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Henri Giscard d’Estaing, de l’Élysée au Club Méditerranée

Henri Giscard d'Estaing, Président du Club Med | © DR

People et royauté

D’une certaine manière, Henri Giscard d’Estaing a reçu la France en héritage. Sauf qu’au lieu de se diriger en politique comme son illustre père, il a choisi d’allier sa destinée à un emblème français à l’international, le Club Med, dont il est le président. 

Un président souriant, chaleureux, et proche de ses employés, qu’il s’agisse de ses collaborateurs proches ou des GO avec lesquels il échange avec plaisir. Des échanges troublants, tant, de la diction à l’allure en passant par le timbre de voix si caractéristique, Henri Giscard d’Estaing rappelle le 3e président de la Ve République. Sauf que là où le père a choisi de se consacrer tout entier à la France, le fils a préféré un chemin détourné, oeuvrant à son rayonnement à l’étranger. Un rayonnement assuré à coups de trident, celui du mythique Club Med qu’il a rejoint en 1997.

Le savoir-faire français à l’honneur

Entré au sein du groupe en tant que directeur général adjoint chargé des finances, du développement et des relations internationales; il gravit les échelons jusqu’à atteindre la présidence du Club Med, en 2005. Et en profiter dans la foulée pour faire le pari de repositionner le groupe vers le haut de gamme et d’en finir une fois pour toutes avec l’image des Bronzés. Si GO, danses du club et repas buffet sont toujours indissociables des Clubs; les activités proposées tiennent maintenant de la voltige aérienne ou du golf, tandis qu’au buffet, le tartare minute voisine avec les huîtres fraîches et le foie gras poêlé. Un pari osé, certes, mais payant, ainsi que l’explique Henri Giscard d’Estaing :

Ce choix n’a pas été facile, mais il était temps de le faire. Le public du Club Med a grandi, mûri, s’est enrichi aussi, et les fidèles des débuts nous ont suivi directement dans cette nouvelle direction. C’était important pour nous de garder nos valeurs et l’esprit qui fait la force du Club Med, mais en proposant une expérience plus haut de gamme.

L’occasion pour lui aussi de mettre en avant le savoir-faire français.

Les Bronzés s’embourgeoisent

« C’était primordial pour moi de pouvoir valoriser le savoir-faire français; du point de vue de la gastronomie bien sûr, mais aussi en ce qui concerne la décoration et les services. Ce qui ne veut pas dire pour autant que je voulais une entreprise uniquement tournée vers la France, que du contraire : nous sommes aujourd’hui présents dans 30 pays à travers le monde » se réjouit Henri Giscard d’Estaing. Avec 84% de villages estampillés 4 ou 5 tridents, et bientôt, l’ouverture du premier Club Med 5 tridents d’Europe au large de la Sicile. Bénéficiant d’un site exceptionnel, proche de la vieille ville de Cefalù tout en maintenant un panorama imprenable sur la Méditerranée, ce Club revu et corrigé tient plus du palace que de la colonie de vacances pour adultes immortalisée par Jean-Claude Dusse et sa bande.

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Club Med Sicile
Luxe, calme et volupté à Cefalù

Rien d’étonnant quand on sait que contrairement aux autres employés du Club, Henri Giscard d’Estaing n’a pas commencé sa carrière au sein du groupe par la case GO. Homme d’affaires passé par chez Evian et Danone, il a su apporter un regard différent, nécessaire pour revitaliser le Club Med après 40 ans de succès qui commençait à s’essouffler. Ce qui ne veut pas dire qu’il rechigne à s’imaginer revêtir le célèbre polo coloré. Avec quelques réserves tout de même :

Je n’aurais pas été très bon si on m’avait assigné à la cuisine. En tant que GO? j’aurais pu être un bon ambianceur, cela m’aurait plu de faire du café-théâtre. Après, si je dois appuyer sur mes forces, je suis plutôt un gestionnaire dans l’âme.

Et quel gestionnaire : sous son impulsion, le Club Med a vu son nombre annuel de clients atteindre le cap de 1 260 000, dont 995 000 clients dans des villages 4 et 5 tridents, le tout sur 4 continents.

HGE à ses débuts au Club Med – Belga / EPA PHOTO AFPI-DANIEL JANIN

Rien que le meilleur

La politique ? Celui qui a été un temps le plus jeune conseiller-général de France après son élection à 22 ans seulement préfère éviter le sujet. Mais se montre par contre intarissable sur sa politique au Club Med et les défis qu’il reste à affronter. L’obstacle principal ? « Avoir assez de talents pour accompagner notre développement accéléré. C’est important pour nous de recruter des gens qui incarnent l’esprit du Club et qui peuvent faire rire et rêver les clients. Pour ça, on ne recrute que les meilleurs ». Le meilleur, rien que le meilleur : une devise que le Club Med a fait sienne et qui lui va décidément à merveille.

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