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Retrouvé pendu, Chester Bennington avait connu une vie tourmentée

Chester Bennington, en concert à Shanghai (Chine), le 22 juillet 2015 | © ChinaFotoPress/MAXPPP

People et royauté

Chester Bennington a été retrouvé mort ce jeudi chez lui. Le leader du groupe Linkin Park, qui s’est pendu, avait connu une vie tourmentée. Il avait récemment été profondément marqué par la mort de son ami Chris Cornell.

D’après un article de PARIS MATCH FRANCE de Clémentine Rebillat et La Rédaction

Le chanteur du groupe de métal Linkin Park, Chester Bennington, s’est bien suicidé par pendaison, a confirmé ce vendredi 21 juillet à l’AFP un porte-parole de l’institut médico-légal du comté de Los Angeles. Un employé l’a découvert pendu par une ceinture à la porte de sa chambre, à son domicile de Palos Verdes Estates, au sud-ouest de Los Angeles, a précisé le porte-parole.

Une bouteille d’alcool à moitié vide se trouvait dans la chambre du chanteur, qui n’a pas laissé de mot pour expliquer son geste, a-t-on appris de même source. Une autopsie doit être pratiquée ultérieurement, a indiqué le porte-parole.

Le jour de l’anniversaire de son ami Chris Cornell

Le décès de Chester Bennington est intervenu le jour de l’anniversaire de son grand ami Chris Cornell, âme du groupe grunge Soundgarden, qui s’était lui-même pendu mi-mai après un concert à Detroit.

Le leader de Linkin Park, qui avait effectué une tournée avec Chris Cornell, avait repris la chanson de Leonard Cohen « Hallelujah » lors des funérailles de son ami. « Ta voix était joie, douleur, colère et pardon, amour et déchirement, réunis en un », avait écrit Chester Bennington dans une lettre ouverte à son complice.

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« J’imagine que c’est ce que nous sommes tous », avait-il ajouté. « Tu m’as aidé à comprendre ça. » Après l’annonce du décès de Chester Bennington, une pétition a été lancée pour inciter la ville de Santa Monica à rebaptiser Lincoln Park, le parc qui a inspiré le nom du groupe, Linkin Park. Ce vendredi en fin d’après midi, elle était proche de l’objectif initiale de 5 000 signatures.

Les hommages se sont multipliés depuis que le décès a été rendu public. « Tu nous as montré inlassablement ce que c’était que d’être un incroyable être humain », ont écrit les membres du groupe Stone Temple Pilots, dont Chester Bennington fut brièvement le chanteur.

AFP PHOTO / Maxim ZMEYEV

Destin tragique et tourmenté

« Je n’aime pas mon état d’esprit en ce moment. J’empile des problèmes inutiles. J’aimerais pouvoir ralentir les choses. Et je deviens fou. (…) Je continue à traîner ce qui m’épuise, si je laisse tomber, je serais libéré », chantait Chester Bennington dans l’un de ses derniers titres, « Heavy ». Des paroles fortes évoquant la dépression dont souffrait depuis des années le charismatique leader de Linkin Park et qui lui a finalement été fatale.

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Depuis la mort de son ami de toujours, Chester Bennington n’avait pas réussi à oublier sa peine. Lui qui avait chanté aux obsèques de son ami le titre « Hallelujah » avait écrit une longue lettre dans laquelle il expliquait ne pouvoir imaginer sa vie sans lui. « Lorsque l’on a appris la mort de Chris Cornell, on a voulu jouer une chanson en son honneur lors d’une émission de télévision, mais Chester n’a pas réussi à aller jusqu’à la fin. Il pleurait, les fans pleuraient »avait à l’époque raconté à la radio Mike Shinoda, co-créateur de Linkin Park.

« J’ai détesté la vie »

Dès ses premières chansons, Chester Bennington avait partagé avec le public ses tourments et ses peines, se servant de ses addictions à l’alcool et à la drogue comme de sources d’inspirations. À « Noisecreep » en 2009, il avait expliqué que le titre « Crawling » parlait de la sensation qu’il avait de ne « plus rien contrôler ». Puis en 2011, dans une interview à « Kerrang », il avait raconté avoir depuis son plus jeune âge dû se battre contre ses démons, confiant alors avoir été abusé sexuellement à l’âge de 7 ans par un ami de la famille.

« Si je réfléchis à quand j’étais vraiment jeune, à quand j’étais molesté, à l’époque où toutes ces horribles choses se passaient autour de moi, je frémis », avait-il déclaré. Il avait ajouté en 2015 n’avoir jamais réellement été heureux, indiquant un temps avoir « détesté la vie ». « Je me disais que je ne voulais plus rien ressentir, que je voulais être un sociopathe, que je ne voulais plus rien faire. Je ne voulais plus m’inquiéter pour les gens autour de moi. Je ne voulais plus avoir de sentiments », avait-il commenté.

Addictions précoces

C’est à l’âge de 13 ans que Chester Bennington, originaire de Phoenix, dans l’Arizona, était tombé dans les drogues et l’alcool. « J’étais plus confiant quand j’étais bourré ou stone. J’avais la sensation d’avoir le contrôle sur mon environnement quand j’étais sous hallucinogènes ou alcoolisé », avait-il souligné un jour. Mais il avait également à plusieurs reprises affirmé qu’il faisait tout pour rester sobre, parce que cela « n’a rien de cool d’être alcoolique » : « Ce n’est pas cool d’être un con et de boire. C’est cool de s’en sortir. C’est qui je suis, c’est ce sur quoi j’écris, ce que je fais, et la majorité de mon travail a été une réflexion sur tout ce que j’endure, d’une façon ou d’une autre ».

En 2015, Chester Bennington, après s’être cassé la jambe, était retombé dans la dépression. « C’est plus qu’une jambe cassée. C’est une vie cassée », avait alors commenté, comme une prémonition, Mike Shinoda. Dans la chanson « My Suffering », sortie dans le cadre d’un projet avec son autre groupe Dead by Sunrise, Chester Bennington disait savoir que « sa fin heureuse n’existe que dans (ses) rêves ».

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