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Et Brigitte Bardot créa Saint-Tropez

"Je dors, je sors et je me dore" | © epa01763838 Undated handout photo provided on 17 June 2009 of French actress Brigitte Bardot related to the 'Brigitte Bardot, les annees 'insouciance' (Brigitte Bardot, the 'unconcerned' years) exposition, that will be inaugurated on 29 September in Boulogne-Billancourt, France. It has been announced that the expo will be the most comprehensive work on the life of the film star. EPA/Douglas Kirkland, Celebrity Vault HANDOUT --- EDITORIAL USE ONLY -- NO SALES --- MANDATORY CREDIT

People et royauté

Avec son aura irrésistible et son physique à se damner, Brigitte Bardot a agité les passions et contribué à attirer les foules dans son petit coin de paradis, Saint-Tropez. Dont il est difficile à imaginer aujourd’hui qu’il fut un jour une retraite paisible…

Quand Brigitte Bardot a acheté «La Madrague» en 1956, pour 7 000 000 d’anciens francs, ce n’était qu’un hangar à bateaux. Elle en dessina elle-même les plans, et se transforma en bricoleuse. Chaque année, il allait pousser des ailes à la maison, gentil cube blanc que l’on aperçoit à travers les eucalyptus de la baie des Caroubiers. Dès avril, un jardinier plante des œillets, des bleuets et des fuchsias. Un tunnel de lauriers roses conduit à la plage. Ivre de soleil et de grand air, Brigitte n’est jamais si gaie, si sereine, qu’à «La Madrague». Chaque jour, elle fait une sortie en mer sur une barque de pêche baptisée «Pacifou».

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« La Madrague », tout un symbole

Mais «La Madrague», c’est aussi le symbole d’une vie privée impossible à protéger, malgré un mur que B.B. a fait construire pour empêcher le passage d’indésirables visiteurs. On la traque, l’appareil photo en batterie. Parfois, Brigitte Bardot apparaît dans la cohue du port. Dans son sillage, le Tout Paris devient le Tout Saint-Trop’ ! «Je dors, je sors et me dore. Ne pas déranger, merci !» Elle aurait souhaité accrocher ces mots à la porte de sa maison. Un rêve…

Alors, le port tranquille devint le carrefour de toutes les modes, le village le plus peuplé, tumultueux et extravagant de France, et Saint-Tropez devint Saint-Trop’. 5 000 pêcheurs en hiver, 100 000 estivants et 20 000 voitures… Le grand embouteillage. Les gendarmes sont débordés. Au début, ils sont 11, dont un brigadier en congé de longue maladie. Bardot, c’est la Tour Eiffel de Saint-Trop’, Niarchos et son bateau, le serpent de mer.

Des yachtmen ancrés sur port

Trois types de populations  se côtoient à Saint-Tropez: celle des lacustres (yachtmen ancrés sur le port), celle des villas (invisible) et celle des touristes (grouillante). De 10 heures à 1 heure du matin, le cirque tropézien bat son plein. Les rites sont sacrés : petit déjeuner chez Sénéquier ; bronzage et baignade à Pampelonne. Pour prendre du soleil, deux mètres carrés de sable numérotés ; apéritif à l’Escale ; cocktail à bord des yachts ; dîner à l’intérieur des terres (Gassin, Ramatuelle…), twist et cha-cha à l’Esquinade… Le touriste de passage regarde la faune des habitués avec l’œil du zoologiste qui découvrirait une planète inconnue. Il ne s’arrache de là que s’il a aperçu, ou cru deviner : Bardot, Vadim, Sagan, Distel.

Paru dans Paris Match le 20 août 1982

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