandé à Alexandre, à la veille de ses 18 ans, de m’escorter. Cela lui a beaucoup plu. Le concert de Jamie Cullum était époustouflant.

Les temps ont changé. Avec Obama, l’Amérique a connu son premier président afro-américain. Pensez-vous qu’Alexandre pourrait avoir un rôle à jouer dans l’avenir de la Principauté ?
En ce qui concerne Alexandre, il appartient au prince souverain, son père, d’en décider. Quant à moi, je prends ce que Dieu me donne. J’espère – et je suis persuadée – que la vie me réserve encore de bonnes surprises… Les enfants ayant grandi, j’ai aujourd’hui plus de temps à consacrer à des causes importantes. J’ai, du reste, l’intention de lancer un projet d’association qui me tient à cœur depuis longtemps. Et si, de ce fait, je dois être appelée à des fonctions plus exposées, je pense être capable de gérer mon image en toute confiance et à bon escient. Concernant la Principauté, j’aime les Monégasques d’un amour sincère, et ils me le rendent bien. Si l’on me propose de contribuer à une tâche charitable ou autre, je le ferai avec grand plaisir et bienveillance. Du fait de l’existence d’Alexandre, nous sommes liés, et mon nom est systématiquement associé à celui de Monaco. Alors autant qu’on en dise du bien et que cela me reflète. Je suis assez clairvoyante et j’ai une énergie positive à offrir. Dans le monde moderne où nous vivons, un peu de solidarité ne peut faire de mal à personne.

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Je ne suis pas celle que l’on a décrite dans la presse.

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Alexandre et vous, si discrets, aspirez-vous à davantage de lumière ?
Pendant dix-huit ans, son père et moi avons fait en sorte de ne pas l’exposer officiellement. C’était une décision commune pour le préserver. Désormais, les choses vont progressivement changer. Je ne trouve pas gênant, à cette étape, de donner un peu de ses nouvelles et de montrer combien Alexandre est heureux, entouré. C’est pour cela que j’ai accepté l’entretien que vous me proposiez. Ceci apaisera les curieux comme nos admirateurs, et permettra à Alexandre, je l’espère, de ne pas être traqué. Les années qui viennent sont, selon moi, cruciales pour son avenir. Je souhaite qu’il puisse se construire sereinement.

N’y a-t-il pas d’autres raisons qui vous poussent à accepter de parler, après des années de silence ?
Disons que j’avais très envie de démentir toutes les vilenies dites sur moi. Dans cette interview, je ne fais absolument aucune révélation nouvelle, je rétablis des vérités sur des choses déjà écrites. J’ai fait l’objet de méthodes indécentes et barbares. On m’a, par exemple, accusée d’avoir fait un esclandre au Palais, accompagnée d’Alexandre. En réalité, j’y étais allée dénoncer un homme qui me poursuivait depuis trois jours en voiture et m’avait affirmé être au service du prince. Très angoissée et ne parvenant pas à joindre Albert pour vérifier ses dires, je me suis précipitée là-bas pour demander secours et avoir des explications. La personne qui aurait pu m’aider sans que je ne réclame le prince personnellement m’a raccroché au nez. Un garde a proposé gentiment de promener Alexandre, qui pleurait dans sa poussette, le temps que j’explique ce qui se passait. Au final, j’avais raison, cet homme ne disait pas la vérité et tout est rentré dans l’ordre. Mais les choses n’en sont pas restées là. À la veille du mariage du prince, des photos d’une femme noire portant une perruque et tenant une poussette avec un enfant non identifiable, tête dissimulée sous une couverture, sont parues pour faire croire que j’avais l’intention de perturber l’événement. Ce n’était pas moi, je me trouvais ce jour-là en croisière avec des amis. Une autre fois, des images de moi, prises dans le cadre d’une série de mode à l’époque où je faisais du mannequinat, ont été publiées hors contexte : le cou bien droit, je portais ce collier imposant sur une robe bustier choisie par la styliste. Le photographe avait exigé une pose particulière. J’ai trouvé ça louche, mais ils m’ont rassurée. C’était à la fin d’une longue journée de travail et je n’avais qu’une envie : que tout cela s’arrête. Résultat : on a dit que je voulais imiter la princesse Grace… Paix à son âme. J’ai un immense respect pour elle, la grand-mère de mon fils, et jamais l’idée de me comparer à elle n’effleurerait mon esprit. Certes, elle était très belle et j’admire sa filmographie autant que ce qu’elle a réalisé en Principauté, mais ce n’est pas mon genre d’imiter les autres. Je m’aime telle que je suis, même si je pense avoir encore le temps de m’améliorer et d’apprendre des choses. J’ai aussi été accusée dans la presse internationale, et c’était sans doute le plus douloureux, d’avoir trahi Albert. Cette affaire, fondée sur des propos mal interprétés, a fait les gros titres. Pourtant, comme l’a immédiatement fait savoir son avocat, il ne voulait pas dire que je lui avais fait un enfant dans le dos, mais que j’avais trahi sa confiance en révélant l’existence d’Alexandre à la presse en 2005. Bien qu’il y ait eu un démenti, personne ne s’en est fait l’écho. Je sollicite son pardon pour ne pas l’avoir prévenu de cet article. On m’en avait dissuadée fortement. Finalement, on n’a jamais cherché à montrer qui j’étais et qui je suis vraiment. Je ne suis pas celle que l’on a décrite dans la presse. Dieu m’a relevée et élevée. Aujourd’hui, je suis une femme épanouie et comblée.

