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Justin Trudeau : façade cool, fond conservateur

Une image vaut mille mots : peut-être, mais pas si le contexte est tronqué... | © Guerre froide ou entente cordiale entre Justin Trudeau et Donald Trump ? - Belga

Politique

La visite de Justin Trudeau à la Maison Blanche a fait le buzz. En cause, un cliché où il semblerait que Justin Trudeau refuse de serrer la main de son homologue américain. De quoi alimenter les clichés, et augmenter le clivage. Mais les deux hommes d’État sont-ils vraiment si différents ? 

 

Une image vaut mille mots ? Peut-être, mais pas si le contexte est tronqué… – Belga

 

A droite, Donald Trump, le teint assorti à son fauteuil orangé, la main tendue vers son voisin. A sa gauche, Justin Trudeau, physique de jeune premier, qui regarde la paume de Trump d’un air circonspect. Une gêne passagère, capturée par les photographes présents, et montée en épingle immédiatement. Pour le Telegraph, le prétendu camouflet de Justin Trudeau n’est rien de moins que « la plus grande preuve de dominance dans toute l’histoire du Canada » .De quoi galvaniser immédiatement les internautes, qui se sont empressés de détourner le cliché à grand renforts de memes. Il faut dire que le contraste est marquant. Mais au-delà des discordances physiques, qu’en est-il de leurs politiques respectives ?

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Double discours

Considéré universellement comme un des hommes d’État les plus cool de la planète, Justin Trudeau bénéficie d’un capital sympathie virtuellement illimité. Problème : depuis son élection le 4 novembre 2015, Justin Trudeau n’a pas hésité à renier certaines de ses promesses. A commencer par celle de protéger l’environnement. Au sommet sur le climat de décembre 2015, Justin Trudeau affirmait que « la science est incontestable et qu’elle nous dit que les changements qui ont commencé à toucher notre planète auront de profondes répercussions sur notre avenir ». Pourtant, le Premier Ministre n’encourage-t-il pas le transport du pétrole de sables bitumineux, le plus sale au monde, et du gaz de schiste pour l’exportation ? Un double discours qui ne ravit pas les défenseurs de l’environnement.

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Gay friendly ?

Autres électeurs mécontents : ceux de la communauté LGBT. Si Justin Trudeau est un participant enthousiaste aux gay prides, où ce père de famille hétéro et libéral agite avec fierté le drapeau gay, dans les faits, les réformes se font attendre. En mai dernier, le Premier Ministre a voté une loi interdisant la discrimination des personnes transgenres, mais aucune avancée n’a été faite pour suprimer la législation C-51 du gouvernement Harper. La législation, qui permet de surveiller les civils, remettrait en question la vie privée de la communauté LGBT.

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Le PM défile, mais se défile-t-il aussi ? – Belga

Mauvaises fréquentations

En novembre dernier, sa qualification de Fidel Castro comme étant un « révolutionnaire légendaire et un orateur d’exception » avait fait grincer des dents. Plus préoccupant ? Ses relations cordiales avec l’Arabie Saoudite, avec laquelle Justin Trudeau a maintenu un contrat de ventes d’armes conclu par le gouvernement de son prédécesseur. Le Premier Ministre canadien entretient également une relation cordiale avec le nouveau Président des Etats-Unis, à qui il d’ailleurs accepte régulièrement de serrer la main. Les images sont décidément trompeuses.

L’entente cordiale – Belga
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