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En RDC, le gouvernement durcit le ton face à l’Eglise catholique

Le gouvernement congolais a dénoncé les "propos injurieux" de l'archevêque | © Belga / AFP PHOTO / EDUARDO SOTERAS

Politique

En RDC, le gouvernement congolais a dénoncé vendredi les « propos injurieux » de l’archevêque de Kinshasa et mis en garde les catholiques contre toute « récidive » après leur marche de dimanche pour demander au président Joseph Kabila de s’engager à quitter le pouvoir.

« Monseigneur Laurent Monsengwo a tenu des propos injurieux à l’endroit des dirigeants du pays ainsi que des forces de l’ordre », lit-on dans un compte-rendu du conseil des ministres de République démocratique du Congo consacré aux événements du dimanche 31 décembre. Le cardinal Monsengwo a qualifié de « barbarie » la violente dispersion dimanche dernier à Kinshasa des marches organisées à l’appel d’un « comité laïc » proche de l’Eglise.

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Les organisateurs demandaient au président Kabila, dont le deuxième et dernier mandat a pris fin le 20 décembre 2016, de déclarer publiquement qu’il avait bien l’intention de quitter le pouvoir. « Il est temps que la vérité l’emporte sur le mensonge systémique, que les médiocres dégagent et que règnent la paix, la justice en RDCongo », a ajouté Mgr Monsengwo, 78 ans. Le gouvernement « ne peut accepter que de tels propos viennent d’un ministre de Dieu », fait-il savoir dans son compte-rendu, insistant sur « la laïcité de l’Etat Congolais ». L’exécutif a « condamné fermement les événements survenus le 31 décembre 2017 et a mis en garde les organisateurs contre toute récidive ».

Arrêter le cycle de violence

Le ministre de l’Intérieur a « fait part des autres manifestations programmées par le même comité laïc de Coordination de l’Eglise catholique et son incitateur ». « Pour arrêter le cycle de violence en perspective pour cette année 2018, le gouvernement demande à la justice de se saisir du dossier et d’établir des responsabilités », ajoute-t-on. Le gouvernement a réaffirmé qu’il n’y a pas eu de morts « en lien avec les manifestations du 31 décembre ». Jeudi, la nonciature apostolique (ambassade du Vatican) avait confirmé dans une note un bilan d’au moins cinq morts dont « un fidèle catholique », ainsi que l’arrestation dimanche de six prêtres. Cinq messes, selon elle, ont été interrompues par les forces de sécurité.

– Avec Belga

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