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Axelle Red : chanteuse, maman, femme de, activiste… Elle brise le silence

Axelle Red sur les routes de Colombie. « Souvent, je pense en couleurs. Avant, quand je regardais la carte de l’Amérique latine, je voyais la Colombie comme un pays noir. Aujourd’hui, ça s’est éclairci. C’est devenu coloré, notamment grâce à l’incroyable positivité des gens que j’ai rencontrés ici. » | © ©DR

People et royauté

Surprenante Axelle Red. Toujours là pour faire entendre sa voix. Même quand elle ne chante pas. Cette fois, c’est pour la cause de Handicap International, l’ONG dont elle est la fière ambassadrice depuis cinq ans, qu’elle monte au front. Une semaine sur les routes de Colombie, un pays qui a choisi de se relever après des années de guerre civile.

 

Reportage Nadia Salmi

Tout un symbole. Car la femme n’est pas que force et confiance. Elle aussi peut vaciller. Et elle n’a pas peur de le partager. Pour participer à un monde meilleur et continuer à inspirer les gens, l’activiste ose aller sur des terrains minés par la bêtise, la critique et l’injustice, mais aussi les clichés et les diktats.

Paris Match. Vous vous faisiez discrète depuis quelques années et voilà qu’on vous retrouve à l’autre bout de la planète, en tenue de démineuse, pour Handicap International. L’engagement, c’est votre face B ?
Axelle Red. Je suis multifacettes : compositrice, interprète, maman, femme de, amie de, fille de, citoyenne, fan de mode, activiste… Ce sont différents rôles et pourtant, je suis la même personne. J’ai mis du temps à le comprendre. Au début de ma carrière, je me demandais qui j’étais. Et puis, j’ai pensé à Al Green, qui est devenu prêtre après avoir été chanteur soul. Moi, sur scène, je ne prêche pas, mais j’aime inspirer les gens avec les paroles de mes chansons. C’est plus fort que moi et ce n’est pas nouveau. Quand j’étais petite, j’avais écrit sur une feuille du PMS que je voulais devenir chanteuse ou ambassadrice. Il n’y a pas de hasard. D’ailleurs, si je n’avais pas réussi dans la musique, j’aurais travaillé dans l’humanitaire, avec mon diplôme de droit. J’étais arrivée à cette conclusion après avoir vu des victimes de mines antipersonnel lors d’un voyage au Viêtnam avec mon mari Filip, au début des années 1990.

Il faut croire que cette problématique devait faire partie de votre vie puisqu’en 1997, vous êtes devenue marraine du traité d’Ottawa, la convention sur l’interdiction des mines antipersonnel.
Oui, ma notoriété à l’époque m’a permis de servir cette cause importante. Mais c’est un travail de titan d’enlever ces abominations. En Colombie, les équipes de Handicap International ont réussi à supprimer 421 engins explosifs en sept ans. C’est un résultat qui paraît tellement petit qu’on peut se demander si le temps investi en vaut la peine. Mais c’est oublier que pour déminer, on avance par parcelle de trente centimètres. En fait, c’est le mètre carré de terre qu’on peut garantir sécurisé qui compte.

Comment faire pour ne pas se décourager ?
Ce sont les rencontres sur le terrain, toutes ces victimes qui deviennent par la suite des héros, qui me donnent des ailes, et cela depuis vingt-cinq ans. Malheureusement, toutes ne sont pas dans la résilience, d’où mon choix de m’engager auprès de Handicap International. Mais, parfois, il m’arrive d’être traumatisée par ce que je vois ou entends. Récolter de l’argent est important, mais cela ne m’aide pas toujours à surmonter ces émotions. Alors j’écris. Ce n’est pas un hasard si la moitié de mon répertoire est constitué de chansons engagées. C’est ma thérapie. Et ce qui m’aide également à aller mieux, c’est d’être dans le concret. En tant qu’activiste, je participe très souvent à des conférences, je combats les discriminations quelles qu’elles soient. Je suis sur tous les fronts. Puis, la routine reprend. Il faut gérer les plaintes et les soucis de chacun. Même moi, je retombe là-dedans. Je peux aussi être égoïste, ne penser qu’à ma bulle.

