Le Cambodge toujours plus proche de la dictature

Le Cambodge toujours plus proche de la dictature

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Le Premier ministre Hun Sen "règne" sur le Cambodge depuis 33 ans. | © AFP PHOTO / Manan VATSYAYANA

Politique

Le parti au pouvoir du Premier ministre Hun Sen a remporté l’ensemble des sièges du Parlement, dimanche. L’homme au pouvoir depuis 33 ans a annoncé qu’il ne tolèrerait aucune critique sur le scrutin…

Le parti du Premier ministre Hun Sen a annoncé lundi avoir « remporté l’ensemble des sièges » au Parlement au lendemain d’élections législatives entièrement contrôlées par le régime après l’interdiction de la principale force d’opposition. Le Parti du peuple cambodgien (PPC) « a remporté tous les sièges à travers le pays » (125), a déclaré lundi son porte-parole, Sok Eysan. « Le soutien écrasant du peuple cambodgien a donné à Hun Sen une autre chance de poursuivre sa mission historique« , a-t-il dit. Dans les rues de la capitale, peu de gens acceptaient lundi de s’exprimer de manière non anonyme. « Je prédis que la vie sera difficile pour les cinq années à venir« , a relevé un vendeur de nourriture sous couvert d’anonymat. « Encore lui ! C’est désespérant« , a soupiré un homme assis à la terrasse d’un café.

Le chef de l’opposition emprisonné

En 2013, le principal parti d’opposition, le Parti du sauvetage national du Cambodge (CNRP), avait remporté plus de 44% des voix aux législatives, prenant le régime de court. Le CNRP a été dissous fin 2017 et son chef, Kem Sokha, emprisonné.

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La Une des journaux cambodgiens après la victoire auto-proclamée du Premier ministre Hun Sen. © AFP PHOTO / Manan VATSYAYANA

La question-clé est maintenant « de savoir ce que la communauté internationale va faire« , a relevé Phil Robertson, directeur adjoint de Human Rights Watch pour l’Asie, joint par l’AFP. Bruxelles et Washington ont refusé d’apporter une aide financière à l’organisation du scrutin et d’envoyer des observateurs internationaux. Et Sam Rainsy, le fondateur du CNRP, a demandé que des sanctions internationales soient prises à l’encontre du régime.

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« Pour la première fois depuis les élections organisées par l’ONU en 1993, le Cambodge n’a plus de gouvernement légitime reconnu comme tel par la communauté internationale« , a souligné l’opposant dimanche depuis la France où il s’est exilé pour échapper à la prison. Selon la Commission électorale cambodgienne, contrôlée par le régime, le taux de participation avoisine les 82%, un chiffre largement supérieur à celui des dernières législatives de 2013 (69%).

Plus de huit millions d’électeurs étaient inscrits sur les listes électorales et 80 000 policiers ont été mobilisés dimanche, la police se disant prête à « empêcher tout acte de terrorisme et de chaos« . L’homme fort du Cambodge, au pouvoir depuis déjà plus de 33 ans, a averti qu’il ne tolèrerait aucune contestation des résultats.

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