La Belgique augmente l’aide humanitaire de la RDC, qui proteste

RDC

La tension monte entre la Balgique et la RDC | © BELGA PHOTO ERIC LALMAND

Politique

La Belgique va mobiliser 25 millions d’euros pour l’aide humanitaire à la République démocratique du Congo (RDC) en 2018, a annoncé vendredi à Genève – où se déroule une conférence humanitaire des bailleurs sur la RDC -, le ministre de la Coopération au développement, Alexander De Croo.

L’an dernier, un montant de 17 millions d’euros avait été mobilisé pour le pays d’Afrique centrale. Outre l’aide humanitaire directe, la Belgique va aussi augmenter cette année sa contribution au financement général des organisations partenaires humanitaires et aux fonds de bailleurs humanitaires pour la faire passer à 90 millions d’euros, soit une hausse de 10%. Tous ces fonds et organisations sont également actifs en RDC. Le ministre congolais des Affaires étrangères, Leonard She Okitundu, a toutefois menacé vendredi d’interdire aux ONG qui accepteraient des fonds de la Belgique de travailler dans le pays. À l’heure actuelle, plus de treize millions de Congolais ont besoin d’aide humanitaire et le pays compte 4,5 millions de personnes déplacées, soit un chiffre record en Afrique, en raison de violences récurrentes et de conflits qui perdurent. Les besoins humanitaires les plus criants se situent au niveau de la sécurité alimentaire, de la protection, de l’hygiène, de l’eau, de l’éducation, des soins de santé et de l’hébergement. La RDC fait aussi face à la plus importante épidémie de choléra de son histoire et un foyer de polio aurait fait son apparition.

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La RDC n’a envoyé aucun représentant à la conférence de donateurs en Suisse. Le régime du président Kabila estime en effet que le pays n’est traversé par aucune crise. Cette absence congolaise a été qualifiée « d’incompréhensible » par Alexander De Croo. « Nous ne pourrons mettre un terme à ces souffrances humaines que si les leaders congolais prennent cette crise au sérieux », a déclaré le ministre belge lors de son discours. La situation en RDC a été abordée vendredi au cours de l’entretien bilatéral à Bruxelles entre le ministre des Affaires étrangères, Didier Reynders, et son homologue allemand, Heiko Maas. L’Allemagne partage les préoccupations de la Belgique à propos de la situation au Congo. Elle annoncera au cours de la conférence de Genève un soutien supplémentaire de 20 millions d’euros. « Nous voyons l’évolution sur place avec une certaine inquiétude », a expliqué M. Maas. « Nous avons décidé de maintenir la pression politique pour que des élections aient lieu et que la situation s’améliore ».

Rupture unilatérale de la coopération

De son côté, Kinshasa ne voit pas où est le problème, et met en garde ceux qui accepteraient l’aide proposée. Le ministre congolais des Affaires étrangères Léonard She Okitundu a en effet menacé les ONG qui accepteraient l’argent de la Belgique de se voir interdire de travailler dans le pays, rapporte le magazine Jeune Afrique sur son site internet. Après avoir refusé de participer à la conférence des donateurs de l’ONU sur la RDC, qui se déroule ce vendredi à Genève (Suisse), le gouvernement congolais rejette la quote-part d’aide humanitaire de la Belgique, qui a déjà débloqué plus de 11,6 millions de dollars sur les 18 millions promis à ce jour. Les Nations Unies espèrent lever au total 1,68 milliard de dollars.

Les ONG qui recevront cet argent ne seront pas autorisées à travailler dans notre pays. La Belgique a décidé de rompre de manière unilatérale sa coopération bilatérale avec nous, nous devons aller au bout de cette logique.
Léonard She Okitundu

Plusieurs agences du système onusien sont directement concernées par cette mise en garde du gouvernement congolais: l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), le Programme alimentaire mondial (PAM) ou encore le Haut Commissariat des Nations unies pour les réfugiés.

Avec Belga

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