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Comment avez-vous vécu le confinement ?
Mal. La solidarité du départ a vite été remplacée par une grande panique, laquelle a fait ressortir des inégalités et des discriminations qui m’ont affectée. J’ai aussi souffert de voir la facilité avec laquelle on nous enlevait notre droit au travail. La mort des uns, le gagne-pain des autres… C’était injuste et révoltant. J’ai participé à plusieurs émissions politiques pour défendre le secteur de la culture, mais rien n’a changé. Six mois plus tard, j’ai rencontré la personne responsable de cette décision et elle m’a avoué avoir fait une erreur. Trop tard, le mal était fait ! Au niveau du quotidien, cela a également été compliqué : je venais de perdre mon père et je voyais mes filles traverser l’adolescence. Il fallait que je les protège, que je comprenne, que je trouve ma place. J’étais un peu comme un animal blessé. Alors, j’ai léché mes plaies et je me suis reposée à l’abri des regards. Un peu comme dans le magnifique documentaire « La Sagesse de la pieuvre ». Attaqué par un requin, elle utilise sa créativité pour se restaurer.

C’est la preuve symbolique que les requins ne gagnent pas toujours.
Oui, mais il faut de l’énergie pour surmonter les attaques, pour reprendre confiance en soi et en les autres. Ce n’est pas facile. Si quelqu’un, à l’antenne ou caché derrière son écran d’ordinateur, donne un avis négatif sur votre travail ou votre personne et que vous êtes sans défense, ça blesse. C’est d’ailleurs pour ça que je fuis les réseaux sociaux. Je me protège. Quand j’ai sorti « Sisters & Empathy », je n’avais pas le courage de faire la promotion habituelle. Je n’avais pas envie de voir quelqu’un balancer que j’utilisais la cause des femmes pour me faire de la notoriété. Je me suis limitée aux médias plus sérieux, moins divertissement. Du coup, l’album a marché et les requins misogynes ont perdu. J’ai écrit trois albums après ça. Et là, je suis en pleine pause écriture pour moi-même. Je préfère composer pour les autres (Zaz, Ycare…).

 

« Ce n’est pas un hasard si la moitié de mon répertoire est constitué de chansons engagées. C’est ma thérapie. » ©DR

Pourquoi ?
Les gens ne se rendent pas toujours compte qu’il y a un prix à payer pour pouvoir chanter. Et il est très élevé. Je dis ça en pensant à Bill Withers, le chanteur d’« Ain’t No Sunshine » et « Just the Two of Us ». Quand on lui demandait pourquoi il ne sortait pas de nouvel album, il répondait qu’il se sentait mieux en contemplant le monde depuis sa colline de Beverly Hills. Pareil pour moi. Sauf que je suis dans ma ferme. Loin des clichés : je ne suis pas en bottes, je mets des talons, je me maquille. Je suis une rebelle. Les règles, je les suis par respect des autres, pour ne pas empiéter sur leur liberté. Mais s’il y a abus de pouvoir, je dis non. Je n’aime pas être manipulée, ni dépendre de l’avis des gens. S’exposer, c’est prendre le risque d’être blessée. Il faut être solide pour affronter l’humanité dans toutes ses nuances.

Votre dernier album date de 2018. Pourriez-vous être inspirée par le post-#MeToo ?
Ah, mais j’étais pré-#MeToo ! J’ai fait mon travail en tant que chanteuse dans mes albums « Sisters & Empathy » et « Un cœur comme le mien », mais aussi en tant qu’activiste. Aujourd’hui, je continue à défendre cette cause. C’est juste que je suis humaniste avant d’être féministe.

« Les gens ne se rendent pas toujours compte qu’il y a un prix à payer pour pouvoir chanter. Et il est très élevé »

Il y a une forme de féminisme dans laquelle vous ne vous reconnaissez pas ?
Oui. Je n’aime pas le féminisme qui veut que dès qu’on a le pouvoir, on fait subir aux autres ce qu’on a vécu. Cela s’appelle du narcissisme collectif : un groupe de gens discriminés se sent supérieur et abuse lui-même. Pour moi, toutes les discriminations se valent.

