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De Wever à Di Rupo : « Vous n’êtes pas la solution au problème. Vous êtes le problème »

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"Cher Elio,..." | © BELGA PHOTO NICOLAS MAETERLINCK

Politique

Dans une lettre ouverte publiée par La Libre, le président de la N-VA ne mâche pas ses mots pour répondre à Elio Di Rupo après ses propos sur la mort tragique de la petite Mawda. Et le président du PS n’a pas attendu pour rétorquer.

« Cher Elio, nous avons beau être des adversaires politiques, je vous ai toujours respecté en tant qu’homme ». La lettre ouverte écrite par Bart De Wever et publiée par nos confrères de La Libre commence bien, mais la suite est moins tendre. « Vous semblez quant à vous considérer mon parti et moi-même comme pervers et inhumains« . Le président de la N-VA ne semble pas avoir apprécié les déclarations de son homologue socialiste qui dénonçait ses « propos d’une terrible inhumanité » lorsqu’il a suggéré que les parents de Mawda étaient responsables. Elio Di Rupo, ancien Premier Ministre, avait également plaidé pour l’octroi d’un permis à la famille de la fillette décédée suite à une balle tirée par un policier. « Si une telle chose s’était déroulée lorsque j’étais Premier ministre, j’aurais accordé un permis de séjour d’au moins 5 ans, renouvelable », a-t-il déclaré à la VRT lundi, avant de pointer du doigt la police et l’Etat.

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Je ne souhaite déshumaniser personne. Ni les parents, qui subissent l’épreuve la plus douloureuse qu’un père et une mère puissent avoir à endurer, ni le policier qui va devoir continuer de vivre avec ce lourd fardeau. – Bart De Wever

Pour Bart De Wever, les socalistes défendent une politique de nos frontières laxiste. Sans jamais renier ses propos controversés, le président de la N-VA estime que Elio Di Rupo est mal placé pour lui donner des leçons. « La loi d’accélération de la procédure d’octroi de la nationalité belge du PS a permis à des centaines de milliers de personnes d’obtenir la nationalité sans le moindre effort. Pas besoin de s’intégrer, pas besoin de parler une langue nationale, pas même besoin d’avoir mis le pied sur notre territoire », écrit-il.

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« Pendant des années, le PS a mené de facto une politique d’ouverture des frontières, et le résultat se voit aujourd’hui dans les grandes villes, où une sous-classe s’est formée, constituée de nouveaux arrivants paupérisés qui ne connaissent ni notre langue, ni notre culture, et ne parviennent pas à intégrer notre marché du travail de haute technologie. Les services judiciaires et de sécurité en subissent les conséquences ». Si Bart De Wever se bat pour rétablir le contrôle des frontières, c’est, selon lui, la seule manière pour éviter des tragédies « comme celle qui a coûté la vie à Mawda », écrit-il avant de conclure : « Cher Elio, vous n’êtes pas la solution au problème. Vous êtes le problème ».

La réponse de Di Rupo

Au micro de Bel RTL, le socialiste était visiblement agacé par les propos du politicien flamand. « J’en ai assez des attitudes grossières de Bart De Wever. Les francophones doivent ouvrir les yeux. Bart De Wever méprise les Bruxellois et les francophones ». Après avoir été accusé d’être « le problème », Elio Di Rupo rétorque : « Ce n’est pas ‘Di Rupo’ qui crée la guerre en Syrie, ce n’est pas ‘Di Rupo’ qui crée les problèmes au Kurdistan. Si ces gens viennent aujourd’hui, c’est parce qu’il y a la guerre chez eux. Et ils sont protégés par des conventions internationales. Est-ce que Monsieur Bart De Wever va se retirer des conventions internationales ? La politique migratoire doit être sérieuse et humaine, et européenne ».

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À propos du laxime dénoncé par le président de la N-VA, l’ancien Premier Ministre s’énerve : « ce que dit Monsieur De Wever, c’est simplement du mépris à l’égard des francophones. Il flatte juste l’opinion publique et drague les voix des personnes qui votent à l’extrême droite » avant de conclure avec Bart De Wever au pouvoir, il n’y a qu’une seule politique « pour les riches et les super riches ».

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