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Juan Carlos Ier attendu en Espagne, une brève visite qui fait grincer des dents

Juan Carlos Ier attendu en Espagne, une brève visite qui fait grincer des dents

Juan Carlos Ier, en 2019. | © BELGA PHOTO / JOHN THYS

People et royauté

L’ancien roi d’Espagne revient dans son pays après deux ans passés aux Émirats arabes unis après des accusations de malversations.

 

En exil depuis près de deux ans aux Émirats arabes unis après des accusations de malversations, l’ex-roi Juan Carlos Ier revient pour la première fois jeudi en Espagne, où sa brève visite suscite beaucoup de critiques.

Car si l’ancien monarque, âgé de 84 ans, a vu les enquêtes judiciaires le visant être classées en mars, les révélations sur l’origine opaque de sa fortune ont définitivement sapé l’image de cette figure adulée pendant des décennies pour avoir mené la transition démocratique de l’Espagne après la mort du dictateur Franco en 1975. « Les informations que nous avons eues ces dernières années » sur Juan Carlos « sont très inquiétantes (…) pour l’institution (monarchique) » et « je crois qu’il devra donner des explications sans aucun doute », a insisté jeudi la ministre de l’Economie et numéro deux du gouvernement, Nadia Calviño, sur la radio Cadena Ser.

Pas hébergé au palais de la Zarzuela

L’ancien souverain doit arriver en fin de journée à Sanxenxo, dans le nord-ouest de l’Espagne, pour assister ce weekend à une régate à laquelle participera le « Bribon », voilier avec lequel il a été champion du monde en 2017. Il fera ensuite le déplacement lundi à Madrid pour voir notamment son fils, le roi Felipe VI, et son épouse Sofia, avant de repartir le jour même à Abou Dhabi « où il a établi sa résidence de façon permanente et stable », a insisté mercredi soir le palais. Juan Carlos, qui compte désormais revenir « régulièrement en Espagne » pour voir « sa famille et ses amis », logera toujours « dans un lieu de résidence privé ».

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L’ex-roi, qui a abdiqué en 2014 sur fond de scandales, avait quitté l’Espagne en août 2020 pour Abou Dhabi après des révélations de plus en plus compromettantes sur son train de vie fastueux et l’origine opaque de sa fortune. Il avait alors expliqué vouloir « faciliter » à Felipe VI « l’exercice » de ses fonctions devant « les conséquences publiques de certains événements passés de (sa) vie privée ». En raison de preuves insuffisantes, le parquet espagnol avait classé en mars 2022 les trois enquêtes le visant pour des soupçons de corruption ou de blanchiment. Il avait toutefois mis en avant des « irrégularités fiscales », amenant l’ancien roi à régulariser un montant total de plus de 5 millions d’euros.

Redorer l’image de la monarchie

« Il n’y a pas de raison juridique empêchant l’ancien roi de se rendre en Espagne, mais il existe un flot de raisons éthiques expliquant le trouble provoqué par l’annonce de son voyage », a souligné dans un éditorial El Pais, le premier quotidien généraliste du pays.

Tentant de redorer le blason de la monarchie espagnole depuis son accession au trône en 2014, Felipe VI a pris ses distances avec son père. Il a ainsi décidé en mars 2020 de renoncer à l’héritage de son père et de lui retirer son allocation annuelle de près de 200 000 euros.

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Plus récemment, il a lancé fin avril, avec le gouvernement Sánchez, une opération « transparence » pour le palais royal qui devra désormais faire auditer ses comptes, rendre publics ses contrats ou encore dresser un inventaire des cadeaux reçus par la famille royale.

Avec l’AFP

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