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Italie : Entre poussée de la droite et montée du populisme, un vote dans l'incertitude

Silvio Berlusconi, 81 ans, s'est allié à Matteo Salvini, 44 ans, qui a fait de la Ligue un parti d'extrême droite sur le modèle du FN, | © AFP PHOTO / Piero CRUCIATTI

Politique

Quelque 46 millions d'Italiens sont appelés à voter dimanche pour des élections dont l'issue est incertaine entre poussée de la droite et montée des populismes, avec Silvio Berlusconi appelé à jouer de nouveau un rôle de premier plan.

Et nombre d'entre eux se montraient encore indécis ou amers à la veille de ce scrutin, au terme d'une campagne dominée par les questions liées à l'immigration, l'insécurité ou la faiblesse de la reprise économique en Italie. Car, si la droite est donnée en tête de ce scrutin, elle est cependant loin d'être certaine de pouvoir gouverner.

Nouveau système électoral

Selon les experts, le seuil pour obtenir la majorité des sièges est de 40 à 45% avec le nouveau système électoral, qui combine scrutin proportionnel et majoritaire. Or, les derniers sondages disponibles, datant d'il y a deux semaines, plaçaient la coalition droite/extrême droite en tête avec 37% des intentions de vote (dont 17% pour Forza Italia, le parti de M. Berlusconi, et 13% pour la Ligue de Matteo Salvini). Un renversement de ce rapport de forces, auquel le chef de la Ligue veut croire dur comme fer, donne des sueurs froides en Europe. "À partir de lundi, c'est la Ligue qui gouvernera le pays", a ainsi assuré vendredi soir à Milan Matteo Salvini, tout en reprenant les attaques contre les migrants et contre Bruxelles qui ont alimenté sa campagne ces dernières semaines.

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FN italien

L'alliance entre Silvio Berlusconi, 81 ans, et Matteo Salvini, 44 ans, qui a fait de la Ligue autrefois régionaliste un parti d'extrême droite sur le modèle du Front national français, est une première dans l'Union européenne, a dénoncé vendredi soir le chef du Parti démocrate (PD, centre gauche) Matteo Renzi. Et, "je le dis aux électeurs de la gauche radicale et aussi aux modérés: seul le vote en faveur du PD garantit de ne pas laisser ce pays aux mains de Matteo Salvini", a-t-il averti, brandissant aussi la menace d'une alliance post-électorale entre la Ligue et les populistes du Mouvement Cinq Etoiles (M5S), qui officiellement s'en défendent.

Matte Renzi lors d'un meeting à Florence le 2 mars 2018. © AFP PHOTO / Claudio GIOVANNINI

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Le parti de Beppe Grillo croit en ses chances 

Vendredi, le M5S a clôturé sa campagne en se disant certain cette fois de l'emporter. "Ce soir, c'est la fin de la période d'opposition et c'est le début de la période gouvernementale" du M5S, a assuré Luigi Di Maio, le jeune candidat du Mouvement au poste de chef du gouvernement. Fondé en 2009 par le comique Beppe Grillo, le M5S avait créé la surprise en raflant un quart des voix en 2013 et pourrait devenir le premier parti du pays, même s'il lui faudrait probablement se résoudre à des alliances pour gouverner. Dans le cadre de cette campagne, l'une des pires en Italie depuis des décennies selon certains éditorialistes, les forces en présence ont multiplié les promesses: baisses massives des impôts, expulsions de centaines de milliers d'immigrés clandestins, revenu garanti pour les plus pauvres et avancement de l'âge de départ en retraite. Chacun pouvait y trouver son compte, sans forcément y croire...

(Avec Belga)

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