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Pourquoi Guillaume Canet se met en danger

Guillaume Canet. | © Hélène Pambrune/Paris Match

People et royauté

Depuis Rock’n’Roll, l’acteur ne cesse de briser son image d’homme trop sage, comme dans Mon garçon, de Christian Carion, joué en totale improvisation. Explications.

Sa tonte, il l’a filmée lui-même sur son compte Instagram le 30 juillet dernier. Avec, en prime, un « Comme t’es beau !!! » envoyé en commentaire par Marion Cotillard. Dernier épisode en date de la métamorphose de Guillaume Canet qui, plus que jamais, a décidé de prendre des risques. Après Rock’n’ Roll, comédie culottée où il croquait son quotidien avec sa compagne, on l’a vu, ces derniers jours, en blond platine pour le film de Cédric Anger L’amour est une fête, qu’il vient de terminer. Puis en maillot de bain pas foncièrement sexy sur les premières images du film Le grand bain, de son pote Gilles Lellouche. Sa réputation de gendre idéal marié à une actrice célèbre, d’acteur en contrôle perpétuel, Guillaume Canet la jette aux orties avec un plaisir presque non dissimulé. « Je suis arrivé à un point dans ma vie où j’ai envie d’expérimenter des choses nouvelles, confesse-t-il. Il y a des rôles que j’attendais depuis longtemps et qui arrivent enfin. ‘Mon garçon’ en fait partie car il sort des sentiers battus ».

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Lui qui a la réputation de vouloir tout maîtriser s’est laissé séduire par ce projet de Christian Carion : un film tourné en quelques jours, quasiment en direct, sans rien savoir de ce qu’il allait tourner. « Christian m’a donné une feuille présentant mon personnage et m’a donné rendez-vous dans un train à la gare de Lyon, se souvient l’acteur. Les caméras ont commencé à tourner à ce moment-là. J’ai découvert le film au fur et à mesure des scènes, et j’ai compris que mon personnage était un homme qui allait devenir réellement père en recherchant son fils disparu ». Six jours où il découvre l’intrigue, improvise ses dialogues face à ses partenaires, Mélanie Laurent et Olivier de Benoist. Jusqu’à parfois se perdre. « Si je partais dans une direction inattendue, Christian modifiait l’histoire en fonction. C’était surréaliste pour moi. Il y a notamment une scène où je ne voyais que la violence comme réaction possible. Mais en même temps, pour un acteur, c’est un rêve de gosse… » À l’écran, le comédien prouve qu’il peut être un adepte du tout-terrain. Comme on avait déjà pu le constater dans La prochaine fois je viserai le cœur en 2014, où il campait le gendarme Alain Lamare alias le tueur de l’Oise, un serial killer d’une froideur terrifiante, rôle qui lui a valu une nomination pour le César du meilleur acteur. Une étape dans sa mue vers le lâcher-prise.

« J’ai arrêté de me poser trop de questions »

Il y a quatre ans, pourtant, Guillaume Canet sortait d’une grosse période de doute, après son film Blood Ties, de sa présentation tumultueuse à Cannes et de son échec en salle. Un film que ce fou de cinéma américain avait porté pendant des années. À cette époque, il rumine son échec face à cette profession du cinéma français qui ne lui fait pas de cadeau. Il souffre aussi de l’exposition de sa vie personnelle et du « bashing » de Marion Cotillard sur les réseaux sociaux. En résulte une période compliquée, « presque de dépression », précise-t-il. D’où une nécessaire remise des compteurs à zéro. « J’avais déjà connu cela après La plage et la sortie difficile de Vidocq. Moi qui avais toujours désiré être metteur en scène, j’étais alors un acteur en dilettante. Mon premier film, Mon idole, avait été écrit en réaction à cela, un film sur les affres de la notoriété et de la réussite ».

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Mais les temps ont changé. « Je ne voulais pas revivre cela. Je ne sais pas si c’est la maturité ou le fait d’avoir des enfants, mais j’ai arrêté de me poser trop de questions ». Et de ruer dans les brancards avec son cinquième long-métrage, Rock’n’roll. « C’est presque mon second premier film. J’y ai retrouvé la motivation que j’avais pour ‘Mon idole’. Je savais que j’allais sur un terrain risqué, mais je m’en fichais complètement. J’ai 44 ans, des cheveux blancs, et j’assume. J’ai forcé le trait, j’ai été jusqu’au bout de mon délire ». Et Canet de faire la promo du film avec sa femme sur les réseaux sociaux, comme un ultime pied de nez à ce qu’ils ont eux-mêmes vécu. « Aujourd’hui, continue-t-il, certains ne vivent plus que comme cela. Cette tendance à voir sa vie en miroir sur les réseaux sociaux, à promouvoir une normalité – il faut être beau, musclé et, surtout, ne jamais vieillir – me terrifie ».

Désormais, Guillaume Canet semble mieux se sentir dans le cinéma français et prend le plaisir là où il est, surtout quand des copains lui proposent de collaborer avec eux. Pourtant, désormais, il dit vouloir travailler davantage en solitaire. Quand on lui demande quand il tournera la suite de son gros succès de 2010, Les petits mouchoirs, il ne veut rien lâcher : « J’ai une idée, dit-il, mais je dois encore travailler. Je n’ai pas droit à l’erreur. Si je fais une suite, elle devra être à la hauteur du premier… » En revanche, c’est un autre projet, en tant que réalisateur, qui le porte actuellement : un « petit » film qui se déroulera sur une seule nuit à Paris ; « l’histoire d’un homme à qui des gens ne veulent pas du bien. Mais qui ne sont pas tombés sur la bonne personne », révèle-t-il. Presque un autoportrait !

Mon garçon, en salle actuellement.

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