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Qui est Nikki Haley, la dame de fer de Donald Trump ?

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Nikki Haley, annonçant le retrait des États-Unis du Conseil des droits de l'homme le 19 juin. | © AFP PHOTO / Andrew CABALLERO-REYNOLDS

Politique

Ambassadrice de Trump aux Nations unies, Nikki Haley a annoncé mardi 19 juin que les Etats-Unis claquaient la porte du Conseil des droits de l’homme (CDH). Retour sur une personnalité qui suscite la controverse.

« Je porte des talons, ce n’est pas une question de mode. C’est parce que si je vois quelque chose qui cloche, je vais donner un grand coup de pied dedans ». À 44 ans, Nikki Haley, l’ambassadrice américaine aux Nations unies qui vient de tout simplement claquer la porte du Conseil des droits de l’homme, n’en est pas à son premier coup d’éclat.

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Cette fille d’immigrés indiens, première femme à avoir été nommée par Donald Trump après son élection, devient de plus en plus populaire au sein du parti républicain pour ses déclarations et son franc-parler. Elle est aussi la première femme élue au poste de Gouverneure de Caroline du Sud, en 2011.

Un discours ferme et « cash »

En 2015, après la tuerie de Charleston perpétrée par un suprémaciste blanc, elle avait accédé à une certaine notoriété quand elle avait fait décrocher le drapeau confédéré, symbole ségrégationniste au yeux de beaucoup, qui flottait depuis des années devant le bâtiment du Parlement de son État.

Nikki Haley au Conseil de sécurité de l’ONU. © AFP PHOTO / HECTOR RETAMAL

À l’origine, Nikki Haley n’était pas une grande supportrice de Donald Trump lors de sa campagne pour la présidence. Mais une fois élu, celui-ci l’a tout de même nommée ambassadrice à l’ONU.

Dés ses premiers pas, elle y tient un discours extrêmement ferme et vigoureux, allant même à l’encontre de son président en annonçant des nouvelles sanctions contre la Russie. Les sanctions ne seront malgré tout pas appliquées mais l’ambassadrice se montre coriace sur d’autres sujets.

Elle n’hésite pas à dégainer

Menaçante au sujet de la présumée attaque chimique en Syrie, elle déclarait que « les Ètats-Unis seraient prêts à dégainer ». Pro-israélienne, elle s’est montrée très critique envers l’Ètat palestinien. « Il n’y aura plus de cadeaux pour l’Autorité palestinienne », insistait-t-elle lors de l’annonce du déménagement de l’ambassade américaine à Jérusalem.

La représentante américaine a qualifié le Conseil des droits de l’homme d’« hypocrite », d’« égoïste » et l’a accusée d’être « une source d’embarras » pour les Etats-Unis, alors que ces derniers sont actuellement critiqués pour leur politique migratoire.

Ce retrait ne prend personne par surprise. Depuis son arrivée à la tête de la mission américaine à l’ONU, en janvier 2017, Nikki Haley n’avait eu de cesse d’agiter la menace d’un départ. Faute d’obtenir une réforme en profondeur du CDH [elle souhaitait pouvoir exclure les membres ayant commis de graves violations des droits humains], l’ambassadrice est donc passée à l’acte.

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« Pendant trop longtemps, le CDH a protégé les auteurs de violations des droits de l’homme et il a été un cloaque de partis pris politiques », a-t-elle fustigé en s’en prenant particulièrement à la République démocratique du Congo (RDC), qui y siège, tout comme au Venezuela, à la Chine, à l’Egypte ou à l’Iran.

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