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Exclusif : Johnny Hallyday, sa dernière semaine

La couverture du numéro 3578 de Paris Match © DR | © DR

People et royauté

Le 15 novembre, les médecins annoncent à Laeticia : « Il faut se préparer à la fin ». Paris Match vous raconte les derniers jours de Johnny Hallyday.

 

« Madame, c’est maintenant. » Mardi 5 décembre, aux alentours de 22 heures, le médecin qui veille sur Johnny Hallyday comprend que la fin est proche. Laeticia le rejoint dans cette chambre de leur domicile, transformée en hôpital de combat, accompagnée de sa mère, Françoise Thibaut, et d’Elyette, sa grand-mère. Conscient, pendant d’interminables minutes, Johnny les regarde, calmement, paisiblement. Il plante son regard bleu dans celui de sa frêle épouse. Et soudain, ferme les yeux. Johnny est mort. Laeticia s’isole pour rédiger ce texte qu’elle redoute tant. Elle refusait jusqu’alors à y songer. Ses amies les plus proches l’entourent, veillent sur Jade et Joy.

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Puis, à 2 heures du matin, elle appelle elle-même Brigitte Macron. Le président ne dormant pas, il informe la jeune femme de sa volonté d’être présent aux obsèques de son mari. Depuis la veille, en réalité, Johnny a cessé de s’alimenter. Les quinze kilos perdus en un mois l’ont considérablement affaibli, il est à bout de forces. Ses problèmes respiratoires s’amplifient un peu plus chaque jour. Pendant longtemps, le chanteur a eu de l’espoir. Mais l’espoir a fini par s’envoler. Et les souffrances sont revenues. Après des mois de traitements, de rendez-vous médicaux, tout a été mis en place dans sa maison de Marnes-la-Coquette pour qu’il puisse partir dignement. Toute la médicalisation nécessaire a été installée dans sa chambre, au rez-de-chaussée : perfusions, assistance respiratoire, cave de santé sont à la disposition des trois infirmières qui se relaient jour et nuit à ses côtés. Un kinésithérapeute vient également quotidiennement à La Savannah pour alléger ses douleurs musculaires.

Le chanteur avait fait venir auprès de lui le mardi précédent Mathieu, son coiffeur de longue date

Jeudi 30 novembre, alors que la rumeur de son décès se propageait dans toutes les rédactions, Johnny recevait pourtant le matin même son ami Sam Bernett. Ce dernier n’a pu rester qu’une petite heure auprès du rockeur. Ils n’ont pas beaucoup parlé, ont échangé quelques banalités. Johnny ne lui a rien dit de son état réel. Mais le connaissait-il ? Bernett l’a trouvé étonnamment en forme, malgré son évidente perte de poids. Afin de rester « Johnny Hallyday », le chanteur avait fait venir auprès de lui le mardi précédent Mathieu, son coiffeur de longue date. Pas question que même ses plus proches le voient avec des cheveux blancs ! Mathieu lui a donc fait sa couleur et s’est attelé à sa coupe si reconnaissable. D’autant que le 30 au soir, Laeticia a convié à dîner ses amis du Road Trip effectué l’an passé aux États-Unis pour visionner ensemble le film de leur épopée. Pierre Billon est là, tout comme Claude Bouillon, Fabrice le Ruyet, Maxim Nucci ou encore Sébastien Farran, son manager. Si Johnny était assis pour recevoir Bernett, ce soir, il est alité et prend régulièrement de l’oxygène pour respirer. Tous le trouvent beau, l’écoutent parler, confiant, de ses projets : le disque que Maxim a composé et qu’il faut terminer. Les concerts qu’il a hâte de donner. « Et que personne ne m’empêchera de faire », sourit-il.

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« Il était en révolte contre la maladie », décrit l’un de ses proches

Personne n’est dupe, mais tout le monde opine du chef. Pour une fois, la soirée se termine tôt. Ils ont compris que c’était l’une des dernières fois qu’ils se voyaient tous ensemble. « Il était clairement dans le combat, raconte un participant de la soirée. Il était en révolte contre la maladie, tout en étant d’une extrême pudeur. » L’équipe médicale qui le suit est impressionnée par sa force de vie, sa résistance. À partir du moment où il a contrarié les pronostics plusieurs fois, celle-ci, pilotée par les professeurs David Khayat et Alain Toledano, navigue à vue. « Nous n’avions pas seulement affaire à un patient, mais à quelqu’un qui portait le combat des autres, qui symbolisait la combativité que l’on doit avoir quand le cancer pointe son nez », estime l’un d’eux. Quand il est lui-même, Johnny accepte sa maladie. Et se projette dans des lendemains meilleurs. Samedi 2 décembre, Jean-Claude Camus rend visite à son ancien protégé. Johnny éprouve de plus en plus de difficultés à respirer. Mais il n’imagine pas que l’issue fatale arriverait aussi vite.

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