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Charlène, c’est un sujet que je ne peux pas éviter car on nous met souvent en parallèle. Je n’aime pas qu’on nous compare.

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On dit que le prince Rainier, que vous avez rencontré une seule fois, n’était pas heureux de votre relation avec son héritier…
Son désaveu a peut-être une explication toute simple : nous n’avons pas fait réellement connaissance. On m’a conviée à un dîner officiel, à la dernière minute. Le prince Albert, qui m’attendait sur le perron, m’a conduite directement jusqu’à son père en disant : “Voici Nicole, la personne dont je t’ai parlé.” J’ai bafouillé un timide “Bonsoir Monsieur” au lieu de “Monseigneur” : première erreur. À cela s’ajoutaient mes dents du bonheur qui n’ont pas dû lui plaire. Les choses s’étaient organisées dans une telle précipitation que je n’avais même pas eu le temps d’aller chez le coiffeur. À table, nous n’avons pas eu l’occasion de discuter, sinon je pense que je l’aurais quand même séduit. J’y ai repensé quelques années plus tard, quand je me suis forcée à porter des bagues orthodontiques qui m’ont fait souffrir le martyre. Je pense que tout cela n’était que malchance, car il n’a jamais su non plus que je ne m’étais jamais mariée à l’église, n’ayant connu précédemment qu’une union civile. J’ai toutefois tenu à lui rendre hommage à sa mort, avec mon fils. C’est le colonel Fringant, chambellan du prince, qui nous a conduits pour voir le corps exposé à la cathédrale. Il m’a permis de rester prier un long moment, à ma requête. J’y ai reconnu des égards envers nous et j’ai admiré l’élégance du geste.

Dans un article publié en 2014, le quotidien britannique “Daily Mail” vous prête des propos assez durs envers la princesse Charlène. En gros, vous lui reprochiez de tout faire depuis son mariage, par jalousie, pour priver Alexandre de son père. Quelles sont à présent vos relations avec la princesse, et quelles sont celles d’Alexandre avec sa belle-mère ?
Cette pseudo-interview au “Daily Mail”, je ne l’ai jamais donnée. Une de leurs journalistes m’avait suivie près d’un semestre – le temps de créer une collection – dans mes activités de styliste de mode à Londres. Ce reportage purement professionnel avait été organisé et suggéré par l’attachée de presse qui s’occupait de ma marque. Pour me rassurer, celle-ci m’avait d’ailleurs montré un précédent sujet de cette journaliste, consacré à un autre designer. Mais au moment de la célébration des dix ans de règne du prince, ils ont subitement bouclé cet article surréaliste, je l’ai vu paraître. Sous prétexte de m’avoir côtoyée, on m’y prêtait des propos que je n’avais pas tenus. Il était faux de dire que le prince n’avait pas vu son fils pendant de longues périodes : il a toujours été là pour lui, pour nous. J’ai voulu poursuivre le “Daily Mail”, mais les lois anglaises étant différentes de celles qui s’appliquent en France, il aurait fallu, selon l’estimation de mes conseils, jeter plus d’une centaine de milliers d’euros dans une bataille judiciaire. J’ai préféré abandonner. Quant à Charlène, c’est un sujet que je ne peux pas éviter car on nous met souvent en parallèle. Je n’aime pas qu’on nous compare. Je ne me suis jamais affichée en tant qu’ennemie. Je suis une femme douce. Compte tenu de nos liens respectifs avec le prince, nous aurions dû faire en sorte de nous supporter cordialement. Dans notre situation, la diplomatie devait s’imposer. Mais pendant la période des fiançailles, j’ai vécu des choses qui m’ont alertée et choquée. Elle a, par exemple, changé mon fils de chambre, profitant de l’absence de son père pour l’installer dans l’aile des employés. En tant que mère, je ne trouve pas de mots pour décrire ces agissements.

Vous avez choisi de vivre et d’élever vos enfants d’abord en Suisse, puis à Londres. Était-ce pour vous éloigner d’elle ?
On a dit que j’avais fui, c’est faux. Je suis allée à New York, à Genève puis à Londres pour parfaire l’éducation de mes enfants dans une grande ville. J’avais l’occasion de le faire. Et c’était également plus facile, de mon côté, pour travailler. Rien de plus.

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Je me suis toujours sentie bien, et très entourée, à Monaco.

