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Mais pourquoi les ministres belges ont-ils assisté à l’hommage à Gandhi en pantoufles ?

Quatre ministres ont chaussé des pantougles au mémorial. | © BELGA PHOTO BENOIT DOPPAGNE

People et royauté

Quatre ministres belges se sont rendus à l’hommage au Mahatma Gandhi en pantoufles ce mardi, en Inde. Un changement de style qui n’a pas échappé à l’œil des journalistes.

C’est l’image qui restera probablement dans les annales des coulisses de cette visite d’État belge en Inde, probablement plus que les jolies photos pastel du couple royal devant un Taj Mahal immaculé : ce mardi, en plein hommage au Mahatma Gandhi, les ministres Willy Borsus, Rudy Demotte, Rudi Vervoort se sont présentés… en chaussons blancs – plutôt charentaises d’hôtel que samosas traditionnels. La veille, Rudy Demotte et Rudi Vervoort s’étaient déjà illustrés en portant des protège-chaussures au Taj Mahal, révélés par la journaliste Martine Dubuisson sur Twitter.

Le lendemain, à 9 heures, qu’attendaient la délégation sur leurs sièges, au mémorial ? Des pantoufles, à nouveau. Si la reine, le roi, Didier Reynders et Pieter De Crem ont délaissé les sandales en éponge pour l’option « pieds nus », les autres, dont Geert Bourgeois habilement caché dans le décor, ont décidé de les chausser. Pourtant, en déambulant sur un tapis vert, il n’y avait pas de chance que les ministres n’endommagent le lieu sacré, comme la veille au Taj Mahal. Alors, pourquoi les Indiens sont-ils aussi obsédés par les petons ?

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C’est que dans ce pays de plus d’un milliard d’habitants, les pieds sont considérés à la fois comme la partie la plus indigne du corps, en même temps que la plus respectée. Il n’est ainsi pas rare qu’on soit invité à toucher les pieds des personnes âgées au départ ou au retour d’un voyage, mais aussi qu’on soit fusillé du regard si l’on pointe ses sabots vers une autre personne. De manière générale, une bonne partie de la population vit pieds nus. En 1938, les joueurs de l’équipe de football indienne avaient également joué sans crampons contre l’Australie, et la légende veut que le forfait de l’Inde à la Coupe du monde 1950 soit dûe à leurs pieds nus.

Au temple, c’est bien simple, on retire toujours ses chaussures. Pour ceux qui assistaient à l’hommage, se déchausser était donc de l’expression d’une forme d’humilité et de respect, envers le sacré Gandhi. Il reste à regretter qu’on n’ait pas confié aux ministres quelques paires de padukas, ces sandales compensées traditionnelles, qu’ils auraient assurément portées. Après tout, L’Écho divulgait ce mardi une remarque entendue de la bouche des « excellences fédérales » : « On aurait dû leur dire que Gandhi se promenait en caleçon, ils seraient venus en caleçon aussi » !

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