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« On ne peut pas juger avant l’heure » : Le soutien de Jack Lang à Woody Allen qui passe mal

Jack Lang dans l'émission de Quotidien du 22 janvier 2018. | © Capture d'écran ©Quotidien

Politique

Invité sur le plateau de Quotidien, l’ancien ministre français de la Culture Jack Lang a évoqué la souffrance de Woody Allen, ainsi que celle de sa femme et de son entourage.

 

À l’heure où Hollywood se désolidarise progressivement des nombreuses personnalités accusées de harcèlement ou d’agression sexuelle, certains n’hésitent pas à prendre la parole pour défendre celles qu’ils considèrent jugées à tord et/ou à travers. C’est le cas de l’ancien ministre français de la Culture Jack Lang qui a récemment manifesté son soutien envers Woody Allen, poursuivi depuis 25 ans par sa fille adoptive pour agression sexuelle.

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Après les accusations récentes et répétées de Dylan Farrow, la fille adoptive de Woody Allen et Mia Farrow, concernant des abus sexuels de son père lorsqu’elle avait 7 ans, Jack Lang a posté un message de soutien sur Twitter directement adressé au cinéaste dans la tourmente. Une photo des deux hommes ponctué d’une simple légende : #WoodyAllenForever (traduction : « Woody Allen pour toujours »).

Woody-bashing…

« À contre-courant ou suicidaire », le ministre de la gauche figurant parmi les politiques préférés des Français était l’invité de Yann Barthès sur le plateau de Quotidien ce lundi 22 janvier. Interrogé sur son tweet controversé, l’homme de 78 ans a dénoncé le « Woody-bashing » et le « harcè­le­ment perma­nent qui vient de sa famille depuis dix, vingt ans ». « C’est un nœud de vipères, un complot à l’intérieur d’une famille, comme cela arrive parfois. Des déchirements, des jalousies, des règlements de compte », a-t-il déclaré sur le plateau de l’émission diffusée sur TMC. Pour lui, les dernières accusations de sa fille n’apportent « aucun élément nouveau » alors que l’on se trouve face à une affaire « qui a été jugée et rejugée par deux commissions », précise-t-il.

Assumant sa position « politiquement incorrecte » et « à contre-courant », Jack Lang regrette la censure infligée au réalisateur. « Aujourd’hui c’est comme s’il avait été condamné par un juge suprême qui lui interdit de ne plus jamais faire de films ». Interrogé sur le sort réservé à Kevin Spacey, privé de son rôle phare dans la série House of Cards après avoir été accusé d’agression sexuelle, « il faut savoir distinguer la vie professionnelle d’un acteur et ce qu’il a pu commettre comme délit, si le délit et prouvé », a-t-il insisté. « On ne peut pas juger avant l’heure. Ce qui me révolte, c’est que l’on puisse guillotiner quelqu’un sans aucun procès ou qu’on puisse l’interdire de profession alors qu’il a été déclaré innocent par les juges ».

C’est une forme de censure économique et d’interdit professionnel.

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Jack Lang-bashing

Victime lui-même de « Jack Lang bashing » sur les réseaux aussitôt après avoir affiché son soutien envers le réalisateur de Blue Jasmine, l’ancien ministre ne semble pas y accorder davantage d’importance. « Vous savez, je suis habitué… Et puis ça passe », a-t-il avoué à Yann Barthès.

« Non au viol, non au harcèlement »

Proche du cinéaste, Jack Lang a également évoqué la souffrance de Woody Allen, ainsi que celle de sa femme et de son entourage. « Il en souffre beaucoup ». L’homme politique a néanmoins tenu à rappeler qu’il était « contre le harcèlement sexuel » et qu’il avait par le passé « contribué à criminaliser le viol dans la législation française ». « Sur ce point, il faut être intraitable : Non au viol, non au harcèlement », a-t-il affirmé, saluant « la révolte » et les mouvements de protestations émergeant « un peu partout aux États-Unis, en France et même en Chine ».

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