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Delphine à la Fête nationale : «Ce qui est en mon pouvoir, c’est de valoriser le travail de jeunes Belges»

Delphine dans son atelier avec le jeune créateur Pol Vogels. Rouge passion et blanche colombe, un message d'espoir et de paix. ©Lieze Vogels

People et royauté

Deuxième 21 juillet de Delphine, entre rouge passion et blanche colombe. Symbole d’espoir, sa tenue flamboyante, un peu bédéesque, est aussi un message de paix.

En amont du défilé militaire, elle pose dans son atelier avec Pol Vogels, l’artiste qu’elle a choisi d’épingler cette année. Ensuite sur le pas de sa porte, pour une ultime retouche de maquillage, tandis que la voiture officielle l’attend, comme l’an dernier. Cette image synthétise l’aboutissement du long combat qui fut le sien. Ces clichés lui ressemblent aussi furieusement. Décalage dans le ton, dans la présentation, mise à l’honneur d’un créateur et d’une make-up artist.

C’était sa deuxième Fête nationale belge dans la tribune royale. Son deuxième défilé du 21 juillet.
La princesse Delphine a donc opté pour une création de Pol Vogels. Le styliste flamand, connu pour son originalité, s’est, pour la première fois, attelé à une tenue pour dame. Il a même dû, nous confirme Delphine, emprunter un mannequin féminin pour la dessiner, en soigner les pourtours, avant de se lancer dans sa confection.

La robe-manteau, ondoyante, dioresque, marquée par une ceinture haute est pétillante de fraîcheur, avec cette touche arty que prise Delphine : elle est ornée d’une colombe blanche, un peu à la Folon, symbole de paix donc. « J’aime les vêtements avec des histoires, j’aime surprendre les Belges. »
Juchée sur des chaussures immaculées à semelles compensées, sortes de « babies » surélevées aux allures cartoonesques, coiffée d’un chapeau circulaire orné d’un ruban rouge, Delphine distille, en artiste pleinement assumée, des images de conte de fées qui claque. Quelque par entre la ligne d’une Mary Poppins – imparable de dignité -, une héroïne hitchcockienne en papier glacé et une altesse au goût du jour.

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Ce rouge flamboyant s’accorde parfaitement aux couleurs nationales et aux tenues du jour. Son message, elle l’a voulu à la fois simple, universel et, naturellement, fédérateur.
Le rouge est une couleur puissante, associée à la notion d’énergie et de passion. Mais sa tenue comme l’a voulue Delphine, réunit avant tout les concepts « d’espoir et de paix ».

Un message particulièrement pertinent en ces temps agités, de la guerre en Ukraine, crise sanitaire, environnementale, sociale… « Je pense à tous ceux qui souffrent », nous dit Delphine. « Cela va des victimes de la pandémie à celles de la guerre, ou du climat. Ou à ces jeunes sans emploi. Entre autres car aujourd’hui, hélas, la crise économique fait des ravages d’une amplitude considérable.»

Delphine, en prélude au grand saut : la parade militaire du 21 juillet, qu’elle va suivre, pour la deuxième année, depuis la tribune royale. La voiture officielle l’attend devant son domicile, comme l’an dernier. Un symbole qui traduit l’aboutissement du long combat qui fut le sien. © Dirk Alexander

L’an dernier la princesse et créatrice belge avait opté pour une tenue d’inspiration ethnique, aux motif évoquant les tissus wax congolais, une réalisation de la créatrice bruxelloise Siré Kabé. Delphine et sa fille Joséphine, qui avaient flashé sur ses réalisations, l’avaient contactée via les réseaux sociaux.

C’est un autre coup de foudre que Delphine raconte ici en affichant les tonalités et le style de Pol Vogels. Un néerlandophone cette fois.
La Belgique est, rappelle-t-elle, une « source d’inspiration » pour l’artiste royale qui entend user de sa propre visibilité pour mettre l’accent sur la création du cru. Elle a, pour repérer les talents en herbe, un instinct affirmé. Et relaie leur oeuvre de façon claire, en les mettant en scène aussi, chose peu fréquente dans ces sphères officielles.
« Ce qui est en mon pouvoir, c’est de valoriser le travail de jeunes Belges. J’essaie de le faire à ma manière en les mettant en lumière. » Une Fête nationale, par essence fédératrice et populaire, est effectivement un sacré coup de projecteur.

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