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Réactions ulcérées après les propos de Charles Michel sur l’affaire des Soudanais et sur la FGTB

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Charles Michel défend les actions de son gouvernement. | © BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCK

Politique

Invité de Matin Première ce mardi, Charles Michel a abordé la question des Soudanais rapatriés et torturés avec des pincettes et n’a pas mâché ses mots à l’égard de la FGBT. 

La polémique autour des Soudanais torturés enfle encore. Alors que certains citoyens réclament la démission de Theo Francken, Charles Michel s’est exprimé au micro de la Première sur cette affaire ce mardi matin. Une chose est sûre, le Premier ministre campe sur ses positions, et celles de la NV-A. Il ne veut pas « d’une jungle de Calais en Belgique » et endosse donc la responsabilité d’avoir renvoyé des migrants au Soudan. « La France a été confrontée, pendant dix ans, à ce drame et à des troubles graves de l’ordre public, rappelle le Premier ministre. L’été passé, nous avons constaté qu’il existait un risque réel que ça se produise aussi en Belgique. Nous avons donc pris des mesures fortes pour que ça n’arrive pas, y compris la coopération avec le Soudan, comme le font d’autres pays européens et les Nations unies », explique-t-il en précisant qu’ils ont « veillé à respecter les règles européennes et internationales ».

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Charles Michel répète qu’il attendra les conclusions de l’enquête pour se prononcer. « Je ne mets pas la charrue avant les bœufs », affirme le chef du gouvernement qui se dit « rationnel ». Cette affaire n’est pas seulement belge, estime-t-il, mais « d’ampleur européenne ». Et surtout, il défend les choix de son gouvernement en matière de migration, « un choix de fermeté et d’humanité » face à « une vision laxiste de la gauche traditionnelle qui veut donner l’impression que l’on peut ouvrir les frontières tous azimuts et puis, être confronté à des problèmes de régularisations massives », déclare le Premier Ministre avant d’ajouter : « J’entends aucune alternative crédible et concrète de la gauche par rapport à ce que nous faisons ».

PS et Ecolo réagissent

Des propos qui ne sont pas passés inaperçus du côté du PS. Sur Twitter, Ahmed Laaouej écrit : « Parce qu’elle dénonce le renvoi d’êtres humains vers des tortionnaires, l’opposition est accusée de vouloir faire une régularisation massive. Charles Michel et le MR sont acculés et s’enfoncent dans le mensonge ». Chez les Ecolos, Zakia Khattabi parle d' »un mensonge érigé en vérité alternative ».

Theo Francken n’a pas menti, selon Charles Michel

Le Premier ministre a également réfuté les accusations de mensonge à l’encontre de Theo Francken. « Il ne m’a pas menti. Il ne m’a pas donné l’ensemble des informations », nuance-t-il. « Il m’a indiqué qu’il n’y avait aucun rapatriement prévu avant la fin du mois de janvier, mais il ne m’a pas dit que certains étaient annulés. Il n’a pas été complet », poursuit-il. Mais soutient-il le secrétaire d’État à l’Asile et aux Migrations ? La question de Thomas Gadisseux n’aura pas la réponse escomptée car, pour le premier Ministre, la question n’est pas de savoir s’il soutient Theo Francken (N-VA), mais si le Parlement le soutient.

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« La FGTB passe son temps à dire n’importe quoi »

Charles Michel n’a également pas mâché ses mots à l’égard de la FGBT. Interrogé sur le tax shift, une compensation égale au saut d’index abandonné d’après le syndicat socialiste, le Premier Ministre déclare : « la FGTB passe son temps à dire n’importe quoi ». Selon lui, ce saut d’index « a été largement compensé puisqu’un treizième mois a été accordé 3 ans plus tard ». La FGTB a décidé de défendre le chômage, moi je défends les personnes qui cherchent du travail et veulent travailler », ajoute-t-il avant de poursuivre : « La FGTB a décidé de miser sur le conservatisme absolu, la régression sociale ». Des « propos effarants d’un Premier ministre déboussolé qui perd son sang-froid », d’après le chef chef de file PS au Parlement. 

Charles Michel va même plus loin en déclarant que « la FGTB est noyautée par le PTB, c’est-à-dire le communisme, c’est-à-dire cette idéologie du siècle passé qui a toujours signifié plus de pauvreté, plus d’écrasement aussi des libertés et des droits de l’homme. Moi je veux incarner un autre projet politique ouvert, pro-européen, en faveur d’un dynamisme pro-économique et entrepreneurial au service des solidarités ».

La FGTB se défend, le PTB ironise

Mais les principaux intéressés n’ont pas tardé à réagir sur Twitter. « Lamentable mais pas surprenant!!! La FGTB a toujours défendu et défendra toujours les travailleurs contre l’injustice sociale et la destruction de nos acquis sociaux! La FGTB continuera de se battre pour des pensions dignes, pour un salaire décent, pour des impôts justes », écrit le syndicat.

« Allonger les carrières, modérer les salaires, individualiser contrat de travail, définancer la sécu, pension en variable ajustement budgétaire … y a rien de « moderne » à tout ça, c’est plutôt un retour en arrière », ironise de son côté Raoul Hedebouw, également épinglé par le Premier ministre.

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