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« Un animal organique avec une intuition géniale », Johnny Hallyday par Fabrice Luchini

Fabrice Luchini et Johnny Hallyday dans "Jean-Philippe" en 2006. | © Fidelite / Collection ChristopheL

People et royauté

L’acteur Fabrice Luchini se souvient pour Paris Match de Johnny Hallyday, disparu dans la nuit de mardi à mercredi à l’âge de 74 ans.

« Je n’arrive pas à y croire ». Après Renaud, Laurent Gerra et Mathilde Seigner, c’est au tour de Fabrice Luchini de confier sa tristesse à Paris Match en apprenant la mort de l’icône française, Johnny Hallyday. Les deux hommes se fréquentaient, s’appréciaient et s’étaient même réunis autour du film Jean-Philippe en 2006, un long-métrage où Jean-Philippe Smet n’était jamais devenu l’idole des jeunes.

« La première chose que je retiens de Johnny Hallyday est son immense simplicité. Elle détruisait à la seconde toute la sidération que produisait son statut de star. C’est quelqu’un qui n’était pas du tout identifié à sa fonction », raconte Fabrice Luchini, ému par la disparition de la rock-star.

Johnny Hallyday, ce personnage « Baudelairien »

L’acteur se rappelle d’un souvenir « particulier » du tournage de Jean-Philippe, où il incarnait un de ses fans : « Nous tournions quelques scènes du film dans une petite maison très « classe moyenne » de la banlieue parisienne. La maison était mignonne mais n’avait rien de luxueux. Toute l’équipe technique ne cessait de la critiquer : « Quelle horreur, cette maison, je ne pourrais jamais habiter dans quelque chose d’aussi laid ! ». À la fin de la journée, quand tout le monde fut parti, Johnny se tourna vers moi et me dit : « Eh bien moi, elle me plaît, cette maison. Je la trouve très bien et je pourrais tout à fait y habiter »», avait répondu le chanteur, un brin rebelle.

« Il savait que les gens le caricaturaient et s’en fichait complètement car c’était quelqu’un de très intelligent. Un animal organique avec une intuition géniale », rapporte Fabrice Luchini. « Johnny Hallyday se méfiait du langage et allait toujours à l’essentiel. Il avait une haine de l’ennui », explique son ami, le comparant à un personnage « Baudelairien ».

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