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Les victimes de violence conjugale ne pourront plus demander l’asile aux États-Unis

Des musiciens manifestent du côté mexicain de la frontière avec les États-Unis, le 26 mai. | © EFE / Joebeth Terriq

Politique

Le ministre de la Justice de Donald trump a annoncé un durcissement des procédures de demandes d’asile pour les victimes d’abus conjugaux et familiaux.

Le ministre de la Justice américain, Jeff Sessions, a annoncé ce lundi des restrictions pour les demandeurs d’asile victimes de violences conjugales ou de violences de la part de gangs. La mesure a pour objectif de limiter les flux de migrants venus des pays d’Amérique centrale. Les allégations de violences subies ne suffiront donc plus pour déposer une requête aux postes-frontières entre le Mexique et les États-Unis.

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« Un étranger peut être victime de menaces et de violences pour un certain nombre de raisons liées à des questions sociales, économiques, familiales ou d’autres circonstances personnelles. Mais le statut de bénéficiaire d’asile n’a pas vocation à réparer tous les malheurs », a affirmé le ministre de Trump.

Des crimes d’ordre « privé »

Jeff Sessions a pris l’exemple d’une Salvadorienne victime de violences conjugales dont la demande d’asile avait été approuvée par une cour d’appel américaine. Le ministre juge que ce type de crime est d’ordre « privé », qu’il ne s’agit pas directement d’une persécution venant d’un gouvernement et que le droit d’asile n’est donc pas recevable.

Jeff Sessions, le ministre de la Justice américain. © AFP PHOTO / Brendan Smialowski

Cette décision renverse quatre ans de jurisprudence qui avaient permis à de nombreuses victimes d’abus [la plupart venant d’Amérique Centrale] d’obtenir l’asile aux États-Unis.

En 2014, un tribunal avait établi que les femmes venant du Guatemala et victimes d’abus constituaient un groupe particulier digne d’être protégé, dans la mesure où l’État guatémaltèque était incapable de protéger ces personnes.

Tolérance zéro

Cette annonce du ministre de la Justice intervient dans un contexte de lutte accrue de l’administration Trump contre l’immigration illégale à la frontière mexicaine.
 

De nombreux ressortissants du Guatemala, du Honduras et du Salvador, familles et mineurs non accompagnés, se pressent à la frontière mexicaine pour demander l’asile aux Etats-Unis.

Début mai, le président américain a ordonné d’engager désormais des poursuites contre toutes les personnes traversant illégalement la frontière et de séparer les enfants de leurs parents lorsque des familles traversent la frontière. Par rapport à l’an dernier, les arrestations à la frontière sont en hausse de 160%.

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Plus tôt dans la journée, Jeff Sessions a assuré que « la vaste majorité des demandes d’asile déposées actuellement ne sont pas valides, et que seules 20% d’entre elles sont justifiées ». De nombreuses femmes actuellement en détention aux États-Unis, en attente d’une décision d’asile, pourraient être expulsées et se retrouver dans des situations dangereuses.

 

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