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Diam’s : un retour engagé avec sa marque Mel by Mel

Diam's en juillet 2010. | © BELGA/EPA/SALVATORE DI NOLFI

People et royauté

Mélanie Georgiades a décidé de faire son retour avec une campagne participative pour créer un orphelinat en Afrique en lançant sa marque de papeterie Mel by Mel. Un combat salutaire.

 

Tout le monde se souvient de Diam’s, cette jeune femme qui a révolutionné le rap au début des années 2000, bien avant Orelsan, Nekfeu ou encore BigFlo et Oli. Elle a connu la gloire avant de décider, presque du jour au lendemain, de retourner dans l’ombre. En 2012, Diam’s a alors changé de vie. Elle s’est éloignée du rap, de la célébrité et des médias pour se consacrer à sa famille et à sa foi musulmane. Celle qu’on appelle désormais Mélanie Georgiades vit aujourd’hui dans une maison dans un petit village de la forêt de Rambouillet, dans les Yvelines. Elle ne chante plus, ne parcourt plus les scènes de France, mais continue ses combats, et reste une femme engagée dans des projets qui lui tiennent à cœur.

Une collection de papeterie Mel by Mel

C’est pour cela qu’elle lance une campagne participative au profit de l’association Big Up Project, une association qu’elle a fondée, et pour laquelle l’ancienne reine du rap propose de commercialiser de nombreux produits. Mélanie explique sur Twitter qu’une boutique en ligne ouvrira dès le mois de décembre alliant différents univers : que ce soit le prêt-à-porter, la décoration, mais aussi les poèmes et les pensées. La jeune femme précise : « Sur l’ensemble des ventes, une part sera toujours reversée à l’association Big Up Project ».

Une femme de cœur

Sur la page de sa campagne, Mélanie prend la parole et explique ce nouvel engagement. « Je n’ai jamais cessé d’écrire. D’ailleurs avant même Diam’s ce qui m’a toujours vraiment plu c’est de prendre la plume. Il m’arrive souvent de noter quelques rimes qui me viennent en tête… L’idée de toutes les compiler et d’en écrire de nouvelles dans un agenda me plaisait. C’est donc le premier produit de ma marque qui sera proposé », écrit-elle. Si cette campagne participative a pour but de récolter de l’argent – elle a déjà permis pour le moment de récolter 8 225 euros sur les 30 000 espérés -, Mélanie rappelle pourquoi il est nécessaire d’être solidaire avec elle dans ce combat. Après plusieurs voyages en Afrique, elle a été touchée par la misère et la détresse des enfants. Alors elle a choisi de s’investir sur le terrain et de créer un orphelinat.

Toujours pas de retour musical

Le temps d’une interview accordée du JDD dans laquelle elle met fin aux rumeurs à son sujet et se livre sur ses projets, Diam’s a commencé par balayer la nouvelle d’un futur retour musical, colportée par des « rumeurs sans fondement ». « Peut-être certains ont-ils du mal à accepter que l’on trouve le bonheur en dehors de certains codes admis de tous, comme la gloire, la quête d’argent sans limite… D’autres choses brillent à mes yeux aujourd’hui. Vivre, avoir du temps pour les miens, pour les autres, pour de nouveaux projets, sans pression », fait-elle valoir, avant de donner des précisions sur ces projets en question, notamment sa marque de papeterie Mel by Me. « Ce que j’ai gagné par le passé me permet de vivre aisément. L’argent n’est donc pas une motivation première pour ce projet, Dieu merci. L’argent n’est ni un but ni un tabou. Ce qui compte, c’est l’éthique avec laquelle on le gagne et ce qu’on en fait. J’aime l’idée que ma marque puisse avoir un impact positif, notamment en reversant une part des bénéfices à ma fondation », poursuit-elle.

Si l’ancienne interprète de « La boulette » ou « Jeune demoiselle » affirme n’avoir « jamais cessé d’écrire », elle explique n’avoir gardé aucun lien avec le rap français, qu’elle n’écoute plus. « Je n’aime pas ce que véhicule ce mouvement comme orgueil, violence et consumérisme. Penser que le rap puisse changer quelque chose aux réalités douloureuses me semble si naïf aujourd’hui. Je l’ai été aussi, mais j’ai changé ». De son ancienne carrière, qui lui laisse des souvenirs chargés « d’angoisse et de tristesse », elle n’a même pas conservé les nombreux prix symboles de son succès. Ils sont désormais « dispatchés chez (s)a mère et des amies ».

Penser que le rap puisse changer quelque chose aux réalités douloureuses me semble si naïf aujourd’hui.

L’ancienne rappeuse de 37 ans a également abordé la question du voile, qu’elle porte depuis sa conversion à l’islam en 2008. « Il m’arrive de discuter avec des gens d’un premier abord hostiles à mon apparence mais, très vite, quand vous savez les rassurer, ils comprennent que tout le monde n’est pas à mettre dans le même sac. Le voile a toujours mauvaise presse en France. Beaucoup de gens l’associent à l’actualité tragique. Je comprends la méfiance. En revanche, je n’accepte pas le manque de respect ou les agressions verbales. De nombreuses femmes portent le voile avec paix et conviction. Certains ne veulent pas entendre cela. Il faudra pourtant que l’on s’accepte les uns les autres si nous voulons cohabiter en bonne intelligence ».

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Et quand on lui demande de s’exprimer sur les attaques terroristes, Mélanie Georgiades condamne fermement ces « actes barbares qui n’ont rien à voir avec (s)a religion ». « J’espère qu’on cessera un jour de nous associer au terrorisme et qu’on fera la part des choses entre ma pratique religieuse paisible et les actes de criminels ».

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