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Après les manifestations xénophobes, un concert anti-racisme à Chemnitz

Chemnitz

"Votre violence est juste un cri silencieux pour de l'amour". | © AFP PHOTO / John MACDOUGALL

Politique

Artistes et citoyens manifestent pour la tolérance, le respect et l’humanité après que la ville de Chemnitz a été le théâtre de violences anti-étrangers alarmantes.

En Allemagne, la ville de Chemnitz s’est enflammée. Des milliers ont arpenté les rues de la ville, scandant des slogans anti-étrangers, faisant saluts hitlériens, et se lançant dans des chasses à l’homme racistes. Les politiques ont appelé leurs citoyens à se positionner contre l’extrême droite montante, et ont été entendu. Aujourd’hui, à 17h à Chemnitz, plus de 27 000 personnes étaient attendues pour un concert anti-racisme. Au milieu d’un climat anxiogène, des citoyens rappellent : « Wir sind meh », traduisez : « Nous sommes plus ».

Les artistes Die Toten Hosen, K.I.Z. et Kraftklub ont pris part à l’événement qui vise à contrer le racisme et la xénophobie. Le concert est diffusé en direct sur Arte. Un message de tolérance, de respect et d’humanité pour faire contrepoids aux récentes actualités de la ville saxonne qui ont fait froid dans le dos.

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Le 26 août, à Chemnitz, plus de 4800 de personnes ont pris part à des marches spontanées ; faisant suite à l’appel de l’association anti-islam Pegida. Ces marches ont dégénéré, et certains manifestants ont été jusqu’à poursuivre des personnes en raison de leur apparence « étrangère ». Deux jours plus tôt, un Allemand de 35 ans était décédé après avoir été poignardé dans une rixe impliquant deux réfugiés, un Irakien et un Syrien. Une information confidentielle sur l’identité présumée des auteurs a fuité et mis le feu aux poudres.

Chemnitz
AFP PHOTO / John MACDOUGALL

Saluts hitlériens et chasses à l’homme

Europe 1 décrivait le 27 août des scènes apocalyptiques, avec des manifestants venus avec armes de poings et des gants de combats, d’autres aux visages dissimulés, des personnes arrachant des pierres et certaines faisant le salut hitlérien. Ils scandaient « Abschieben ! Abschieben ! » (Expulsions ! Expulsions !), rapporte Le Monde. « Merkel doit partir », « Arrêtez le flot de demandeurs d’asile » scandaient d’autres manifestants arborant le drapeau de l’Alternative für Deutschland (AfD), le parti d’extrême-droite allemand arrivé au Bundestag en 2017. La marche, supposée illustrer l’échec de l’accueil allemand, a dégénéré. Et des manifestants ont été jusqu’à poursuivre des hommes dans la rue en raison de leur apparence étrangère. Les violences ont duré plusieurs jours, entraînant de nombreux blessés.

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Interrogé par Libération, le porte-parole du gouvernement allemand affirmait : « nous ne pouvons pas accepter de telles émeutes, de telles chasses à l’homme parce que quelqu’un a une apparence physique ou des origines différentes. La haine ne peut se propager ainsi dans la rue ». La maire socio-démocrate de la ville s’est quant à elle dite « horrifiée ».

L’extrême-droite en a fait ses choux-gras

Le député Afd Markus Frohnmaier en a en effet profité pour jeter de l’huile sur le feu sur Twitter: « Si l’Etat ne peut plus protéger les citoyens, les gens sortent dans la rue et se protègent. C’est simple ! » Une tactique qui fonctionne : les violences à Chemnitz ont permis au parti une nette progression dans les intentions de votes, jusqu’à atteindre 16 %, juste juste derrière le parti social-démocrate qui n’est, lui, qu’à 17%.

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