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Exécution d’un Irano-Britannique : L’odieuse justification qui implique le prince Harry

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Prince Harry. | © © BELGA.

People et royauté

Le ministère des Affaires étrangères iranien a commenté sur Twitter la récente exécution du Irano-Britannique Alireza Akbari, en citant la famille royale britannique et le prince Harry.

D’après un article Paris Match France de Marine Corviole

L’Iran a annoncé samedi l’exécution du Irano-Britannique Alireza Akbari, condamné à mort pour espionnage pour le compte des services de renseignements britanniques. Ancien haut responsable au ministère de la Défense iranien, l’homme de 61 ans a été pendu après avoir été condamné à la peine capitale pour «corruption sur Terre et atteinte à la sécurité intérieure et extérieure du pays pour avoir transmis des renseignements» au Royaume-Uni, selon l’agence de l’Autorité judiciaire Mizan Online.

Sur Twitter, mardi 17 janvier, le ministère des Affaires étrangères iranien a commenté cette exécution en écrivant : «L’empiètement de la Grande-Bretagne sur la sécurité nationale de la République islamique d’Iran a rencontré une réponse décisive de la part des services de renseignement et de la justice iraniens.» Il a ensuite directement lié cette «réponse décisive» à la famille royale, plus particulièrement aux récentes révélations du prince Harry dans ses mémoires.

«Le régime britannique, dont un membre de la famille royale considère le meurtre de 25 personnes innocentes comme le retrait de pièces d’échecs et n’a aucun regret à ce sujet, et ceux qui ferment les yeux sur ce crime de guerre ne sont pas en mesure de prêcher sur les droits humains», a écrit le ministère sur le réseau social. L’Iran fait ainsi référence aux vingt-cinq Talibans que le prince Harry dit avoir tué alors qu’il était mobilisé en Afghanistan, dans son livre Le Suppléant (éditions Fayard), publié le 10 janvier dernier. Affirmation qui n’a pas manqué de provoquer de vives réactions, tant du côté taliban que du côté des anciens combattants britanniques.

A la télévision américaine, le duc de Sussex s’est depuis défendu : «Si j’entendais quelqu’un se vanter de ce genre de choses, je serais en colère (…). J’espère que maintenant que le livre est sorti, les gens pourront voir le contexte», le prince Harry a-t-il répondu dans le Late Show de Stephen Colbert.

Une condamnation « impitoyable et lâche »

Il y a trois jours Mizan Online avait annoncé la condamnation à mort de Alireza Akbari présenté par l’agence iranienne comme ayant été un « espion clé » pour le « Secret intelligence service » britannique (SIS), connu aussi comme MI6. Le Royaume-Uni, comme les Etats-Unis, avaient exhorté l’Iran à ne pas procéder à l’exécution de cet Irano-Britannique, qui était détenu depuis plus de deux ans.

Ancien combattant de la guerre Iran-Irak (1980-1988), Alireza Akbari a été notamment vice-ministre de la Défense pour les Affaires étrangères, chef d’une unité dans un centre de recherche ministériel et conseiller pour le commandant de la Marine, selon l’agence officielle Irna. Il a été arrêté entre mars 2019 et mars 2020, d’après Irna. Mizan Online l’a accusé d’avoir reçu des paiements de plus de deux millions de dollars pour ses services.

Dans un tweet, le Premier ministre britannique, Rishi Sunak a dénoncé une condamnation « impitoyable et lâche ». Son chef de la diplomatie James Cleverly a indiqué que Londres allait convoquer le chargé d’affaires iranien et que cet « acte barbare » ne restera « pas sans réponse ». Il a ensuite annoncé des sanctions contre le procureur général d’Iran, Mohammad Jafar Montazeri. « L’exécution d’Alireza Akbari est un acte odieux et barbare (…) », a tweeté de son côté le président français Emmanuel Macron.

L’Iran annonce régulièrement l’arrestation de personnes présentées comme travaillant pour des services de renseignements étrangers. Quatre Iraniens accusés de coopérer avec les services de renseignement israéliens ont été exécutés début décembre.

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