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François Bayrou renonce à la présidentielle française et propose une « alliance » à Emmanuel Macron, qui l’accepte

François Bayrou, le président du Mouvement démocrate en France. | © BELGA/PHOTOPQR/LE PARISIEN/Philippe Lavieille

Politique

Le président du MoDem n’a pas annoncé sa candidature à l’élection présidentielle française de 2017 mais a soumis une offre d’alliance à Emmanuel Macron. Ce dernier l’accepte.

 

C’est bien la campagne de toutes les surprises. François Bayrou a semble-t-il renoncé à se présenter à une candidature à l’élection présidentielle de 2017 en soumettant une offre d’alliance à Emmanuel Macron. « J’ai examiné depuis plusieurs semaines l’état de notre pays », a-t-il déclaré, tout d’abord, constatant que « le parti du gouvernement et du président sera représenté par un opposant (et) qu’à droite, le dévoilement des affaires révèle non seulement l’existence de privilège, mais plus encore l’acceptation tacite et unanime de ceux-ci ». « Cette situation pose d’énormes problèmes moraux, mais aussi électoraux », a ajouté le maire de Pau. « En un seul scrutin, nous pouvons choisir l’échec de la France et la déchirure de l’Union européenne. Dans cette situation, je mesure ma responsabilité personnelle et celle de mon mouvement ».

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« J’ai reçu depuis des semaines de très nombreux messages et témoignages pour me présenter. Ces messages disent beaucoup pour. Mais nous sommes dans une situation d’extrême risque, il faut une réponse exceptionnelle. J’en ai la certitude, la dispersion des suffrages ne peut qu’aggraver les périls. Parce que le risque est immense, parce que les Français sont désorientés et souvent désespérés, j’ai décidé de faire à Emmanuel Macron une offre d’alliance. Je lui dis, le danger est trop grand, il faut changer les choses et le faire d’urgence. Unissons nos forces pour y parvenir ».

Il fixe des conditions

François Bayrou a cependant fixé un certain nombre de conditions pour rejoindre Emmanuel Macron, un homme « brillant » rejetant l’idée d’un « ticket ». Parmi celles-ci, il demande à Emmanuel Macron de prévoir dans son programme une « loi de moralisation » de la vie politique, insistant à plusieurs reprises sur le cas de François Fillon. Ministre et soutien d’Edouard Balladur en 1995, ministre de Jacques Chirac en 1995, candidat d’un centre indépendant en 2002 (6,8%), 2007 (18,6%) et 2012 (9,1%), le président du MoDem sanctionne donc la droite, après avoir voté pour François Hollande contre Nicolas Sarkozy en 2012 et avoir annoncé son soutien à Alain Juppé, candidat malheureux de la primaire de la droite.

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