Affaire Benalla : Un haut fonctionnaire met à mal la version de l’Elysée

Affaire Benalla : Un haut fonctionnaire met à mal la version de l’Elysée

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Alexandre Benalla (à gauche), aux côtés du président français Emmanuel Macron. | © AFP PHOTO / CHRISTOPHE ARCHAMBAULT

Politique

Alain Gibelin, directeur de l’ordre public et de la circulation à la préfecture de police de Paris, a indiqué lundi soir que le collaborateur de l’Elysée avait travaillé pendant sa suspension.

Le porte-parole de l’Elysée semblait catégorique, le 19 juillet dernier : après avoir été filmé en train de commettre des violences place de la Contrescarpe à Paris le 1er mai, Alexandre Benalla s’est vu « notifier une sanction disciplinaire. Il a été mis à pied pendant 15 jours avec suspension de salaire ». « Il a été démis de ses fonctions en matière d’organisation de la sécurité des déplacements du président », avait ajouté Bruno Roger-Petit. Pourtant, il a été démontré depuis cette déclaration que le collaborateur de l’Elysée a participé à plusieurs événements, notamment l’hommage à l’équipe de France de football, au lendemain de la victoire des Bleus. Lundi, le secrétaire d’Etat Christophe Castaner a évoqué la possibilité qu’Alexandre Benalla ait été en charge à cette occasion des « bagages » des footballeurs. Lundi soir, lors d’une audition devant la commission d’enquête à l’Assemblée nationale, de nouveaux éléments sont apparus, laissant penser que même durant la période de sanction, Alexandre Benalla a continué à travailler pour l’Elysée.

Après le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb et le préfet de police de Paris Michel Delpuech, c’était au tour du directeur de l’ordre public et de la circulation à la préfecture de police de Paris, Alain Gibelin, de s’expliquer devant les députés. Ce haut fonctionnaire a notamment affirmé qu’Alexandre Benalla n’avait aucune autorisation de la préfecture pour être aux côtés des policiers le 1er mai. Répondant à une question de Marine Le Pen, il a également affirmé qu’Alexandre Benalla était présent dans des réunions durant sa période de suspension.

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Le policier n’était pas au courant de la sanction contre Alexandre Benalla

« On a bien compris qu’il y avait des réunions en amont pour préparer les différents événements dans lesquels le président de la République a vocation à se déplacer dans Paris, que vous n’y étiez pas à titre personnel, mais que l’intégralité de vos services étaient présents à ces réunions. J’aimerais juste savoir s’il y a eu une réunion de ce type (…) entre le 2 et le 18 mai », l’interroge Marine Le Pen. « Oui… Très certainement, oui. Oui », répond Alain Gibelin. « Comme vous nous avez indiqué tout à l’heure que monsieur Benalla était présent à l’intégralité de ces réunions, il ne vous est pas apparu qu’un jour monsieur Benalla n’était pas présent à une des réunions qui [auraient eu] lieu entre le 2 et le 18 mai ? », insiste la députée d’extrême droite. « Non… J’ai eu à dire et je répète que la sanction prise à l’encontre de monsieur Benalla à aucun moment n’a été portée ni à ma connaissance ni à celle de mes collaborateurs », confirme Alain Gibelin. « Mais vous allez un tout petit peu plus loin en répondant à ma première question. Nous avons bien compris que personne ne vous avait informé de cette sanction et vous venez par la réponse que vous venez de m’apporter de m’indiquer que cette sanction n’a en réalité pas été appliquée, puisqu’il y a eu des réunions entre le 2 et le 18 et monsieur Benalla était présent avec vos services », relance Marine Le Pen. « Ecoutez… oui », répond simplement le directeur.

Dans ses premières révélations, Le Monde avait publié une lettre du directeur de cabinet d’Emmanuel Macron, Patrick Strzoda, évoquant les sanctions prises contre Alexandre Benalla. « Votre comportement a porté atteinte à l’exemplarité qui est attendue, en toutes circonstances, des agents de la présidence de la République. En conséquence, j’ai décidé de vous suspendre de vos fonctions, à compter du 4 mai 2018, pour une durée de quinze jours. Vous reprendrez vos fonctions le 19 mai 2018 », était-il écrit. Patrick Strzoda aura l’occasion de s’expliquer sur les propos mettant en cause la réalité de la sanction prononcée : il doit être entendu par la commission d’enquête ce mardi à 16h30.

Dans Le Figaro, l’Elysée a apporté un « démenti formel » aux déclarations d’Alain Gibelin. « Alexandre Benalla n’a participé à aucune réunion durant sa période de suspension », a assuré un proche conseiller du président au quotidien.

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