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Le bouleversant témoignage de Jane contre Ghislaine Maxwell

Le bouleversant témoignage de Jane contre Ghislaine Maxwell

Ghislaine Maxwell illustrée lors de son procès à New York. | © AFP.

People et royauté

« Témoin star » de l’accusation au procès de l’ex-compagne de Jeffrey Epstein, elle affirme avoir été violée à 14 ans. Lundi et mardi, elle a raconté sa vérité devant les jurés du tribunal de New York.

D’après un article Paris Match France de Olivier O’Mahony, à New York

C’est une grande et belle femme brune aux yeux bleus perçants qui apparaît dans le box des témoins. On l’appelle Jane, mais ce n’est pas son vrai prénom. Actrice de série B dans la vie, animatrice d’un podcast à succès, elle ne veut pas que son nom soit associé à Ghislaine Maxwell. Mais elle a tenu à témoigner contre elle, lundi et mardi, au tribunal fédéral de Manhattan. Car ce qu’elle avait à dire fait froid dans le dos.

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En cet après-midi d’été 1994, Jane vient tout juste d’avoir 14 ans. Elle veut alors devenir chanteuse et passe ses vacances dans un « summer arts camp », un camp d’été pour apprentis artistes. Elle est avec un groupe de copines en train d’avaler une glace quand elle aperçoit une femme « grande et fine » accompagnée d’un joli yorkshire. C’est Ghislaine Maxwell, rejointe quelques minutes plus tard par Jeffrey Epstein. Le couple est charmant, pose des questions, s’intéresse à la vie et aux rêves de Jane. Epstein déclare alors qu’il est l’un des mécènes qui financent le camp, où il se rend chaque été. Jane lui indique qu’elle habite à Palm Beach. « Quelle coïncidence, nous aussi ! », répond Epstein qui lui demande son numéro de téléphone.

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Ghislaine apprendra à Jane comment Epstein aime se faire masser

Quelques semaines plus tard, en rentrant de l’école, Jane découvre qu’elle est invitée par Epstein chez lui, avec sa mère, pour prendre le thé. En sortant de la voiture à chauffeur qu’il lui a envoyée, elle découvre une villa fastueuse et, forcément, elle est impressionnée. Un lien se noue, et Jane est flattée par l’hospitalité de ses hôtes qu’elle revoit une fois toutes les deux semaines, sans sa mère. Elle trouve Ghislaine « excentrique mais sympa » , façon « grande sœur » et se retrouve à faire du shopping avec elle. Alors qu’elle papote avec elle, elle constate que, progressivement, les sujets de conversation changent : de chiffons, on passe au sexe. Peu après, Epstein la convie dans son bureau. Il lui promet qu’il peut l’aider dans sa carrière, puis, subitement, lui prend la main, l’emmène avec lui dans la pool house, le cabanon à côté de la piscine. Là, il se déshabille, se couche sur une banquette, lui ordonne de se placer sur lui et de le masturber. Dans la foulée, Ghislaine se joint à eux, dans la chambre à coucher. Alors qu’elle commence à toucher Epstein, elle invite Jane à se joindre à eux, « comme si de rien n’était, de manière très détachée ». En réalité, Jane, qui, à 14 ans, n’a jamais vu un pénis de sa vie, est pétrifiée. Plus tard, Ghislaine apprendra à Jane comment Epstein aime se faire masser. Les agressions sexuelles d’Epstein vont durer quatre ans durant, avec parfois la participation active de Ghislaine.

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Jane affirme qu’elle témoigne aujourd’hui pour « mettre cette histoire derrière elle ». Une rude épreuve qui l’a amenée à pleurer à plusieurs reprises à la barre. Elle a été sévèrement malmenée mardi par Laura Menninger, l’une des avocates de Ghislaine, lors de son contre-interrogatoire qui a duré une grosse journée. Elle a été mise face à ses contradictions : lors de son témoignage à la barre avant-hier, ses indications sur les dates, lieux, et détails des agressions sexuelles ne collaient pas toujours avec ses déclarations sous serment devant les enquêteurs du FBI en septembre 2019 et en février 2020, et elle a été obligé de l’admettre. Cela suffira-t-il a semer le doute dans l’esprit des jurés ? Seule certitude : servie par une équipe d’avocats particulièrement pugnace et agressive, Ghislaine Maxwell, qui jure « n’avoir commis aucun crime », est bien décidée de se battre jusqu’au bout.

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