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Pourquoi cette fois le prince Laurent est allé trop loin

Cette fois, trop is te veel | © BELGA PHOTO KURT DESPLENTER

People et royauté

Il a lui-même posté la photo sur les réseaux sociaux. Une manière de narguer le Premier ministre belge. Une manière pour le prince Laurent de Belgique de montrer qu’il n’en a que faire de l’avertissement –le dernier- de Charles Michel.

Après un nouvel esclandre du petit frère du roi Philippe en début d’année, le chef du gouvernement l’avait rappelé à l’ordre lors d’une entrevue le 16 janvier 2017. Et l’avait menacé de le priver de sa dotation d’Etat de 308 000 euros, alloués chaque année par le budget fédéral pour ses missions de représentations du pays, s’il ne se conformait pas aux règles établies. Soit respecter le « devoir de réserve » auquel les membres de la famille royale sont tenus en public et ne pas s’entretenir avec les autorités d’un pays étranger sans une autorisation. Celle-ci doit lui être donnée par le ministre des Affaires étrangères, fonction actuellement occupé par Didier Reynders.

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En octobre 2016, le benjamin de l’ancien roi Albert II et de l’ancienne reine Paola avait déjà rencontré de son propre chef le Premier ministre du Sri Lanka. Cette fois, c’est de la Chine dont il est question. « Tout est parti d’un «post» assorti d’une photo déposé le 29 juillet par le prince Laurent sur son Twitter. Il nous apprenait qu’il avait assisté, dix jours plus tôt, à la commémoration du 90e anniversaire de l’armée chinoise. Ni Didier Reynders ni Charles Michel n’étaient au courant. Cela va coûter cher au frère du Roi, qui risque de perdre une partie de sa dotation », peut-on lire ce mardi 8 août dans un article publié sur Sudinfo.be.

Le roi Philippe a « lâché » son petit frère

Effectivement, le Premier ministre belge n’a pas du tout aimé voir Laurent, en uniforme de surcroît, lors de cette manifestation officielle qui se tenait à l’ambassade de Chine à Bruxelles et pour laquelle il avait, dit-il, répondu à « une invitation personnelle ». Grand frère de l’intéressé, le souverain n’a pas davantage apprécié. SudInfo.be signale: « Au Palais royal, on souligne que c’est en concertation avec le Roi que Charles Michel a pris la décision de demander une sanction. C’est en tant que « chef de famille » que le Roi a été consulté, comme il se doit ». Et Philippe l’ayant « lâché », il semble bien, comme l’indique le media belge, que pour Laurent «la récréation» soit finie.

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Dans un article paru la veille, le même média précise que le Premier ministre Charles Michel « entend infliger une « sanction proportionnelle » à l’égard du prince Laurent ». Aussi va-t-il entamer une procédure afin de réduire le montant de sa dotation. Pas suffisant pour certains partis politiques de Belgique. Selon la presse flamande, la N-VA (Nieuw-Vlaamse Alliantie – Alliance néo-flamande), l’Open Vld (Open Vlaamse Liberalen en Democraten – Libéraux et démocrates flamands) et  les Jeunes CD&V (Christen-Democratisch en Vlaams – Chrétiens-démocrates et flamands) demandent quant à eux le retrait définitif de cette dotation.

Laurent voulait aller parler devant la communauté turque

« Concrètement, Monsieur Michel entendra Laurent en septembre, lui laissant l’opportunité de se défendre. Ensuite, une sanction sera prise par le gouvernement sous la forme d’une retenue sur sa dotation (donc pas une réduction définitive) ou via le paiement d’une pénalité », explique pour sa part le quotidien La Dernière heure. Espérons que, d’ici là, le trublion de la famille royale belge se tienne tranquille! Un autre incident du même type avait déjà failli avoir lieu il y a quelques semaines, ainsi que le rappelle Le Soir : « Laurent avait en effet accepté une invitation émanant des partisans du président Erdogan d’aller parler devant la communauté turque. Mais le gouvernement l’a appris et a pu l’empêcher. Laurent n’y est donc pas allé… »

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