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Alain Delon sur Simone Veil : « Elle avait la beauté de Romy »

Simone Veil et Alain Delon lors de la visite à Paris d’Aung San Suu Kyi, en juin 2012. | © AFP PHOTO / KENZO TRIBOUILLARD

People et royauté

L’hommage d’Alain Delon à Simone Veil, une femme qu’il aimait, qu’il admirait et qui a changé sa vision des choses.

« J’ai adoré cette femme, je l’admirais. Elle était exemplaire et tellement belle ! Sur cette photo en noir et blanc, ci-dessous, prise lors d’un dîner après une première au théâtre, nous avons l’air d’être seuls au monde. Elle avait sept ans de plus que moi, mais ça ne se voyait pas. Nous étions beaux, quand même, tous les deux ! Simone Veil est restée belle jusqu’au bout. J’avais vraiment une passion pour elle.

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Elle était ce que j’appelle « une femme fauve ». Une femme qui aime ou qui déteste. Mais j’avais la chance qu’elle m’aime.

Elle était très éprise de son mari mais, parfois, nous nous retrouvions pour aller dîner, comme si nous étions deux célibataires. Nous parlions de tout, de la politique, de cinéma, des uns et des autres. J’étais avec elle l’opposé de ce que je suis en réalité. Je n’étais plus le dragueur impénitent. Elle m’impressionnait trop, par son parcours et par ce qu’elle a réalisé. Elle était une femme inaccessible pour quelqu’un comme moi. Pas pour Delon, mais pour Alain, de là où il vient. Elle était intimidante, détenait cette autorité naturelle. Mais il m’arrivait parfois de prendre des libertés avec elle. Comme sur cette autre photo, prise au Quai d’Orsay, lors de la visite à Paris d’Aung San Suu Kyi, qui avait demandé que je sois là. Simone Veil était déjà fatiguée. Je lui prends le bras et je lui murmure à l’oreille : « Vous êtes toujours aussi belle. » Ça la faisait rire.

AFP PHOTO / ERIC FEFERBERG

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Parfois aussi, je lui disais que j’avais envie de l’embrasser et elle riait encore. Elle avait la beauté de Romy, cette beauté devant laquelle on ne peut que s’incliner. Avec son mari, Antoine, ils formaient un couple exceptionnel. Vous vous rendez compte : l’amour d’une vie, c’est magnifique ! Sa perte a été un nouveau drame pour elle. Il l’avait empêchée de devenir avocate mais, après tout, n’est-ce pas grâce à lui qu’elle eut cette carrière ? Serait-elle devenue ministre ? Serait-elle devenue cette icône si elle avait été avocate ? Elle m’a permis d’évoluer et de comprendre un certain nombre de choses. J‘étais contre l’avortement, sans doute par ignorance et par l’influence de mon milieu. Grâce à elle, je pense différemment. Elle m’a permis de comprendre pourquoi c’était un droit pour les femmes. »

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