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Programme de Macron : « Transformer » plutôt que « réformer »

Emmanuel Macron. | © AFP PHOTO / Lionel BONAVENTURE

Politique

Le candidat Emmanuel Macron a présenté jeudi à Paris la « philosophie » de son programme. Après un exercice d’explication dans Le Parisien, il s’est exprimé devant plusieurs centaines de journalistes pour reprendre les grandes lignes de ce qu’il préfère qualifier de « projet ».

Sous le regard de son épouse Brigitte et avec l’appui de plusieurs de ses soutiens, dont le maire de Lyon, Gérard Collomb, et l’écrivain Erik Orsenna, il a expliqué les mesures qu’il comptait porter, après avoir été raillé par ses adversaires pour son absence de programme.

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L’ex-ministre de l’Économie de François Hollande a, comme il le fait souvent, tenté de se placer à distance des partis traditionnels. « Je sais que beaucoup chercheront à savoir si c’est un projet de droite ou de gauche. (…) Je veux surtout que ce soit un projet qui permet à la France d’entrer dans le XXIe siècle », a-t-il avancé. Emmanuel Macron, qui avait intitulé son livre « Révolution », ne veut pas entendre parler de réformes. « La France est un pays irréformable mais nous ne proposons pas de le réformer. Nous proposons une transformation complète, radicale », a-t-il affirmé. Un discours en apparence pas éloigné de celui tenu par François Fillon. Mais Macron se défend de toute orientation ultra-libérale. « L’avenir de la France, ce ne sont pas les réformes britanniques des années 1980 ».

Une charge contre Fillon et Le Pen

Avant même d’entrer dans le détail de ses propositions, Emmanuel Macron a voulu rappeler son opposition aux attitudes adoptées par Marine Le Pen et François Fillon. Mercredi, déjà, il avait rejeté toutes les attaques contre le pouvoir judiciaire. Jeudi, il a enfoncé le clou. « Deux candidats ont décidé délibérément de s’attaquer à l’État de droit et à l’autorité de la justice en particulier », a-t-il déploré. Il a regretté que Marine Le Pen ait appelé à une « trêve » judiciaire durant la campagne électorale, estimant que cela mettait en cause la « légitimité » de la justice à qui l’on demande par ailleurs de se montrer intransigeante avec les délinquants.

Pour son programme, Emmanuel Macron a puisé diverses inspirations. On note ainsi qu’il emprunte à Ségolène Royal son refus d’un « projet punitif » en matière environnementale. Plutôt discret sur ces questions avant la primaire de la gauche, Emmanuel Macron s’est positionné plus clairement après le succès de Benoît Hamon, qui a fait de l’écologie le cœur de sa campagne. L’ex-banquier affiche des propositions plutôt modérées, refusant par exemple de promettre la fin du diesel et préférant une prime de 1 000 euros pour l’achat d’un véhicule moins polluant neuf ou d’occasion. Son programme mentionne en revanche l’ambition de « la France en tête du combat contre les perturbateurs endocriniens et les pesticides », une question qui avait été mise en avant par son adversaire socialiste.

Par ailleurs, Emmanuel Macron souhaite le retour des exonérations d’heures supplémentaires qui avaient été décidées en 2007 par Nicolas Sarkozy. « Je propose de revenir aux exonérations de cotisations salariales et patronales qui avaient été décidées il y a maintenant près de dix ans », a-t-il affirmé jeudi. En revanche, pas question d’exclure ces heures supplémentaires du champ de l’impôt sur le revenu « parce qu’il n’y a pas de raison et de justice à cela », a-t-il dit.

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