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Tabarnia, la région fictive qui s’oppose à l’indépendantisme catalan

Le drapeau de Tabarnia

Le drapeau officiel des défenseurs de la Tabarnia. | © Tabarnia Oficial

Politique

Parti d’une idée satyrique, le mouvement unioniste rencontre une popularité grandissante au sein des habitants de cette région, qui s’étendrait de Barcelone à Tarragone.

 

En Catalogne, les prises de bec entre unionistes et indépendantistes ne sont pas prêtes de se terminer. Si c’est d’habitude plus du deuxième groupe que l’on entend parler, ce sont cette fois les unionistes qui ont fait fort dans leurs revendications. Suite au vote du 21 décembre, imposé par le premier ministre espagnol Mariano Rajoy après la suspension d’autonomie de la région, des internautes ont créé la « Tabarnia », une région fictive qui s’étendrait de la ville de Barcelone à celle de Tarragone. La zone, représentée sur cette carte relayée par les leaders du mouvement, tient donc son nom d’une contraction entre celui des deux villes, comportant le « Ta » de Tarragone et le « Bar » de Barcelone.

 

La carte de la Tabarnia région des unionistes catalans
Tabarnia Oficial

Sur Twitter, l’un des principaux profils représentant le mouvement se targue de représenter « La volonté claire et majoritaire de Barcelone et Tarragone de rester en Espagne ». Par ailleurs, les leaders de la revendication ne se sont pas privés de singer le slogan de leurs adversaires indépendantistes  « Catalonia is not Spain », détourné ici en  « Barcelona is not Catalonia ».

Dans leur démarche provocatrice et humoristique, les acteurs du mouvement sont allés jusqu’à crééer une pétition en ligne, qui rassemble déjà plus de 130 000 signatures. Le but de cette pétition? Atteindre les 150 000 voix avant d’être adressée au Parlement espagnol, et demander à celui-ci de déclarer officiellement la Tabarnia comme une région « autonome en Espagne et indépendante de la Catalogne ». Rien que ça. 

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Un mouvement satyrique pris au sérieux

S’il s’agissait au début plus d’une blague qu’autre chose, le phénomène rencontre un succès grandissant et se voit de plus en plus relayé par les médias espagnols et internationaux, qui parlent notamment d’un « Tabernisme bien parti pour perdurer ».

Sur Twitter, le mot Tabarnia s’est d’ailleurs hissé en numéro un des tendances ce mardi avec plus de 120 000 tweets à son propos. Suite à ce succès, les porte-paroles du mouvement ont interpellé Mariano Rajoy sur le réseau, lui demandant (toujours avec humour) d’organiser un nouveau vote. 

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Si les défenseurs de la Tabarnia rencontrent une crédibilité grandissante malgré le caractère humoristique de leur démarche, c’est aussi parce qu’ils incarnent une vraie préoccupation de la région. Pour rappel, le scrutin du 21 décembre avait vu gagner les indépendantistes de justesse avec respectivement 34 sièges pour Junx per Catalunya (la formation de Carles Puigdemont), 32 pour l’ERC (gauche républicaine de catalogne) et quatre pour la CUP (candidature d’unité populaire). De plus, les catalans ayant voté pour l’indépendance habitent majoritairement les zones rurales de la région, contrairement aux habitants des villes qui sont elles situées dans la fameuse Tabarnia. Celles-ci ont d’ailleurs pour habitude de voter pour des partis unionistes, et cette élection n’aura pas fait figure d’exception étant donné que ce sont les constitutionnalistes de Ciutadans qui ont principalement remporté leur vote.

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