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Poutine en Autriche : Le pas de danse qui ne passe pas

Vladimir Poutine, invité embarrassant au mariage de la ministre autrichienne des Affaires étrangères, Karin Kneissl. | © Photo by Alexei Druzhinin/Russian Presidential Press And Information Office/Tass/ABACAPRESS.COM

Politique

Sur la liste des invités au mariage de la ministre autrichienne des Affaires étrangères figurait un convive plutôt embarrassant ; le président russe.

 

Le président russe Vladimir Poutine a assisté ce samedi 18 août au mariage de la ministre autrichienne des Affaires étrangères, Karin Kneissl (apparentée FPÖ, extrême droite), une présence qui selon l’opposition remettrait en cause la réputation de neutralité politique de l’Autriche.

Le président russe faisait partie de la centaine d’invités qui ont assisté à la cérémonie à Gamlitz, un village viticole des environs de Graz, dans le sud-est de l’Autriche. Vladimir Poutine a notamment été pris en photo en train de danser avec Karin Kneissl, qui a épousé l’homme d’affaires Wolfgang Meilinger. M. Poutine est venu accompagné d’une troupe de chanteurs cosaques qui s’est produite pour le couple.

© Photo by Alexei Druzhinin/Russian Presidential Press And Information Office/Tass/ABACAPRESS.COM

Présence critiquée

Des centaines de policiers ont été déployés à l’occasion de la cérémonie et la route reliant le village à l’aéroport de Graz a été fermée dans les deux directions à l’arrivée et au départ du président russe. M. Poutine a été raccompagné à l’aéroport par le chancelier conservateur Sebastian Kurz, puis s’est rendu directement en Allemagne pour une rencontre programmée dans la soirée avec la chancelière allemande Angela Merkel près de Berlin.

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L’opposition autrichienne a âprement critiqué la présence de M. Poutine à ce mariage, estimant qu’elle portait atteinte au rôle de l’Autriche, qui assure la présidence tournante de l’UE. « Comment la présidence autrichienne de l’UE peut-elle jouer comme elle le prétend un rôle d’intermédiaire honnête (entre les 28 et Moscou) si la ministre des Affaires étrangères et le chancelier se placent aussi clairement d’un côté ? » s’était ainsi interrogé vendredi le ténor social-démocrate (SPÖ, opposition) Andreas Schieder.

Le parti Vert (opposition) avait pour sa part demandé la « démission immédiate » de la ministre, soulignant que « Vladimir Poutine est l’adversaire le plus agressif de l’UE en matière de politique étrangère ».

© Alexei Druzhinin/Russian Presidential Press And Information Office/Tass/ABACAPRESS.COM

Alliance populiste

Parmi les invités figuraient notamment M. Kurz, et le vice-chancelier FPÖ, Heinz-Christian Strache, dont le parti a noué en 2016 un accord de coopération avec le parti Russie unie de M. Poutine. Karin Kneissl a été nommée à la tête de la diplomatie autrichienne par le parti d’extrême droite FPÖ, qui fait partie depuis décembre d’une coalition formée avec l’ÖVP de M. Kurz, autour d’un programme anti-immigration.

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M. Strache a rejeté les critiques sur la visite et les frais qu’elle a occasionnés. « Chaque manifestation gauche-Verts, avec ses possibles émeutes, embouteillages, coûts en matière de sécurité, coûte au contribuable autrichien beaucoup plus que la visite respectueuse du président russe en l’honneur de notre ministre des Affaires étrangères et de notre pays », a écrit M. Strache sur Facebook.

Le président russe est régulièrement accusé de chercher à diviser les Vingt-Huit, notamment en cultivant ses liens avec les partis populistes de plusieurs pays européens.

 

Avec Belga

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