Paris Match Belgique

Quand la haine de l’Iran rapproche Israël et l’Arabie saoudite

Ali Khamenei

Ali Khamenei, l'ennemi commun qui rassemble Jérusalem et Riyad | © Belga / AFP PHOTO /

Politique

L’Arabie saoudite a beau ne pas reconnaître l’État hébreu, elle s’en rapproche toutefois de plus en plus, le prince héritier saoudien venant d’affirmer qu’Israël avait « droit » à un territoire. Un revirement qui s’explique par la présence d’un ennemi commun : Téhéran. 

Pas étonnant, quant on sait que le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou, a présenté Israël comme l’« indispensable allié » des États arabes en lutte contre l’Iran. Or il se trouve justement qu’entre le royaume sunnite d’Arabie saoudite et l’Iran chiite, c’est loin d’être l’entente cordiale, courants différents de l’Islam oblige. Mais pas seulement : ainsi qu’il l’a expliqué au quotidien The Atlantic, le prince héritier saoudien Mohammed Ben Salmane se méfie du guide suprême iranien Ali Khamenei, envers lequel il est tout sauf tendre.

Face au guide suprême iranien, Hitler semble gentil. Hitler a tenté de conquérir l’Europe, le guide suprême tente de conquérir le monde.
Mohammed Ben Salmane

Une position qui n’est pas sans rappeler celle qu’Israël entretient envers son voisin iranien. Alors que les deux pays entretenaient des relations étroites sous l’ère de la dynastie Pahlavi, depuis la montée au pouvoir de l’Ayatollah Khomeini, elles n’ont de cesse de se dégrader, Mahmoud Ahmadinejad ayant notamment remis en question l’existence des camps de concentration et affirmé que s’ils avaient véritablement existé, l’Europe devrait céder des territoires pour la création d’un État hébreu.

Lire aussi > Miss Irak, Miss Israël et un selfie qui dérange

En février dernier, des raids israéliens menés contre des cibles iraniennes en Syrie ont laissé craindre la possibilité d’une guerre entre les deux pays, tandis que selon Alireza Nader, chercheur au sein de la Rand Corporation, « l’Arabie saoudite et l’Iran pourraient se livrer une guerre de grande ampleur« . Alors face à une même menace, Riyadh et Jérusalem se trouvent soudain des points communs, et l’Arabie saoudite tend une branche d’olivier à Jérusalem dans lestages de l’Atlantic.

Israël est une grande économie en pleine croissance, et bien sûr nous partageons beaucoup d’intérêts.
Mohammed Ben Salmane

Et le prince héritier saoudien d’affirmer que « chaque peuple, où que ce soit, a le droit de vivre dans sa nation pacifique. Je crois que les Palestiniens et les Israéliens ont le droit d’avoir leur propre terre. Mais nous devons avoir un accord de paix pour assurer la stabilité de chacun et avoir des relations normales ». Un accord qui sembler toujours plus illusoire : ce vendredi, des manifestations frontalières dans la Bande de Gaza ont coûté la vie à 17 Palestiniens, faisant de la journée la plus meurtrière dans la région depuis 2014.

CIM Internet