À Chicago, la guerre des gangs s’invite dans la course à la mairie

À Chicago, la guerre des gangs s’invite dans la course à la mairie

Chicago, troisième mégalopole américaine et tristement connue pour la violence qui la gangrène. | © Unsplash / Pedro Lastra.

Politique

À Chicago, de sanglants règlements de compte entre gangs rivaux ont fait douze morts et environ 66 blessés ces derniers jours.

Une vague de violence qui fait froid dans le dos. On savait la ville de Chicago gangrénée par les rivalités entre gangs et parfois à la limite de l’explosion. Mais les chiffres qui ressortent des derniers règlements de compte survenus ces derniers jours sont ahurissants : douze morts et environ 66 blessés dont un enfants de onze ans.

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Les heurts les plus féroces ont éclaté dans la nuit de samedi à dimanche et la police de la métropole de l’Illinois, impuissante, les a imputé à des organisations criminelles, à la circulation illégale d’armes à feu et à la chaleur étouffante du mois d’août qui a attiré plus de monde à l’extérieur. Le chef de la police de Chicago, Fred Waller, a toutefois insisté sur les progrès fait depuis le début de l’année. « Depuis le début de l’année en cours, les fusillades ont baissé de plus de 30 % à Chicago et le nombre de meurtres s’est réduit de 25 %. Plus de 5.500 armes illégalement détenues ont été confisquées dans les rues de la ville », mettant l’accent sur l’engagement des autorités à poursuivre l’effort pour améliorer la sécurité.

La police de Chicago, impuissante face à la montée des violences. © AFP PHOTO / Joshua Lott

Une guerre des gangs très politisée

Une adolescente est morte après avoir reçu une balle dans le visage. Un autre adolescent qui roulait à vélo a été tué par balle dimanche après-midi. Et d’autres fusillades ont eu lieu lors d’une fête de quartier et lors de funérailles. Même pour les habitants de Chicago, habitués à la violence dans certaines parties de la ville, les derniers jours ont été marquants. À titre de comparaison, au moins sept personnes ont été tuées et 32 blessées au cours du long week-end du Memorial Day à la fin mai, a rapporté le Chicago Tribune.


Le maire Rahm Emanuel a jugé «inacceptable» que de tels drames se produisent dans sa ville et les événements ont rapidement été politisés par le camp républicain, l’avocat de Donald Trump, Rudy Guiliani, pointant du doigt le long règne des démocrates dans la ville qui domine le lac Michigan et attribuant la responsabilité de ces violences au maire, qui n’est autre que l’ancien chef de cabinet de Barack Obama.

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L’intervention de Rudy Giuliani n’est pas anodine et cherche à affaiblir l’ancien bras droit de Barack Obama, et soutenir le candidat à la mairie de Chicago Garry McCarthy en vue des élections prévues en février prochain. Ancien chef de la police de la ville, Garry McCarthy avait été limogé par Rahm Emanuel en 2015 suite à une bavure : un officier avait alors criblé de seize balles un adolescent afro-américain.

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