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Les jeunes Belges sont-ils plus intéressés par la politique étrangère ?

Les jeunes Belges accorderaient beaucoup d'importance à la politique étrangère.

Politique

De nombreux jeunes Belges ont suivi les élections américaines, sont interpellés par les actions du dirigeant de la Corée du Nord, Kim Jong-un, tweetent sur les déclarations sur l’immigration de la chancelière allemande… Certains vont même jusqu’à demander la nationalité française pour voter aux prochaines présidentielles. Leur engouement pour la politique de leur propre pays passe-t-il à la trappe ? 

Du 26 février au 4 mars 2017, le Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles a ouvert ses portes à 120 jeunes de 17 à 26 ans pour la 21ème édition du Parlement Jeunesse. Pendant une semaine, ils ont endossé le costume de ministres, de parlementaires et ont examiné quatre projets fictifs de loi. Ces apprentis s’intéressent bien évidemment tous au monde de la politique, mais pas nécessairement à celui de la Belgique.

Marie a préféré étudier les Relations Internationales car elle a toujours éprouvé de grandes difficultés à comprendre les nuances du système belge. « La politique belge est faite de compromis et de spécificités. J’ai étudié les institutions belges tout au long de mon bachelier mais il y a tellement d’exceptions que j’ai l’impression ne pas maîtriser le sujet ». Pour saisir les grandes problématiques de l’international, l’étudiante a une astuce : regarder des vidéos explicatives. «  C’est très attractif et ludique. Je raffole des capsules du journal  Le Monde ou encore Le dessous des cartes » . Elle ajoute être vite lassée de tout ce qui est en rapport avec l’actualité politique du pays, ne pas s’y retrouver dans des affaires telles que Publifin et que la simplification manque cruellement.

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Raviver l’enthousiasme

Et si les jeunes Belges suivent davantage l’actualité étrangère, c’est peut-être parce qu’elle est plus médiatisée et qu’elle « envoie des paillettes ». Pour eux, dans certaines émissions politiques, c’est avant tout le show qui est l’invité du plateau. Le politicien, lui, est mis en scène, et tout est organisé pour que le moindre scandale soit gardé au chaud et ressorti au bon moment. Camille, participante au Parlement Jeunesse, confirme :  « On allume la télévision, on tombe sur un débat politique sur une chaîne française, et on a l’impression de suivre de « The Voice » . Pour moi, c’est comme une boule à facettes dont notre regard ne peut se détacher. Automatiquement, le citoyen belge accorde de l’importance à la politique française à cause d’une presse française peut-être trop présente en Belgique ».

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Mais pour certains participants du Parlement Jeunesse si les jeunes s’intéressent moins à la politique belge, c’est à cause de sa complexité et du poids de l’internationale qui prend parfois le dessus. Dès lors, comment raviver l’intérêt pour la  politique belge ?  Pour Vincent, étudiant en droit, le principal problème se trouve dans l’éducation. « À mon sens, il est urgent de donner des bases sur la politique à l’école. Ca me révolte qu’il n’y ait toujours pas une ligne de politique, de droit, en secondaire. Pour moi, on passe à côté de l’objectif de l’éducation ».

Des alternatives se dessinent

S’il a dû mal à se mettre en place, un cours de citoyenneté existe depuis octobre 2016. Les élèves sont formés aux principes fondamentaux de la vie en société. Il leur est demandé de prendre position de manière argumentée sur certaines thémathiques ou encore de comprendre les principes de la démocratie. L’objectif final étant de développer l’aspect critique des jeunes. Des prises de position qui passent inévitablement par la compréhension de l’acctualité. C’est maintenant au tour de la Ministre de l’éducation, Marie-Martine Schyns, de trouver une solution quant au problème des professeurs de morale et de religion qui n’ont pas le droit d’enseigner le cours de philosophie et citoyenneté dans la même école.

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