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Macron reçoit Erdogan et appelle à « respecter l’État de droit »

Emmanuel Macron et Recep Tayyip Erdogan à l'Elysée, vendredi. | © French President Emmanuel Macron (L) meets with Turkish President Recep Tayyip Erdogan on January 5, 2018, at the Elysee Palace in Paris. Erdogan will attempt to reset relations with Europe at talks with Macron in Paris on January 5 that are likely to be overshadowed by human rights concerns. / AFP PHOTO / POOL / ludovic MARIN

Politique

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a rencontré Emmanuel Macron à l’Élysée, ce vendredi. L’occasion d’aborder les questions difficiles.

 

Fin août, Emmanuel Macron avait donné dans Le Point  un aperçu du niveau de tension diplomatique qui règne en ce moment entre Paris et Ankara. Interrogé par l’hebdomadaire sur le statut de « mec cool de la scène internationale » que lui prêtent certains, il avait répondu : « La scène internationale n’a pas grand-chose de « cool », vous savez. (…) Je suis aussi celui qui est obligé de parler tous les dix jours à Erdogan. » C’est pourtant bien le président turc qui a été reçu à l’Élysée ce vendredi, au nom du maintien du dialogue entre la Turquie et la France. Lors d’une conférence de presse commune, les deux dirigeants ont abordé certains sujets épineux.

Les « démocraties doivent complètement respecter l’État de droit », a déclaré Emmanuel Macron à propos de l’incarcération de certains journalistes, ajoutant que les deux hommes avaient abordé une liste de cas individuels au cours de leur entretien. Avant l’arrivée du président turc, un porte-parole turc avait estimé qu’Emmanuel Macron était mal informé quant à la situation en Turquie.

Emmanuel Macron sert la main du président turc Recep Tayyip Erdogan sur le pavillon de l’Élysée, le 5 janvier 2018. Xinhua/Jack Chan.

« Repenser la relation » avec l’UE

Recep Tayyip Erdogan a indiqué quant à lui que la Turquie était « fatiguée » d’attendre l’aboutissement du processus d’adhésion à l’Union européenne, au point mort depuis des années. « On ne peut pas en permanence implorer une entrée dans l’UE », a-t-il déclaré. « Il faut (…) regarder si on ne peut pas repenser cette relation non pas dans le cadre du processus d’intégration mais peut-être d’une coopération, d’un partenariat avec une finalité (…) c’est de préserver l’ancrage de la Turquie et du peuple turc dans l’Europe et de faire que son avenir se construise en regardant l’Europe et avec l’Europe », a quant à lui indiqué Emmanuel Macron.

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La venue du président turc a été reprochée à Emmanuel Macron. Le Parti communiste a parlé d’« outrage », Jean-Luc Mélenchon a affirmé qu’« Erdogan n’est pas le bienvenu à Paris ». Vendredi, Reporters sans frontières (RSF) a également dénoncé la visite de Recep Tayyip Erdogan. « Aujourd’hui, les prisons turques sont remplies de journalistes qui n’ont fait que leur travail », a déclaré Christophe Deloire, secrétaire général de RSF, dénonçant une « chape de plomb » dans ce pays, 155e sur 180 au classement mondial de la liberté de la presse, avec des dizaines de journalistes en détention et plus de 150 médias fermés.

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