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Benoît Magimel : « quand il craque, il se drogue chez lui, souvent seul et dans l’angoisse »

Benoit Magimel lors du Festival d'Angoulême 2017. | © Yohan BONNET / AFP

People et royauté

L’acteur Benoît Magimel a été condamné ce mardi à trois mois d’emprisonnement avec sursis pour « tentative d’acquisition » de stupéfiants et consommation d’héroïne et de cocaïne. 

Le comédien Benoît Magimel, interpellé à Paris dans la nuit de dimanche à lundi, a été condamné ce mardi 19 septembre à trois mois d’emprisonnement avec sursis pour « tentative d’acquisition » de stupéfiants et consommation d’héroïne et de cocaïne.

Cette peine a été prononcée par le tribunal correctionnel de Paris dans le cadre d’une procédure de comparution sur reconnaissance préalable de culpabilité (CRPC), une procédure simplifiée, dite de « plaider coupable ».

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Le comédien de 43 ans avait été présenté mardi matin à un magistrat du parquet qui a proposé cette peine, ensuite homologuée dans l’après-midi par le tribunal lors d’une courte audience publique. Ces trois mois d’emprisonnement avec sursis sont assortis d’une mise à l’épreuve de 18 mois avec obligation de soins: si l’acteur ne justifie pas de ces soins, son sursis peut être révoqué.

Il a reconnu consommer de la cocaïne et de l’héroïne depuis avril 2016

Visiblement épuisé, Benoît Magimel, mèches blondes et combinaison de jogging à capuche, a reconnu consommer de la cocaïne et de l’héroïne depuis avril 2016, tout en disant avoir commencé à prendre de l’héroïne vers l’âge de trente ans. Il a assuré avoir consommé de la drogue pour la dernière fois « il y a un mois ».

C’est une lutte de tous les jours, il consulte, il est sous traitement, il essaie vraiment d’arrêter.

L’acteur a reconnu avoir contacté un dealer pour se procurer, dans la nuit de dimanche à lundi, de la cocaïne contre 200 euros. Transaction interrompue lorsqu’il a été interpellé au volant de sa voiture, l’homme à ses côtés, à contre-sens dans une rue à sens unique.

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Dans la voiture, les policiers de la brigade anti-criminalité du 4e arrondissement de Paris avaient découvert un pochon de poudre, qui s’est avérée être un mélange contenant notamment de l’héroïne. Le deuxième homme a également été interpellé. Les tests salivaires pratiqués sur l’acteur se sont révélés négatifs à la cocaïne ou au cannabis, a rappelé le juge. En revanche, ses urines étaient positives aux opiacés – ce qui peut correspondre à un traitement médical qu’il suit, selon sa défense.

Descente aux enfers

Benoît Magimel « est en souffrance », a déclaré son avocat, Me Pascal Garbarini. « C’est une lutte de tous les jours, il consulte, il est sous traitement, il essaie vraiment d’arrêter ». « Quand il craque », l’acteur se drogue « chez lui, souvent seul, dans l’angoisse », a ajouté l’avocat. « La peur de la prison existe. Et surtout, c’est de voir dans l’état où il se met qui le chagrine ».

En juin, l’acteur avait été condamné en appel à 5 000 euros d’amende pour avoir renversé une piétonne l’an dernier à Paris et à 1 200 euros d’amende pour conduite sous l’emprise de stupéfiants en 2014, des peines plus lourdes qu’en première instance. À l’audience, il avait évoqué sa consommation de drogue.

Révélé à l’âge de 13 ans dans le film culte « La vie est un long fleuve tranquille » (1988), Benoît Magimel a remporté le Prix d’interprétation masculine au Festival de Cannes 2001 pour son rôle dans « La pianiste » de Michael Haneke. Il a obtenu en 2016 le César du meilleur acteur dans un second rôle pour « La Tête haute » d’Emmanuelle Bercot.

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