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Baisse des défections, dialogue avec Séoul… Vers un dégel en Corée du Nord?

Un vent de changement souffle sur Pyongyang | © Belga/ AFP PHOTO / KIM Won-Jin

Politique

Incroyable mais vrai : la Corée du Nord a confirmé par fax à sa voisine du Sud sa volonté de rétablir le dialogue. Et il ne s’agit pas là du seul changement dans cette République où la tension n’a de cesse d’escalader avec les USA. 

Reste qu’alors que Donald Trump et Kim Jong-un jouent à qui a le plus gros bouton nucléaire, la Corée du Nord a accepté ce vendredi la proposition sud-coréenne de discussions mardi prochain, a annoncé le ministère sud-coréen de l’Unification, responsable des relations intercoréennes. »La Corée du Nord nous a faxé ce matin un message, indiquant qu’elle acceptait la proposition de discussions le 9 janvier faite par le Sud« , a ainsi déclaré à l’AFP un responsable du ministère.

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Et si le dialogue pourrait être renoué entre les deux Corées, en attendant, le nombre de défections du Nord vers le Sud est au plus bas. Le nombre de défections de Nord-Coréens – moins d’une centaine par mois – a chuté en 2017 à son plus bas niveau depuis 15 ans, a annoncé vendredi Séoul, signe des contrôles accrus par Pékin et Pyongyang.Au total, 1.127 Nord-Coréens sont parvenus à gagner le Sud l’année dernière, un chiffre en baisse de 21% par rapport à 2016, et un plus bas depuis 2001, a précisé le ministère sud-coréen de l’Unification.

Contrôles intensifiés

L’immense majorité de ces Nord-Coréens qui fuient les pénuries dans leur pays soumis à des sanctions de plus en plus dures du Conseil de sécurité de l’Onu transitent par la Chine, où ils demeurent parfois de nombreuses années avant de gagner la Corée du Sud, généralement par un pays tiers. Mais Pyongyang a intensifié à partir du second semestre 2015 ses contrôles aux frontières, renforçant les effectifs des forces de sécurité et mettant en place des lignes électrifiées pour dissuader ses habitants voulant gagner la Chine.

En outre, la Chine a drastiquement renforcé la traque des fugitifs nord-coréens, en les rapatriant de façon irresponsable quand elle en trouve.

Seo Jae-Pyong, Association des défecteurs nord-coréens.

Conséquence, de nombreux réseaux de passeurs arrangeant la fuite des Nord-Coréens vers le Sud via la Chine et l’Asie du Sud-Est ont disparu. Plus de 31.000 Nord-Coréens sont passés au Sud depuis 1948, année de la proclamation de deux Etats distincts au Nord et au Sud, selon un décompte arrêté fin décembre. Le maximum annuel est intervenu en 2009 avec 2.914 défections recensées. En 2017, l’immense majorité (83%) des personnes passant au Sud étaient des femmes. Il est plus facile pour elles de partir car les hommes ont tous un travail, ce qui fait que leur absence est plus facile à détecter pour les autorités.

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