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Aux yeux de Macron, les opposants au mariage gay ont été « humiliés » par le gouvernement

François Hollande et Emmanuel Macron à l'Élysée en novembre 2014. | © REUTERS/Philippe Wojazer

Politique

Les adversaires du mariage homosexuel ont été « humiliés » lors du quinquennat de François Hollande, a jugé Emmanuel Macron dans une interview publiée le 16 février 2017 par « L’Obs », car on ne leur a pas suffisamment « parlé ».

 

Le candidat à la présidentielle a tenu à clarifier les choses dans la soirée à « Causette », lors d’une interview en direct sur le compte Facebook du magazine, indiquant qu’il était « favorable à la loi du mariage pour tous. Je la protégerai et la défendrai » alors que « d’autres candidats veulent la remettre en cause », a-t-il assuré. En revanche, Emmanuel Macron a regretté « la méthode » employée au moment du passage de cette loi. « Il fallait aller vite et ne pas laisser s’installer une espèce de débat qui a clivé profondément la société et a donné le sentiment à une partie qu’ils n’étaient pas entendus. C’est uniquement ce que j’ai ici voulu dire ». « Je suis pour le débat (…) mais là, ce n’était pas le débat, c’était une conflictualité », or, « on ne peut pas construire l’avenir sur des clivages qui soient mémoriels ou sur des fractures identitaires », a-t-il ajouté.

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Philippe de Villiers, Eric Zemmour, « des gens avec qui je parle »

« Une des erreurs fondamentales de ce quinquennat a été d’ignorer une partie du pays qui a de bonnes raisons de vivre dans le ressentiment et les passions tristes », déclare le prétendant à l’Élysée dans son long entretien à « L’Obs », essentiellement consacré à son parcours intellectuel et culturel. « C’est ce qui s’est passé avec le mariage pour tous, où on a humilié cette France-là. Il ne faut jamais humilier, il faut parler, il faut « partager » des désaccords. Sinon des lieux comme le Puy-du-Fou seront des foyers d’irrédentisme », affirme-t-il à l’hebdomadaire de gauche. Il défend aussi le bien fondé du dialogue avec des figures de la droite nationaliste comme l’homme politique Philippe de Villiers -à l’origine du développement du parc d’attractions historiques du Puy-du-Fou en Vendée- ou le polémiste Eric Zemmour. « C’est pour ça que je suis allé à Orléans rendre hommage à Jeanne d’Arc, que je suis allé au Puy-du-Fou, ce lieu de ferveur populaire où se rendait pour la première fois un ministre de l’Économie et de gauche », dit-il. « Je suis en désaccord total avec le politique (Philippe de) Villiers, mais j’admire l’entrepreneur culturel. Je suis également en désaccord avec Zemmour. Mais ce sont des gens avec qui je parle », dit Emmanuel Macron.

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Hollande, « un bon peintre » qui n’a pas su « raconter ce qu’il voulait dessiner »

Enfin, selon lui, François Hollande ressortira avec son bilan présidentiel comme « un bon peintre » mais qui n’a pas su « raconter ce qu’il voulait dessiner ». L’ancien secrétaire général adjoint de l’Élysée affirme qu’il n’aurait pas entamé le quinquennat comme l’a fait François Hollande, ni « parlé aux Français comme il l’a fait ». « Même ses bons choix, il n’a pas su les expliquer », assène-t-il.

Toutefois, affirme l’ancien collaborateur de François Hollande, « vous verrez que, lorsqu’on s’écartera de la présidence Hollande comme d’un tableau pointilliste, on dira que ça n’était pas si mal et que c’était un bon peintre »« Dommage qu’il n’ait pas su justifier son coup de pinceau et raconter ce qu’il voulait dessiner », lâche l’ancien ministre de l’Économie.

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