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Pour l’avocat de Donald Trump, « la vérité n’est pas la vérité »

Rudy Giuliani

Rudy Giuliani, en 2016. | © Reporters / Photoshot

Politique

Rudy Giuliani, l’avocat de Donald Trump, a assuré que « la vérité n’est pas la vérité » pour défendre son client, craignant qu’il ne tombe dans le « piège » du parjure s’il était interrogé par Robert Mueller.

Dans une série à succès des années 90, la vérité était ailleurs. Mais pour Rudy Giuliani, elle n’est carrément pas « la vérité ». Dans une interview accordée dimanche sur NBC, l’avocat de Donald Trump a procédé à une surprenante défense de son client, assurant qu’il ne voulait pas le laisser témoigner devant le procureur spécial Robert Mueller car il craint que le président américain ne soit « piégé » et poussé à mentir sous serment dans cette enquête sur les soupçons d’ingérence russe dans l’élection. « Vous me dites que, voyez, il devrait témoigner car il dira la vérité et qu’il n’a pas à s’inquiéter, et bien c’est bête car c’est toujours la version de la vérité de quelqu’un. Pas la vérité », a assuré le septuagénaire. Lorsque le journaliste lui a rétorqué que « la vérité est la vérité », l’ancien maire de New York n’a pas démordu : « Non, ce n’est pas la vérité. La vérité n’est pas la vérité ».

Lundi, après avoir été moqué largement sur les réseaux sociaux y compris par le dictionnaire Merriam-Webster sur Twitter, Rudy Giuliani s’est expliqué sur le site de micro-blogging : « Ma déclaration n’était pas une pontification de morale théologique mais une référence à la situation où deux personnes font deux déclarations exactement contradictoires, le schéma classique ‘il a dit, elle a dit’. Parfois, une enquête approfondie peut révéler la vérité, parfois non ».

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Les « faits alternatifs » de Kellyanne Conway

Ce n’est pas la première fois qu’un proche de Donald Trump remet en cause le concept même de vérité. En janvier 2017, peu de temps après l’arrivée du président à la Maison Blanche, sa conseillère Kellyanne Conway était devenue la risée des réseaux sociaux en assurant que les mensonges du milliardaires à propos du public venu assister à son investiture étaient… des « faits alternatifs » : « Il ne faut pas en faire des tonnes. Vous dites que c’est faux et ils donnent -Sean Spicer, notre porte-parole, a donné des faits alternatifs », avait-elle assuré, déjà dans l’émission de Chuck Todd sur NBC.

Au début du mois, le Washington Post a étudié les prises de paroles publiques du président américain pour déterminer le taux de vérité dans ses interventions. Et selon le quotidien, classé « fake news » par Trump, il a fait 4229 déclarations fausses ou trompeuses en 558 jours de présidence, soit une moyenne de 7,6 par jour. L’enquête du procureur spécial fait l’objet, comme dans des tweets, de nombreux mensonges : au 1er août, il avait déclaré près de 160 fois qu’elle était une création de toute part.

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