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Pourquoi les Pussy Riot ont fait du bien à ce Mondial

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Les Pussy Riot ont choisi le meilleur moment pour frapper un grand coup. | © Pierre Teyssot / MAXPPP

Politique

L’invasion du terrain par le collectif russe Pussy Riot, lors de la finale France-Croatie, aura été la seule « prise de position marquante sur le régime russe pendant la Coupe du monde” selon The New Yorker.

L’irruption, dimanche 15 juillet, de quatre activistes du collectif contestataire Pussy Riot pendant la finale de la Coupe du monde, a évidemment fait le tour du monde. L’image la plus relayée étant sans aucun doute le « high-five » entre Veronika Nikulshina et l’attaquant français Kylian Mbappé.

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© Kyodo / MAXPPP

Un manque cruel d’esprit critique

Le toujours très sérieux magazine américain The New Yorker pointe le côté salvateur de cette intrusion et rappelle que le Mondial n’a pas été entâché par des manifestations ou critiques soulevant les questions qui fâchent. “Contrairement aux JO de 2014, à Sotchi, au cours desquels les Pussy Riot ont aussi manifesté, la Coupe du monde n’a guère donné lieu à des critiques ou à des réflexions parmi les politiques ou les médias occidentaux”.

Le collectif Pussy Riot s’est rendu célèbre en 2012 en entonnant un retentissant “Vierge Marie délivre-nous de Poutine” devant l’autel de la cathédrale du Christ-Sauveur de Moscou.

Le groupe a affirmé s’être inspiré pour son action à la Coupe du monde d’un personnage de “policier céleste” imaginé par le poète et artiste russe Dmitri Prigov, mort il y a tout juste onze ans. Par opposition à cette figure du “policier idéal, de l’autorité suprême, juste”, les Pussy Riot ont voulu mettre en lumière celle, bien réelle selon les activistes, du “policier terrestre” russe. Les Pussy Riot ont réclamé la libération de tous les prisonniers politiques, la fin des arrestations et des affaires pénales « fabriquées » et l’instauration du pluralisme politique en Russie.


La journaliste russo-américaine du New Yorker, Masha Gessen, indique que les membres des Pussy Riot sont ainsi devenus “les seules personnes à prendre nettement position en ce qui concerne le régime russe pendant la Coupe du monde”.

Les activistes condamnés

La conclusion de Masha Gessen vaut également le détour : « Ils ont aussi créé, sur l’une des plus grandes scènes du monde, une image de l’arbitraire, celui-là même que 150 millions de Russes subissent au quotidien. »

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Les quatre activistes ont été condamnés hier à quinze jours de prison et une interdiction d’assister à des événements sportifs pendant trois ans par la justice russe. Une vidéo provenant d’une source inconnue, montrant deux des activistes dans les locaux de la police, est devenue virale sur les réseaux sociaux. On y entend le policier crier sur deux membres du groupe et s’écrier « Parfois, je regrette que ce ne soit pas encore 37 ! », faisant référence au pic de la terreur stalinienne en 1937.

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