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Les 21 ans de la future reine : « Élisabeth, une jeune femme d’exception »

Pont-l’Évêque, le 3 septembre dernier. L’image est si symbolique qu’on pourrait croire à une mise en scène du photographe : le tumulte autour et Elisabeth au centre, sereine et heureuse. | © Photonews

People et royauté

Elle a eu 21 ans depuis ce 25 octobre. Ce qui était auparavant l’âge légal de la majorité n’est plus qu’une étape dans la vie. Mais pour elle, c’est une marche supplémentaire vers un destin exceptionnel. Télévision, presse, réseaux sociaux : il ne se passe quasiment pas une semaine sans que les médias ne parlent d’elle.

 

Par Christian Marchand

« Heureusement qu’elle étudie à Oxford », nous explique un proche. « Même si elle mène une vie tranquille, elle ne quitterait plus le viseur de l’opinion publique. » Qu’y a-t-il devant elle ? Seulement une vie différente des femmes de son âge ?

Est-elle dans une bulle ? Ne craint-elle pas la pression de la vie qui vient ? Comment, à 21 ans, apprend-elle à devenir reine sans souffrir des obligations de sa mission ? Les questions fusent et, pourtant, elles semblent s’évaporer dès qu’on s’approche d’elle : elle rayonne et, même si le terme risque de heurter, « elle semble s’amuser », nous dit un proche. « Élisabeth a foi en son destin. Elle a le sens des responsabilités, de son devoir. Mais sa jeunesse et son charme lui offrent un atout tout particulier : la légèreté dans le sérieux. »

 

Bruxelles, 28 octobre 2001. La première image de la princesse Élisabeth à la maternité de l’hôpital Erasme, où elle est née trois jours plus tôt. © SFI/PHOTO NEWS

L’héritière de la couronne a bénéficié du meilleur apprentissage possible. Le roi Philippe et la reine Mathilde ont pris les bonnes décisions. Lorsqu’elle est née, Élisabeth aurait pu souffrir du poids de l’héritage royal. Ils n’ont pas voulu trop l’exposer. Tout est venu petit à petit. Les conseillers y ont ajouté leur professionnalisme, par exemple dans le choix de poursuivre une scolarité en dehors de la Belgique. « Quand vous êtes premier ou première dans l’ordre de succession et que vous étudiez à l’étranger, vous gagnez en liberté », nous expliquait jadis Vincent Dujardin, professeur d’histoire contemporaine à l’UCL et spécialiste des monarchies.

« Il y a moins de pression, c’est plus facile pour être soi-même, pour vivre une jeunesse la plus normale possible. Le roi Philippe a lui-même rappelé que lors de ses études à Stanford, aux États-Unis, il a éprouvé un sentiment de liberté personnelle, et expliqué que la confiance que les professeurs avaient mise en lui lui avait donné des ailes. (…) On a l’impression qu’Élisabeth, en baignant dans des milieux variés et ouverts, reçoit la formation la plus normale possible. Au pays de Galles, l’école n’était certes pas de type “populaire”, mais ce n’était pas Eton non plus. Et passer une année à l’ERM, avec tout ce que cela implique, c’est aussi vivre au cœur de la réalité sociale belge actuelle. On a donc plus l’impression d’une éducation ouverte sur le monde que dans une bulle. »

À l’époque, Vincent Dujardin fut même visionnaire : « Il ne serait pas surprenant que la princesse poursuive un cursus universitaire dans un pays anglo-saxon », nous avait-il dit, « car parler parfaitement l’anglais est capital pour une future reine des Belges, et cette ouverture à l’international l’est tout autant. » C’était effectivement bien vu : la future reine s’épanouit actuellement en deuxi-ème année à Oxford. Elle est en classe d’histoire et politique au Lincoln College de cette prestigieuse université.

 

Bruxelles, 26 décembre 2012. À l’occasion des fêtes de fin d’année, la future reine des Belges (11 ans) apparaît dans toute sa juvénile beauté. À travers la pose, on devine son caractère. Elle semble déjà avoir tout compris. © kanselarij van de Eerste Minister

Jusqu’ici, Élisabeth réalise un parcours parfait. Elle a toujours le bon geste, on le constate dans chacune de ses activités. « Une prison dorée ? C’est une jeune femme très intelligente », nous explique un proche qui la connaît bien. « Elle a une faculté d’apprentissage inégalée. Elle semble s’intéresser à tout. Elle aime son rôle, si lourd soit-il. Elle semble ne pas ressentir ce souci de la destinée obligée. Même lors des reportages réalisés durant son camp militaire, elle avait quelque chose de scintillant dans les yeux. Elle semble jouer avec l’image. C’est comme si elle avait tout compris : elle a découvert comment parler aux gens. »

Cet été aura également été l’occasion d’une délicate mise en avant. Le 30 juin dernier, elle a brillé à l’Université catholique de Louvain pour y inaugurer un laboratoire d’impression 3D. Cette nouvelle installation de recherche ultramoderne a été nommée en son honneur « Princess Elisabeth Additive Manufacturing Lab ».