Que reste-t-il de Fabby (NDLR : pseudo utilisé pour son premier 45 tours) en vous ?
Tout ! C’est pour ça que je suis contre la discrimination par l’âge. On dit tout le temps « vous êtes trop petit » ou « vous êtes trop grand »… Ce n’est jamais le moment. La société juge en permanence. Selon moi, on ne devrait pas avoir d’âge, car on en a plusieurs à différents moments de la vie. Moi, je préserve l’enfant qui est en moi. Petite, je posais beaucoup de questions, je voulais tout comprendre. Et à l’adolescence, j’ai pas mal morflé. Je n’ai pas aimé cette période synonyme d’urgence. On sent qu’il faut vite agir pour se réaliser. C’est stressant. Je ressens aussi cela pour mes filles. Elles grandissent dans un monde où il est difficile de rêver et de se faire une place, où tout peut changer du jour au lendemain, où les « likes » nourrissent les mensonges.

Quelles valeurs leur transmettez-vous ?
Celles qu’on retrouve dans toutes les religions et philosophies. Essayer de passer au-delà de nos faiblesses humaines tout en les acceptant, sans oublier qu’on peut toujours rééquilibrer les choses. Pour ça, j’espère avoir été une source d’inspiration. Mais j’ai l’impression que comme je suis une femme et que j’ai des filles, je les ai quelque part paralysées avec mon côté artiste engagée. Nous avons toujours eu une belle relation mais comme tous les enfants, elles ont un jour eu besoin de tuer la mère. Et je les comprends. C’est normal de me demander comment elles pouvaient réussir ce que j’avais réalisé si vite. Le problème, c’est que tout n’est pas parfait dans ma vie. J’ai aussi raté des choses… J’ai eu mon lot de déceptions. Il y a des gens qui vous laissent tomber, qui ne tiennent pas leurs promesses ou qui volent vos idées. À chaque fois, il faut se remettre en selle.

 

« Enfiler l’uniforme m’a permis de mieux ressentir le quotidien des démineurs. Sous le casque, la visibilité diminue au fur et à mesure que la buée s’installe. Il fait très chaud. La veste pèse quatre kilos. C’est oppressant. Et à cela s’ajoute le stress… Le moindre faux pas peut provoquer une explosion. » ©DR

On entend souvent qu’être « fille de » n’est pas simple. Mais quid de la maman ? Est-ce qu’elle culpabilise ?
Oui, c’est dans mon caractère. Dès qu’il leur arrive quelque chose, je pense que c’est de ma faute, que c’est lié à mon état durant la grossesse ou à mon énergie pendant l’éducation. Je prends tout sur moi. Et je ne devrais pas, car il y a beaucoup de facteurs qui jouent. Je m’en rends compte à chaque fois que je voyage, et que je rencontre une personne qui n’a pas reçu d’amour maternel et qui a pourtant bien fini. Cela prouve qu’on ne fait pas tout, que je n’ai pas à porter ce poids sur mes épaules. Mais j’ai parfois du mal à me raisonner, surtout quand je vois mes filles souffrir d’un manque d’écoute ou de discernement. Les gens ont parfois tendance à minimiser leurs soucis parce qu’ils estiment que ma notoriété les protège. Si elles vivent quelque chose de positif, elles n’ont aucun mérite… Bref, ce n’est jamais bon. Je les trouve très fortes. Je les admire. Et c’est difficile de passer au-dessus de ça, de se construire une identité propre. Pourtant, je n’ai pas un ego démesuré.

