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Victime de harcèlement, la journaliste April Ryan accuse Donald Trump

April Ryan et d'autres journalistes sont fichés sur une « liste noire » des correspondants détestés par la Maison-Blanche.

Politique

La journaliste April Ryan accuse le président d’attiser la haine envers les journalistes et demande à la Maison-Blanche de payer ses frais de sécurité.

Célèbre pour ses interventions musclées face au président et à la porte-parole de la Maison Blanche Sarah Sanders, la journaliste April Ryan est louée par ses confrères pour sa ténacité. Les expressions de son visage face aux très peu convaincantes explications officielles du bureau ovale ont fait date aux États-Unis et sont devenues cultes.

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Correspondante pour la radio American Urban Radio Networks, célébrée par la résistance anti-Trump pour ses questions très directes, comme lorsqu’elle a demandé au président: « Est-ce que vous êtes raciste ? » après ses commentaires sur les pays africains « de merde », elle est devenue une cible privilégiée des pro-Trump.

Et ce harcèlement, devenu si féroce et dérangeant, a forcé April Ryan à s’offrir les services d’un garde du corps. C’est ce qu’elle révèle dans une interview avec le magazine Hollywood Reporter, à l’occasion de la sortie de son livre sur le travail des journalistes à l’ère de Trump.

Hostilité croissante

« Il y a des gens qui m’attendent à la sortie de la Maison-Blanche. C’est inquiétant. J’ai eu des menaces de mort, des trucs fous… Est-ce que j’ai un garde du corps ? Oui, j’en ai un. Est-ce que c’est moi qui le paie ? Oui. Et je crois que [Sarah Huckabee Sanders, la porte-parole de la Maison-Blanche] devrait le payer, surtout si elle continue de semer la zizanie avec son patron ».

April Ryan fait ici allusion à la manie que le président américain a d’opposer la population aux journalistes, qu’il qualifie de diffuseurs de « Fake News », et à ses multiples appels, lors de ses meetings, à exhorter les foules à huer les journalistes.


Dans cette interview, la journaliste explique comment elle et d’autres journalistes sont fichés sur une « liste noire » des correspondants détestés par la Maison-Blanche. Le 31 juillet, le journaliste vedette de CNN Jim Acosta avait été conspué et hué lors d’un meeting du président en Floride.

Théorie du complot

Ces révélations d’April Ryan viennent confirmer le vent d’hostilité qui gagne les supporters de Trump envers la presse. L’émergence de références, sous forme de banderoles ou sur les tee-shirts portés par des supporteurs de Trump lors de ses meetings, au mouvement conspirationniste et antiélite QAnon, abréviation de Q et de Anonymous, grandit au fur et à mesure.

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Le groupe QAnon, particulièrement actif sur des plates-formes comme le forum 8chan, sur lequel pullulent théories conspirationnistes et promotion du harcèlement en ligne, est persuadé de l’existence d’une vaste conspiration mondiale à laquelle s’oppose Donald Trump. Leurs cibles sont « l’État profond » – l’administration qui s’opposerait aux politiques de M. Trump –, les banquiers, Hollywood et l’élite démocrate américaine, avec en tête Hillary Clinton et Barack Obama. Dans cette vision délirante, la lettre Q fait référence à un supposé expert en sécurité du gouvernement qui publierait sur le web des messages cryptés au sujet de cette cabale.

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