« L’impression 3D est une technologie fascinante qui se prête bien à l’éveil des jeunes aux sciences et aux technologies. Ces sujets plaisent aussi à la princesse Élisabeth, et c’est pourquoi elle veut s’engager comme ambassadrice de notre laboratoire », avait confié au préalable l’université. À son arrivée sur place, la duchesse de Brabant s’affichait dans un pantalon blanc associé à une très élégante veste à damiers blancs et or, signée Emporio Armani. Ses cheveux tirés en une queue de cheval haute, la jeune femme de 20 ans s’était parée d’originales boucles d’oreilles en forme de poisson. L’image a fait le tour du monde.

Cette apparition très stylée faisait suite à son déplacement, le 25 juin, à Gand. Elle était allée y baptiser le navire de recherche océanographique Belgica. Celui-ci est destiné à jouer un rôle clé dans la recherche marine belge et européenne au cours des prochaines décennies.

Également très chic dans une robe blazer sans manches de la griffe britannique Reiss et coiffée d’un bibi du même rose que sa pochette, la princesse a brillé. C’était la première activité officielle qu’elle assurait seule, sans l’un ou l’autre de ses parents. Il y eut enfin ce très médiatique hommage rendu à la reine Elizabeth II d’Angleterre. Au nom de la famille royale, Élisabeth a eu la responsabilité de signer le livre de condoléances déposé à la résidence de l’ambassadeur du pays. Une façon aussi d’attirer en Belgique le regard des médias étrangers.

 

©DR

C’est dans la langue de Shakespeare que l’étudiante de l’Université d’Oxford a écrit avec tact, respect et émotion : « Sa Majesté la reine Elizabeth II a été un modèle et une source d’inspiration pour nombre d’entre nous, quels que soient les âges. Je me joins aux millions de personnes dans le monde entier qui font le deuil d’une personnalité extraordinaire, dont l’exemplarité a eu un impact profond sur les jeunes générations. Que son âme repose en paix. » Le Palais a partagé quelques photos de cette journée particulière sur le compte Instagram officiel de la famille royale. Le lendemain, tout le monde évoquait le geste d’Élisabeth.

Elle est ainsi, guidée par ses parents et des conseillers qui n’ignorent pas les difficultés. Le monde a changé, les monarchies ne sont plus toujours bien vues. Il est certain aussi que l’avenir politique de la Belgique risque d’être une terre de dangers. « Chaque chose en son temps », nous dit-on. « Avec Élisabeth, notre pays dispose d’une forte personnalité en devenir. »

Sur un site web de prénoms, on peut lire : « Sentimentales, douces, affectueuses, les Élisabeth sont des séductrices innocentes. Travailleuses, elles vont toujours au bout de ce qu’elles entreprennent. Accueillantes, d’esprit très ouvert, ce sont des optimistes qui voient le bon côté des choses. Elles sont attentives aux autres. Ce sont d’excellentes confidentes, mais elles sont pudiques et n’extériorisent pas leurs sentiments. »

SON STYLE, C’EST LE SENS DU DEVOIR

 

Le 30 juin, l’inauguration d’un laboratoire d’impression 3D à la KUL, l’Université catholique de Louvain. ©Photonews

Les dernières années de l’insouciance ? « Plutôt la force d’une jeune femme qui prend son métier à cœur, qui voit sa mission avec une maturité supérieure, qui a le sens des responsabilités », répondent ceux qui se penchent sur le destin d’Élisabeth. « Son style, c’est le sens du devoir », explique un spécialiste américain des têtes couronnées. « Elle y ajoute le glamour parce qu’elle est faite pour cela, comme Grace Kelly jadis, dans un autre temps. C’est très rare. »

ELLE NE SE BAT PAS CONTRE SON DESTIN

« Regardez sa première photo, à sa naissance : elle semble déjà sourire à l’objectif », explique un professionnel de la communication. « Onze ans après (photo de droite), on a l’impression d’être en pleine opération de charme. On ne marche pas contre son destin. Élisabeth est faite pour cela. » Tous ceux que nous avons interrogé le confirment : la future reine a quelque chose que les autres n’ont pas. Dont l’art d’apprivoiser la caméra, un formidable appel pour les médias.

« Ce qui arrive aujourd’hui – ce qui arrive en réalité depuis la performance médiatique de la fête de ses 18 ans, où elle s’est révélée en tant que femme, à la fois intelligente et glamour – n’est pas un hasard : l’intérêt, la curiosité, l’enthousiasme qu’elle déclenche sont le résultat d’une personnalité d’exception, qui appartient à ceux et celles qui font les grands destins. La Belgique peut être rassurée d’avoir comme future reine une jeune femme de cette qualité. »

 

Le 12 septembre, à la résidence de l’ambassadeur du Royaume-Uni à Bruxelles, elle écrit quelques mots en hommage à la reine Elizabeth II qui vient de décéder. ©DR

 

 

 

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