Paris Match Belgique

Un Amour Souverain : Dans l’intimité du grand-duc Henri de Luxembourg

C’est l’une des plus belles photos d’un ouvrage-événement qui, avec pudeur mais sans restrictions, ouvre l’album privé d’une des plus attachantes monarchies européennes. | © Collection privée

People et royauté

La grande-duchesse Maria Teresa publie un ouvrage remarquable Un Amour Souverain sur ses 40 ans d’amour avec Henri de Luxembourg.

 

Par Stéphane Bern

Paru aux éditions Albin Michel, le livre Un Amour souverain est aussi le cadeau d’amour d’une femme devenue grande-duchesse de Luxembourg à son époux, le chef de l’État. Au fil des pages se dessine l’incroyable épopée d’une institution monarchique qui a réussi à s’adapter avec brio aux enjeux du monde, mais également l’histoire d’une grande passion. Il y a quarante ans, unis par la même volonté de servir un idéal et un pays, Maria Teresa Mestre et Henri de Luxembourg se mariaient et s’ouvraient un destin exemplaire. À l’occasion de leurs noces d’émeraude, ils se confient à Stéphane Bern, cosignataire avec Maria Teresa de cet exceptionnel témoignage.

« Plonger dans les souvenirs de quarante années de mariage est un exercice qui ne laisse pas indemne. C’est un jeu de piste heureux et émouvant avec notre mémoire. En ouvrant des albums depuis longtemps fermés, nous avons redécouvert des épisodes incroyables, que nous avions oubliés. Tant de moments de vie en commun, tant de rires, de joies, d’engagements, mais aussi de tristesse partagée, de doutes parfois et de détermination… »
Les premiers mots de la Grande-Duchesse témoignent de toute la force du livre Un Amour souverain, dont Paris Match Belgique publie un extrait, consacré à l’amour tel que le voient et le vivent, depuis quarante ans, Henri et Maria Teresa de Luxembourg.

14 février 1981. Le mariage tant rêvé. Au palais grand-ducal, une mariée radieuse, heureuse et sur un petit nuage, se pose quelques instants avant la grande réception. ©Collection privée

Dans les yeux du grand-duc

« Le 14 février 1981 restera dans ma mémoire comme le plus beau jour de ma vie. Il est l’aboutissement d’une rencontre entre deux étudiants à l’université de Genève en 1975. Un jeune homme, ami de nos parents respectifs, nous a présentés. Il s’avérait que nous commencions les mêmes études en sciences politiques. Un peu perdu du fait d’une arrivée tardive pour une appendicite, Maria Teresa m’aida à remplir toutes les formalités administratives d’inscription. Très vite un sentiment de complicité s’installa, qui après quelques mois se transforma en véritable amour mutuel. Elle était belle, intelligente, drôle et pleine de vie. Nous étions ensemble sur les bancs de l’université et nous n’écoutions pas toujours les professeurs, ce qui fait que nous avons tous les deux raté notre première année.

« Maria Teresa a été et reste le premier et seul amour de ma vie. Sa famille me prit en affection et m’invitait souvent. De grandes discussions politiques, économiques et sociales animaient les repas avec force et conviction. Quatre années se sont écoulées ainsi, où nous avons pu nous découvrir et nous connaître. Nous faisions des plans de vie, et tissions peu à peu notre vision du futur. Nos examens de fin d’études réussis, nous nous fiançâmes le 7 novembre 1980.

« Le 14 février 1981 fut le merveilleux jour de notre mariage. J’étais sur un nuage de bonheur et n’avais d’yeux que pour celle qui arriva au bras de son père dans sa magnifique robe de mariée. Quel moment inoubliable que cette union tant espérée et enfin réalisée ! Nous voulions une grande famille et, en l’espace de onze années, cinq merveilleux enfants sont nés. Chaque naissance nous comblait de joie et animait le foyer de gaieté.

« Au moment de mon mariage, à 25 ans, j’étais un homme timide, et Maria Teresa s’employa à me donner confiance en moi afin de m’affirmer. Nous formions un couple qui travaillait ensemble au service de notre pays. En tant qu’héritiers, de nombreuses obligations officielles nous incombaient. Le charme et le rayonnement de mon épouse conquirent rapidement la population luxembourgeoise. Nos fonctions étaient indissociables de notre vie privée, ce qui générait parfois des tensions, mais notre amour surmonta toujours ces difficultés.

« Vingt ans s’écoulèrent ainsi, Maria Teresa se consacrant à ses multiples tâches de mère, de maîtresse de maison, et à nos obligations officielles. La compassion pour la souffrance des autres, l’injustice, la condition des femmes, l’enfance, l’éducation, le handicap, la pauvreté sont autant de thèmes dans lesquels elle s’impliquait. J’étais et je suis extrêmement fier de son engagement et je l’encourageais dans toutes ses initiatives.

©Collection privée

Dans les yeux de la grande-duchesse

« Je me souviens de la première fois où j’ai vu Henri. C’était un dimanche à Genève, à la sortie de la messe à Cologny. J’ai ressenti un coup de cœur en le voyant au loin, avant même de le rencontrer. Je ne peux l’expliquer mais je sais que je suis tombée amoureuse de lui à l’instant où je l’ai vu. J’ai su que je partagerais ma vie avec lui. Tout en lui me séduisait. Son allure, son élégance mais aussi la douceur et la bonté qui émanaient de sa personne, ainsi qu’une certaine timidité. Encore aujourd’hui, après quarante ans de mariage, je ne peux me souvenir de ce moment sans ressentir un immense amour et une intense émotion.
« J’ai épousé Henri pour l’homme qu’il est et qu’il sera toujours, un homme généreux, droit et exceptionnel, pour qui j’ai un amour profond. Je me rappelle avec précision et émoi notre mariage. C’était le début d’une extraordinaire aventure à deux, l’aventure d’une vie, qui me transporte encore aujourd’hui, sans que j’en aie réalisé la portée, le temps d’un souffle. Pourtant, en 1981, cette union n’était ni évidente ni tracée, pour une jeune fille dont la famille avait fui Cuba quelques années auparavant. Elle ne fut d’ailleurs validée qu’après certaines rencontres dont j’avais conscience qu’elles étaient des tests et qui renforcèrent le stress des mois qui avaient précédé cet heureux événement. Mais si notre mariage restait incertain, je savais sans l’ombre d’un doute qu’Henri était l’homme de ma vie.
« Pendant nos années universitaires, nous avons beaucoup discuté sur notre désir d’incarner une monarchie ancrée dans son siècle. Sur la nécessité de respecter les traditions, le rôle de chacun, mais aussi d’être impliqués dans les causes et les actions concrètes de notre temps. Le mariage lui-même fut, avec par la suite la naissance de nos enfants, le moment de bonheur le plus intense que j’aie vécu. Notre rêve de vie à deux devenait enfin réalité !

Mars 2021. Moment de complicité au château de Berg. ©Collection privée

(…) La suite de cet article dans votre Paris Match Belgique de cette semaine.

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