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Que faites-vous aujourd’hui ?
Je suis designer de mode. Il est incroyable qu’on me présente encore, de manière un peu péjorative, comme l’“hôtesse de l’air”, profession que je n’exerce plus depuis dix-neuf ans. À Londres, j’ai pu créer ma griffe de vêtements et ouvrir une boutique la représentant. Elle a été fermée, car je payais trop de charges, et ce n’était pas rentable pour une marque en devenir. À cause du Covid, j’ai ralenti mes activités. J’ai profité de ce temps pour rénover les endroits qui nous sont chers. J’ai suivi il y a longtemps des études d’architecture, et je suis passionnée par tout ce qui touche à la décoration et à l’aménagement des espaces. Je vais concrétiser tous les projets qui ont germé dans mon esprit pendant cette période propice à la réflexion. J’ai notamment l’ambition de développer une marque de maquillage. Mes enfants grandissant et l’âge avançant, j’ai aussi envie de me consacrer davantage aux autres. Avant de partir pour Londres, j’avais fait l’ébauche d’une association d’aide aux enfants défavorisés. Je vais relancer ce projet, qui repose notamment sur l’éducation. Et je veux aussi contribuer à éradiquer la famine dans les endroits les plus touchés.

Avez-vous refait votre vie ?
On ne m’a jamais posé cette question…

Charlène a souvent dit qu’elle se sentait mal acceptée à Monaco, évoquant une forme de racisme. En avez-vous souffert aussi ?
Je n’ai jamais éprouvé une telle sensation. Je me suis toujours sentie bien, et très entourée, à Monaco.

Comprenez-vous son absence actuelle ?
Non, et cela ne me regarde pas. C’est sa vie privée.

Le prince a-t-il célébré avec vous les 18 ans d’Alexandre ?
Il était là, comme d’habitude. Mais nous avons fêté cet anniversaire avec deux jours de retard, puisqu’il était en voyage. Le Palais a organisé une fête inoubliable en l’honneur d’Alexandre. Nous leur en sommes très reconnaissants. Tout le monde était aux petits soins pour lui, c’était touchant. Un restaurant avait été privatisé et spécialement décoré pour l’occasion. Ensuite, nous sommes tous partis au Jimmy’z, la légendaire boîte de Monaco, pour faire plaisir aux jeunes.

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Notre fils a été baptisé à l’âge de 2 ans, puis il a fait sa première communion et sa confirmation. Et pour chacun de ces moments solennels et essentiels, ses deux parents étaient présents.

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Comment Alexandre évolue-t-il au sein de sa famille recomposée ?
Il est très proche de ses deux grands frères, Hugo et Swann. Il était important pour moi qu’il tisse aussi un lien avec Jazmin, et je fais toujours en sorte qu’ils passent ensemble des moments agréables et fraternels. Quant à Jacques et Gabriella, ils sont encore petits ; Alexandre joue joyeusement avec eux quand il les voit.

Quelles sont vos attaches africaines ?
J’ai été élevée au Togo par un père d’origine béninoise et une mère à moitié togolaise. Je suis partie jeune. Je n’ai malheureusement pas de passeport togolais, la double nationalité n’étant pas autorisée là-bas. J’ai hérité de l’Afrique ses meilleures valeurs, qui sont l’honnêteté, le respect, la joie et la gentillesse. J’ai sillonné ce continent de long en large. Je me souviens m’être dit, lors d’un safari en Tanzanie, en observant la faune, que j’admirais là ce que Dieu a créé. Je tiens, je crois, le goût du voyage d’un aïeul d’origine juive orientale. Je lui dois sans doute aussi ce teint clair et mes yeux un peu bridés.

Vous êtes croyante, comme le prince, et le catholicisme est religion d’État à Monaco. Avez-vous élevé Alexandre dans cette foi ?
Oui. Notre fils a été baptisé à l’âge de 2 ans, puis il a fait sa première communion et sa confirmation. Et pour chacun de ces moments solennels et essentiels, ses deux parents étaient présents. Nous allons chaque dimanche à la messe rendre grâce à Dieu. Ma foi s’est renforcée avec le temps, notamment à la faveur d’une expérience très forte me prouvant que Dieu existe.

Qui sont les parrain et marraine d’Alexandre ?
La princesse Stéphanie et Thierry Lacoste, avocat et ami de son père ainsi que de moi-même. Delia Antal a été citée dans la presse comme marraine, mais cette information est erronée.

Qu’avez-vous raconté à votre fils de la rencontre de ses parents et de la relation entre eux ?
Les choses naturelles n’ont pas besoin d’être dites. Alexandre a eu tout le loisir de voir les liens forts qui nous unissent, son père et moi. Ce qu’il doit retenir de tout cela, c’est l’amour inconditionnel de ses parents pour lui, leur grande fierté de l’avoir pour fils et leur présence à ses côtés.

Interview Caroline Mangez. Remerciement Stéphane Ruffier-Meray

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