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Qui est Nikki Haley, la dame de fer de Donald Trump qui a démissionné ?

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Nikki Haley, annonçant le retrait des États-Unis du Conseil des droits de l'homme le 19 juin. | © AFP PHOTO / Andrew CABALLERO-REYNOLDS.

Politique

Ambassadrice de Trump aux Nations unies, Nikki Haley a démissionné de son poste, comme annoncé par le président américain ce mardi 9 octobre. Retour sur une personnalité coriace qui a suscité bien des controverses.

« Je porte des talons, ce n’est pas une question de mode. C’est parce que si je vois quelque chose qui cloche, je vais donner un grand coup de pied dedans ». À 44 ans, Nikki Haley, l’ambassadrice américaine aux Nations unies qui a annoncé sa démission d’ici « à la fin de l’année » depuis le bureau ovale, en compagnie de Donald Trump, n’en est pas à son premier coup d’éclat.

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Cette fille d’immigrés indiens provenant du Pendjab, première femme à avoir été nommée par Donald Trump après son élection, est devenue au fil du temps de plus en plus populaire au sein du parti républicain pour ses déclarations coups de poing et son franc-parler. Dans sa jeunesse, elle travaillait dans la petite entreprise de vêtements appartenant à l’époque à sa mère, avant de se lancer en politique, gravissant les échelons. En 2011, elle est devenue la première femme élue au poste de Gouverneure de Caroline du Sud, son État de naissance. Initialement de confession sikh, elle se définit désormais comme chrétienne et a rejoint le culte méthodiste, un mouvement religieux protestant.

Un discours ferme et « cash »

En 2015, après la tuerie de Charleston perpétrée par un suprémaciste blanc, elle avait accédé à une certaine notoriété quand elle avait fait décrocher le drapeau confédéré, symbole ségrégationniste aux yeux de beaucoup. Celui-ci flottait depuis des années devant le bâtiment du Parlement de son État.

Nikki Haley au Conseil de sécurité de l’ONU. © AFP PHOTO / HECTOR RETAMAL.

À l’origine, Nikki Haley n’était pas une grande supportrice de Donald Trump lors de sa campagne pour la présidence. Mais une fois élu, celui-ci l’a tout de même nommée ambassadrice à l’ONU. Et dés ses premiers pas, elle y tient un discours extrêmement ferme et vigoureux, allant même à l’encontre de son président en annonçant des nouvelles sanctions contre la Russie. Les sanctions ne seront malgré tout pas appliquées mais l’ambassadrice se montre coriace sur d’autres sujets.

Elle n’hésite pas à dégainer

Menaçante au sujet de la présumée attaque chimique en Syrie au mois d’avril dernier, elle déclarait que « les Ètats-Unis seraient prêts à dégainer ». Pro-israélienne, elle s’est montrée très critique envers l’État palestinien. « Il n’y aura plus de cadeaux pour l’Autorité palestinienne », insistait-t-elle lors de l’annonce du déménagement de l’ambassade américaine à Jérusalem.

Son plus gros fait d’armes remonte au mois de juin dernier. La représentante américaine avait alors tout simplement claqué la porte du Conseil des droits de l’homme, qu’elle avait ensuite qualifié d’« hypocrite », d’« égoïste » et accusé d’être « une source d’embarras » pour les États-Unis, vivement critiqués pour leur politique migratoire ces derniers mois.

Ce retrait n’avait cependant surpris personne. Depuis son arrivée à la tête de la mission américaine à l’ONU, en janvier 2017, Nikki Haley n’avait eu de cesse d’agiter la menace d’un départ. Faute d’obtenir une réforme en profondeur du CDH [elle souhaitait pouvoir exclure les membres ayant commis de graves violations des droits humains], l’ambassadrice était donc passée à l’acte.

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« Pendant trop longtemps, le CDH a protégé les auteurs de violations des droits de l’homme et il a été un cloaque de partis pris politiques », avait-t-elle fustigé en s’en prenant particulièrement à la République démocratique du Congo (RDC), qui y siège, tout comme le Venezuela, la Chine, l’Égypte et l’Iran.

En retrait depuis quelques mois

Après l’arrivée à la Maison Blanche du milliardaire, novice en relations internationales, elle avait occupé le devant de la scène diplomatique américaine, profitant de l’effacement médiatique du secrétaire d’État de l’époque, Rex Tillerson. Elle est apparue davantage en retrait depuis que le département d’État a été confié à Mike Pompeo, un responsable politique très proche de Donald Trump.


« Ce fut l’honneur d’une vie » de servir en tant qu’ambassadrice, a déclaré aujourd’hui Nikki Haley depuis le bureau ovale de la Maison blanche, où elle s’est entretenue avec Donald Trump, devant plusieurs journalistes. « Non, je ne serais pas candidate en 2020 » a-t-elle ajouté, démentant toute ambition à se présenter aux prochaines élections présidentielles. Elle a déclaré vouloir soutenir la campagne du président américain pour sa réélection.

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Nikki Haley avait exprimé il y a six mois son souhait de « prendre une pause », a de son côté expliqué Donald Trump, sans que d’autres raisons de son départ ne soient évoquées. « Nous avons résolu beaucoup de problèmes ensemble », a-t-il déclaré, ajoutant qu’il la considérait comme une personne « très spéciale ».

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