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Le gouvernement américain n’étudiera pas le rôle des armes dans la sécurité scolaire

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Donald Trump et la secrétaire à l'Éducation, Betsy DeVos. | © AFP PHOTO / SAUL LOEB

Politique

C’est la secrétaire américaine à l’Éducation, Betsy DeVos, qui l’a affirmé : la commission mise en place après la fusillade de Parkland pour la sécurité en milieu scolaire n’analysera pas le rôle des armes à feu.

Alors que 23 fusillades ont eu lieu dans une école depuis le début de l’année 2018 aux États-Unis, soit plus d’une par semaine, le débat autour de la sécurité des enfants et des étudiants fait rage dans un pays où le deuxième amendement est sacré. Sacs à dos transparents, détecteurs de métaux, abris pare-balles, voire même des professeurs armés… De nombreuses solutions présentées pour protéger les enfants sont vendues comme des réponses efficaces face à une fusillade, sans jamais s’attaquer au véritable problème : les armes. Sur ce point, et malgré les cris des survivants de Parkland qui se mobilisent pour un renforcement du contrôle des armes à feu, le gouvernement américain semble faire la sourde oreille.

Interrogée par un sénateur américain à propos de l’étude d’une connexion entre les armes à feu et la violence armée, la secrétaire à l’Éducation Betsy DeVos a déclaré que la commission pour la sécurité scolaire n’abordera pas ce sujet. « Cela ne fait pas partie des rôles de la commission en soi », a-t-elle répondu devant un comité du Sénat qui supervise les dépenses liées à l’éducation. Ce à quoi le sénateur démocrate a rétorqué : « Donc, vous étudiez la violence armée, mais pas le rôle des armes ? » « Nous étudions actuellement la sécurité à l’école et comment nous pouvons assurer la sécurité de nos élèves à l’école », a ajouté la secrétaire à l’Éducation qui a déjà été critiquée pour ne pas avoir inclus des démocrates et des éducateurs dans cette commission mise en place après la fusillade de Parkland, en Floride, qui a fait 17 morts.

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Ses déclarations contredisent la Maison Blanche qui avait publié en mars dernier une fiche décrivant les buts et les objectifs de la commission de sécurité dont elle est la présidente, rappelle Newsweek. Parmi ces derniers, la commission allait étudier la restriction d’âge pour les achats d’armes à feu, les pratiques de sécurité sur le campus et même un plan pour intégrer les ressources fédérales afin d’empêcher les incidents de tireurs actifs sur les campus scolaires.

Liz Hill, porte-parole du ministère de l’Éducation a déclaré à l’Associated Press dans un communiqué que la commission examinera toutes les questions que le président lui a demandé d’étudier. Elle a ajouté, cependant, « il est important de noter que la commission ne peut pas créer ou modifier les lois actuelles sur les armes à feu – c’est le travail du Congrès ».

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Ce dont ils ont vraiment besoin

Après la fusillade de Parkland, Donald Trump avait proposé d’armer les professeurs pour neutraliser l’attaquant avant l’arrivée de la police. Plus d’armes pour moins de fusillades ? Betsy DeVos avait également appuyé cette étonnante proposition. Depuis lors, d’autres suggestions ont été faites par des membres du Congrès et d’autres politiciens – parfois appuyés financièrement par la National Rifle Association (NRA), rappelle The Independent. Elles visent à réduire la violence dans les jeux vidéo, à réduire le nombre de portes dans les écoles ou encore à restreindre l’accès à la pornographie, plus dangereuse que les armes en elles-mêmes selon les Républicains.

Pendant ce temps-là, les professeurs ont proposé d’autres changements via le #ArmMeWith (« Arme-moi avec »). Parmi plus de 15 000 publications sur Instagram, de nombreux professeurs ont demandé « les ressources nécessaires pour aider les étudiants présentant des problèmes mentaux » ou encore des « politiciens qui se soucient plus des enfants que des dons ».

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