Paris Match Belgique

Et un beau dimanche matin, Theo Francken s’est moqué des hommes qui assument leur féminité

theo francken lgbtq

Le président de la N-VA, Bart De Wever, a pris ses distances lundi avec les déclarations du secrétaire d'État Theo Francken, mais ne les a pas condamnées et juge qu'elles ne doivent pas donner lieu à des excuses. | © BELGA PHOTO / VIRGINIE LEFOUR

Politique

Ce dimanche matin, Theo Francken avait réagi sur Facebook à un article qui concerne le lancement de plusieurs produits de lingerie sexy pour homme.

On le savait parfois irréfléchi et ayant la gâchette facile sur les réseaux sociaux. Et on se demande bien pourquoi, en un beau dimanche matin, le secrétaire d’État à l’Asile et aux Migrations a décidé de s’attaquer aux hommes qui assument leur féminité dans une publication Facebook. Tollé sur les réseaux, émoi de la classe politique, demande d’excuses de la part d’une assocation. Theo Francken a depuis supprimé la publication en question. Mais le mal était déjà fait. Chronologie d’une polémique annoncée.

Capture d’écran Facebook.

« Des hommes se maquillant, épilant leurs sourcils, portant de la lingerie ou des sacs à main et tombant enceintes… Le monde ne tourne-t-il plus rond ? Vive les hommes qui n’ont pas besoin de cela pour se sentir bien dans leur peau », écrit Theo Francken ce dimanche matin sur sa page Facebook, en partageant un article sur la lingerie masculine du quotidien hollandais De Telegraaf.

Le rétropédalage de Francken

Dans les heures qui ont suivi la publication, les réactions outrées se sont multipliées. Francken, remarquant que son post était commenté par de virulents messages d’internautes, l’a modifié en ajoutant: « Je me bats depuis des années contre ça. Cela n’a rien a voir avec les LGBT, mais bien avec l’attention disproportionnée que l’on donne à certains phénomènes marginaux, dont 98 % des hommes n’ont absolument rien à faire ».

De nombreuses personnes ont demandé sur les réseaux à ce que Zuhal Demir, la secrétaire d’État N-VA à l’Égalité des chances, et Liesbeth Homans, la ministre flamande de l’intégration sociale, réagissent à cette publication. La seconde ne s’est toujours pas exprimé sur le sujet tandis que la première s’est contentée d’un message publié cet après-midi sur Twitter, qui arrive un peu tard.


L’association flamande « çavaria », qui défend les droits des homosexuels, bisexuels et transgenres, a ensuite exigé des excuses de la part de la N-VA et du secrétaire d’État, qui a purement et simplement supprimé la publication ce lundi matin et évoqué un « malentendu » sur Twitter.

De Wever ne condamne pas et ne s’excuse pas

« Tout qui ne se retrouve pas dans les stéréotypes de l’homme ou de la femme est blessé et marginalisé. On divise le monde en personnes ‘normales’ et ‘anormales’. Ce n’est pas l’image du monde que nous défendons« , a déploré l’association « çavaria » dans un communiqué. Le fondement de l’homo ou transphobie réside dans les stéréotypes de genre rigides dont on ne pourrait s’écarter, ajoute-t-elle. Et celui qui s’en écarte « est raillé, discriminé et, dans le pire des cas, subit des violences« .

Lire aussi > Theo Francken veut contourner la Convention des Droits de l’Homme

Le président de la N-VA, Bart De Wever, a pris ses distances lundi avec les déclarations du secrétaire d’État Theo Francken, mais ne les a pas condamnées et juge qu’elles ne doivent pas donner lieu à des excuses. « Je ne pense pas que l’on doive présenter des excuses parce que l’on a une opinion, tout le monde peut avoir des opinions sur tout », a expliqué M. De Wever à la VRT. « Mais il s’agit ici de ce que dit le parti. Et ce que dit le parti à propos de l’identité sexuelle des gens, c’est qu’il ne peut y avoir d’obstacle dans une société libre au XXIe siècle ».

CIM Internet