On peut même dire que vous êtes d’une simplicité désarmante. Pas de caprices, pas de passe-droits sur le terrain… On se demande si ce n’est pas aussi votre faculté à vous adapter à tout qui vous permet de vivre un amour au long cours avec votre mari Filip.
Il y a de ça. À chaque fois que l’autre a eu envie de prendre un nouveau chemin, on a réussi à passer le tunnel pour le rendre commun. Il faut faire confiance et oser prendre des risques en couple. Mais il faut de la patience pour les épreuves, les épines, les ronces, l’amour… Filip joue un rôle immense dans ma vie. C’est un phare. Mais notre tandem ne veut pas dire que j’oublie mon entité. Je reste indépendante et je me refuse à penser que tout est acquis. Lui aussi, d’ailleurs. On sait que ce qu’on apprécie d’avoir aujourd’hui peut disparaître demain. Pour quelque raison que ce soit. On est toujours seuls, même si on est deux. Cela aide à rester debout de penser comme ça. Si l’autre disparaît, on doit pouvoir continuer à vivre.

« Filip joue un rôle immense dans ma vie. C’est un phare »

La mort vous fait-elle peur ?
Oui. J’ai été confrontée à sa cruauté avec le départ de mon père. Se dire qu’il a eu une belle vie console un peu, mais cela ne comble pas le manque et cela ne permet pas de le faire revenir. La mort d’un proche, c’est comme un toit qui s’envole, comme des fondations qui perdent leur stabilité. C’est très dur, même s’il reste les murs… Et puis, il y a toujours des choses qu’on n’a pas pu dire, pas su faire. On pense qu’on aurait dû être encore plus présent – bien que j’aie toujours fait des efforts pour ça, même quand mon planning était inhumain –, mais on ne peut rien y changer. Il faut trouver une sorte de paix, accepter la finitude de nos vies. Quand j’avais 20 ans, je ne comprenais pas la quête de l’immortalité, je trouvais ça bien de vieillir.

Et aujourd’hui, vous le pensez encore ?
Oui, mais la société individualiste dans laquelle on vit est tellement anxieuse que tout ce qui a des rides et des cheveux blancs est mal perçu. Je trouve le culte de la jeunesse insensé. Même les jeunes sont stressés ! Ils n’ont plus le temps d’être insouciants. Pour moi, la beauté n’est pas dans la perfection, même si je comprends les hommes et les femmes qui ont envie de recourir à la chirurgie esthétique. Je ne dis pas que je n’ai jamais rien fait ou que je ne vais jamais rien faire… Chacun fait comme il veut. Arrêtons de juger. Et je m’inclus dans cette requête. Au début, j’étais sceptique sur la nouvelle apparence de Madonna, et puis j’ai compris son message. Elle dit que tout est possible. Si elle s’éclate à porter des couettes à 60 ans et qu’elle ne fait de tort à personne, où est le problème ?

Mais est-ce qu’Axelle Red a le droit de vieillir aux yeux du public ?
(Silence) J’estime que oui. Je rencontre beaucoup de personnes qui me parlent de transgénération, car ils sont inspirés par mes chansons, mes messages. Du coup, je me dis qu’on a de la chance en tant qu’artiste d’être un peu immortel. Personnellement, cela ne me dérange pas de dire que je suis ménopausée, car je ne me sens pas moins femme. Au contraire. C’est juste une étape dans la vie. Il y a la puberté, la ménopause et, n’oublions pas, l’andropause. La société devrait se rendre compte que les personnes âgées ont encore un rôle à jouer et mieux les traiter. On donne tout aux premières années de la vie et on n’a que faire des dernières. Et le pire, c’est qu’on espère tous ne pas finir seul, en maison de repos. Mais que fait-on pour changer la donne ? Tant que ça n’arrive qu’aux autres, tout va bien ? L’être humain est bizarre dans ses contradictions.

 

Les larmes aux yeux dans un pays où les mines ont fait 12 200 victimes en trente ans. « Il y a des rencontres qui vous marquent plus que d’autres. Et Marta Quinter est de celles-là. C’est un phénix, un exemple de résilience. À l’âge de 14 ans, elle a failli sauter sur une mine. Aujourd’hui, elle est chef démineuse. Elle utilise son expérience pour aider les autres. Et elle le fait sans se poser en victime. Elle s’autorise à rire malgré les épreuves de la vie. » ©DR

Comment voyez-vous l’avenir ?
On parle de la génération qui va suivre, mais on n’est pas encore morts ! Je trouve ça dur d’entendre dire par les gens de ma propre génération qu’on a tout foutu en l’air pour les jeunes. Je suis désolée, mais je ne suis pas d’accord. La cause féministe n’aurait pas avancé s’il n’y avait pas eu des femmes qui travaillent en même temps qu’elles élèvent leurs enfants. Nous étions les premières à être aussi nombreuses à le faire, et à souffrir de burn-out parce qu’on ne savait pas encore comment partager la garde avec les papas… Même raisonnement pour la conscience écologique. Greta Thunberg ne serait pas là s’il n’y avait pas eu un Al Gore. Il est temps qu’on se félicite des jalons qu’on a posés, car ils sont importants.

Quelle est votre devise ?
Rien n’est impossible. Et rien n’est grave.

Pourquoi avez-vous les larmes aux yeux ?
Parce qu’avant d’oser sortir une phrase comme celle-ci, je l’ai mise à l’épreuve. Je m’invente toujours des histoires pour voir jusqu’à quel point ma réflexion est juste. Pour moi, la pire chose est d’oublier qu’on est libre. Regardez Anne Boleyn, qui dépend de la grâce du Roi qui n’arrive pas… Elle perd ses dernières secondes de vie à penser au bon vouloir de quelqu’un au lieu de se dire qu’elle peut être fière de ce qu’elle a accompli avant d’être décapitée. Si ça devait m’arriver, j’espère que je ne serais pas en position de supplier, mais plutôt de penser que j’avais raison.

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Vous êtes très cérébrale…
(Rires) Je réfléchis beaucoup. Aussi parce que je lis énormément sur le cerveau, les hormones… C’est ma passion. Je peux passer des heures sur internet à la recherche d’articles scientifiques. Mais je résiste au clic qui fait mal ou qui change mes algorithmes. Je préfère rester éloignée des questions comme « de quoi a-t-elle l’air maintenant ?», « avec qui est-elle en couple ? »

Sur Google, la première recherche vous concernant, c’est plutôt « que devenez-vous ? »
Disons que je suis heureuse. Aujourd’hui, je ne veux que m’amuser, d’où mon disque de reprises de chansons pour Noël. Je me fragilise beaucoup moins avec un projet qui n’implique pas de nouvelles chansons à moi, car je les considère toutes comme mes enfants. Ici, c’est du plaisir à 100 % avec de grands standards, même si c’est artistiquement ambitieux. Il y a des collaborations artistiques avec des amis comme Elvis Pompilio, Serge Leblon, Didier Vervaeren, Véronique Leroy et mes musiciens incroyables, mais aussi avec mes filles, que j’ai invitées à chanter sur deux titres. Je suis contente parce que j’ai dépassé ma peur de ce qu’on pourrait en penser. J’aspire à être libre, détachée, à rester inspirée, en semant du bon autour de moi et en gardant l’humour.

En pensant à l’Ukraine

« Celui qui tient cet instrument est un héros », explique Axelle Red, qui a visité une base d’entraînement de déminage à Chaparral. « Le détecteur sauve des vies, pas seulement parce qu’il évite à des gens de marcher sur une mine, mais parce que la terre sur laquelle il est passé est de nouveau cultivable. C’est doublement symbolique. »

L’ONG Handicap International célèbre ses quarante ans d’existence avec son ambassadrice. « Ici », reprend-elle, « les démineurs travaillent six semaines d’affilée avant d’avoir quinze jours de repos. Ils ratent les anniversaires, les fêtes de famille pour nettoyer ce que d’autres ont disséminé. Bien sûr, on peut se demander s’ils exerceraient ce travail sacrificiel s’ils en avaient trouvé un autre bien payé. Mais ceux que j’ai rencontrés sont fiers d’être là. C’est une génération qui veut reconstruire la société. Et cela fait du bien quand on sait ce qui se passe en Ukraine. Aujourd’hui, on doit continuer à œuvrer dans tous les sens pour changer les mentalités. Il faut rompre le cercle vicieux de l’histoire. »

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